Les Lions de l'Atlas au bord du gouffre Porté aux nues après la CAN 2004, le coach national est plus que jamais proche du précipice car de tous côtés ce ne sont que cris, huées et vociférations pour décrier ses choix, sa vision et sa gestion du groupe dont il a la charge. Le dernier Maroc-Togo, à Rouen, même amical, a mis tout le monde dans ses états. En football international, le public, sous tous les cieux, sait toujours faire la part des choses entre résultats sur le terrain et manière. Surtout quand il s'agit de rencontres amicales entrant dans la préparation d'une équipe. Là, il faut savoir tirer la quintessence du match pour exploiter intelligemment la leçon de la prestation de la formation alignée. Face à un adversaire a-priori facile (le Togo n'ayant jamais réussi dans le passé à enregistrer un exploit sur le continent), les choses paraissaient simples avant cette rencontre programmée à Rouen. Hélas, cette rencontre fut un désastre. Un de plus à mettre à l'actif (ou au passif) du seul et unique responsable des Lions de l'Atlas, le tout-puissant Baddou Zaki, l'homme qui ne cesse de faire le vide autour de lui pour s'enfoncer, chaque jour, dans le néant et la destruction. Une fois de plus, il aura montré et démontré ses limites dans la gestion d'une sélection nationale en écartant les bons joueurs pour s'appuyer sur des médiocres. Car la liste des “éliminés” ne cesse de s'allonger. D'abord sur le banc de touche avec la mise à l'écart de son 1er adjoint, Abdelghani Bennaciri, puis du capitaine d'équipe Noureddine Naybet et qui va, prochainement s'étendre aux derniers mécontents (Moha Yaacoubi et Marouane Chemmakh ulcérés d'avoir été remplacés au cours du match amical précipité). C'est dire si avant le prochain Maroc-Botswana du 4 septembre à Rabat, le groupe risque d'être privé de plusieurs joueurs-clés, tous fatigués par les rapports on ne peut plus conflictuels avec leur coach leur imposant un système de jeu où ils ne peuvent exprimer leur (immense) talent. Avec Zaki, la philosophie du jeu se résume à la défense durant toute rencontre et l'attente d'une balle arrêtée pour s'en remettre au destin. Une tactique certes payable face à des adversaires forts mais sûrement pas érigée en dogme pour damer le point à tous les petits Poucet du ballon rond; et c'est là où Baddou Zaki décontenance et irrite tout le public marocain. Comment dans ces conditions peut-on avancer dans des éliminatoires d'une Coupe du monde pour arracher son ticket de qualification ? Pour avoir refusé de jouer, c'est-à-dire d'attaquer, au Malawi et au Kenya, Zaki a laissé filer 4 points pour se retrouver aujourd'hui relégué à 1 point de la Tunisie avant la fameuse confrontation d'octobre. Et ce n'est pas en s'obstinant à composer avec des joueurs médiocres qu'il mettra sur pied des formations conquérantes (on ne dit pas séduisantes). Aujourd'hui les choses sont simples et la balle est désormais dans le camp du Bureau fédéral : veut-on aller au Mondial de 2006 en Allemagne ? Si oui, Zaki n'est plus le coach approprié pour cette mission car il faut de la compétence et de l'audace pour mener un commando capable de cet exploit. Un duo Bennaciri – Fethi Jamal est tout indiqué pour réanimer un groupe de Lions de l'Atlas démobilisé. Car en Tunisie, il faudra battre, dans un stade survolté et un public hystérique, la bande à Roger Lemerre. Peut-on encore confier la sélection nationale à un coach qui n'aligne pas un joueur pour avoir… rêvé, la veille du match, d'une bourde monumentale dudit joueur et qui a occasionné la défaite. Du délire onirique d'un coach, on préfère, et de loin, la réalité du terrain.