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Derb Omar, un quartier (un peu trop) libre
Publié dans La Vie éco le 04 - 02 - 2023

Si son poids dans l'économie et son utilité ne font pas débat, les problèmes que génère ce quartier de négoce casablancais confinent à l'anarchie. Mais la situation pourrait changer...
Nom : Derb Omar. Fonctions : poumon commercial, centrale d'achat, plateforme commerciale... Le célèbre quartier de négoce casablancais a bien des surnoms, tant son rôle et son poids dans l'économie marocaine sont importants. Fondé il y a près d'un siècle par des commerçants européens et juifs marocains, qui ont choisi de s'y installer pour sa proximité avec le port de la capitale économique, Derb Omar est toujours aussi vivace et bourdonnant d'activité tout au long des jours de la semaine. Mais il faut aussi dire qu'il fait son âge : son mode de fonctionnement peut être qualifié, au mieux, de traditionaliste, au pire d'archaïque. Il reste néanmoins un espace économique d'une grande densité. D'après des statistiques de la Chambre de commerce, d'industrie et de services de Casablanca, il existe plus de 2.300 commerçants à Derb Omar, répartis entre commerces de gros (835), de détail (environ 770) et de semi-gros (près de 700). Le tout génère quelque dix mille emplois, ce qui fait boxer Derb Omar dans la catégorie des poids lourds, celle des plus gros employeurs du pays, excusez du peu ! Quant à la palette des produits qu'on y commercialise, elle est tout simplement énorme. A l'instar du chiffre d'affaires qui y est réalisé… En plus des commerces de Casablanca, ce centre de négoce assure également l'approvisionnement de plusieurs villes à travers tout le pays en différents produits et articles : cela va du textile à l'ameublement, en passant par l'électroménager, l'alimentaire, les ustensiles de cuisine, ou encore les objets de décoration, les articles et matériaux de plasturgie..., la liste est, pour ainsi dire, quasiment infinie.

Complications diverses, circulation impossible
Mais il y a aussi l'envers du décor. De fait, ce centre, qui s'étale sur quelque cinquante hectares, est souvent montré du doigt à cause des bouchons causés par les camions de transport de marchandises diverses, stationnés de manière anarchique dans les ruelles du quartier, congestionnant par la même occasion la circulation dans tout le périmètre. Tout le long de la rue Strasbourg, une partie du Bd Mohammed VI, de la rue Mohamed Smiha et l'allée Abdelkrim Khattabi, c'est le même topo : occupation intempestive des trottoirs par des ferrachas, cartons de taille XXL et autres emballages jonchant le sol... Résultat des courses: la circulation y est quasi impossible, tandis que les piétons sont obligés de slalomer pour éviter les innombrables charretiers mêlés à la foule. C'est notamment le cas pour les riverains qui doivent se faufiler dans ce dédale pour espérer atteindre leur domicile. Il faut dire que la situation a empiré depuis le début des travaux des lignes 3 et 4 du tramway. Le secrétaire général de l'Association union des commerçants et professionnels de Derb Omar (AUCPDO), Said Farah, s'alarme: «Avant les travaux du tram, la situation était déjà compliquée, mais là on peut dire que nous sommes carrément sous siège, il est quasiment impossible de se déplacer!» Nombreux sont les commerçants qui regrettent que les travaux se soient quelque peu éternisés, notamment à cause de la crise sanitaire. «Les clients peinent à accéder au centre et aux kissariats, le stationnement est impossible et même le nettoyage des lieux devient compliqué pour les services concernés», regrette Said Farah. Sans parler de la pollution sous toutes ses formes, sonore, atmosphérique, visuelle et olfactive, que déplorent les vendeurs installés à Derb Omar et que nous avons pu rencontrer. Pourtant, les pouvoirs publics sont bien conscients des problèmes que connaît le quartier. Ils ont même tenté d'y remédier dans le passé...
En attendant un Derb Omar d'une autre dimension
Au début des années 2000, et plus exactement en 2002, le Conseil de la ville avait décidé la construction d'un souk au quartier Sidi Othmane, à proximité des abattoirs municipaux. Fiasco. «On a également parlé d'un site situé dans la province de Médiouna, dans la commune de Mejjatia-Ouled Tayeb, c'est la plus vaste de la province», se remémore Moussa, un marchand de tableaux installé rue Strasbourg. Mais là aussi, statu quo.
La raison? «On n'a pas pu trouver un terrain d'entente. Les professionnels s'attendaient à une concertation à propos des conditions de transport, des dépôts. Or personne n'a daigné nous écouter... Si un commerçant travaille depuis 50 ans dans un local de 100m2 par exemple, comment voulez-vous qu'il s'adapte à un local deux fois plus petit? Et ne parlons même pas des insuffisances en termes d'installations, de structures logistiques, de dispositifs de sécurité...», déplore le SG de l'AUCPDO.
Néanmoins, commerçants et pouvoirs publics sont en phase sur un point: la situation, en l'état, ne peut pas durer éternellement.
De leur côté, les négociants ne seraient pas contre un petit coup de pouce des autorités. Sous quelle forme? Un foncier consacré spécialement à leurs activités avec des structures logistiques et des installations pour le chargement et le déchargement permanents...
Bref, un marché aux normes internationales, à l'image des Futian Market en Chine, le Kowloon City Market de Hong Kong ou encore Murshid Bazaar de Dubaï.
Dans ce scénario, les magasins resteraient sur place et joueraient en quelque sorte le rôle de showrooms pour les vendeurs de gros ou de semi-gros tout en organisant le commerce de détail et en mettant fin à l'intrusion de l'informel…
Plus de camions donc ni de déchargements incessants. Utopique ? En tout cas, c'est ainsi que les commerçants de Derb Omar s'imaginent dans un futur qu'ils souhaitent proche. Peut-être qu'on pourrait voir dans l'avenir un Derb Omar d'une autre dimension.
Les commerçants se plaignent des obstacles du processus d'importation...
Les commerçants auxquels nous avons rendu visite à Derb Omar sont nombreux à se plaindre des obstacles qu'ils rencontrent dans le processus d'importation.
Ils trouvent qu'il est devenu plus contraignant depuis le lancement du label Made in Morocco. Ils se plaignent également de la kyrielle de normes qui vont avec. De fait, les produits importés doivent désormais passer par un laboratoire désigné par l'Administration, comme le stipule une circulaire du ministère de l'Industrie et du commerce. Une disposition qui vise à limiter l'importation de produits défaillants, mais qui n'arrange pas les affaires des commerçants de Derb Omar. «Nous sommes au courant de cette circulaire, mais nous aurions préféré un certificat de conformité dans le pays d'origine. Car les nouvelles normes sont imposées aux produits importés mais pas aux produits fabriqués au Maroc», relève un membre de l'association.


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