La croissance des ventes d'essence et de gasoil a été divisée pratiquement par deux. Le fioul a carrément baissé de 15% Moins de propane consommé et le butane en très légère hausse. La consommation de lubrifiant encore une fois en chute. La consommation des produits pétroliers en 2009 a connu une évolution marquée par des baisses sur certains produits et des faibles progressions sur d'autres. Avec une chute de 35,7% du prix moyen de la tonne de pétrole importée, le gouvernement ne pouvait mieux espérer pour soulager les finances publiques, puisque l'enveloppe de la compensation, sur les produits pétroliers, a atteint à peine 8 milliards de DH, non compris les arriérés de 2008 qui se chiffraient, eux, à 4,2 milliards de DH. En 2008, rappelons-le, la facture de la compensation s'élevait à plus de 33 milliards de DH dont 24 pour le seul soutien des produits pétroliers. Mais si, côté positif, cette évolution de la consommation a permis de réaliser des économies substantielles sur la compensation et, plus largement, sur les importations et donc la sortie de devises (voir encadré). Cette constatation ne vaut cependant pas pour le fioul, dont la forte baisse (-15 %) est directement liée à la bonne pluviométrie. Les importantes précipitations, augmentant la capacité des barrages, ont permis à l'Office national de l'électricité (ONE) de faire fonctionner ses centrales hydroélectriques de manière un peu plus accentuée. Les autres produits, eux, enregistrent une hausse très modérée. Selon les chiffres consolidés du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) et ceux du ministère de l'énergie et des mines, la consommation des produits blancs que sont l'essence sans plomb et le gasoil 50 ppm (parties [de soufre] par million) a progressé à un rythme plus faible que par le passé : +5% pour l'essence et +7% pour le gasoil. A titre de comparaison, il faut rappeler qu'en 2008 les hausses étaient respectivement de 15,7% et 10,1% par rapport à 2007. Il est vrai toutefois que ces deux produits ont connu des changements considérables, en termes de qualité, au cours de l'année 2009 (voir encadré). Mais au-delà de l'amélioration de la qualité des produits blancs, qui ne s'est d'ailleurs pas traduite par des hausses de prix significatives, le fléchissement du rythme de leur consommation procède pour une part du ralentissement de l'activité de transport, elle-même résultant de la faiblesse de l'activité économique. Faible hausse du butane et stagnation des carburéacteurs Et à propos du transport, c'est surtout l'aérien qui a pâti de la crise économique. Les ventes de carburéacteur, en effet, n'ont quasiment pas dépassé la barre des 1% en plafonnant à une croissance de 0,9%. Il faut certes ramener cette évolution, si minime soit-elle, à la baisse (-0,1%) que les ventes de carburéacteur avaient enregistrée déjà en 2008. Mais c'est l'évolution de la consommation du GPL (gaz de pétrole liquéfié), c'est-à-dire le butane et le propane, qui interpelle : +1,4 % seulement, alors que, habituellement, la progression est de l'ordre de 6%, bon an mal an. Certes, les ventes de propane ont chuté de près de 7% selon les chiffres du GPM, et ceci en liaison avec la baisse de l'activité économique, chez les céramistes et les artisans, entre autres. Mais cela est insuffisant pour tirer ainsi vers le bas la consommation du GPL, pour la simple et bonne raison que le propane n'y représente que 9 à 10% ; le reste étant constitué de butane, produit de large consommation. C'est donc le ralentissement de la croissance de consommation du butane, estimé à +1,8% par le GPM, contre une hausse moyenne de 5% ces dernières années, qui en est la cause principale. Mais pourquoi les ménages auraient-ils, tout d'un coup, décidé de moins consommer le butane ? La progression de la population et des ménages, le rythme de construction de logements, tout milite au contraire pour le maintien du niveau de hausse de la consommation du butane. Est-ce dû à l'achèvement (ou presque) du projet d'électrification rurale, l'électricité conventionnelle ou obtenue à partir de kits photovoltaïques remplaçant l'éclairage traditionnel au moyen de bouteilles de butane ? Ou encore est-ce dû au fait que de multiples activités économiques, consommatrices de butane, ont connu un ralentissement ? Enfin, les lubrifiants (huiles moteurs, graisses et autres) ont fortement chuté (-5,8%), mais cela fait déjà quelque temps que ce marché est sur un trend baissier, selon les connaisseurs de ce dossier. «Malgré l'existence d'une norme marocaine de qualité pour ces produits, il y a encore de l'informel dans cette filière», explique une source au GPM. Ce sont autant de parts de marché qui sont grignotées sur les ventes formelles, sans compter l'impact de la baisse de l'activité économique.