Invité à une émission spéciale sur 2M, le ministre de la Santé et de la protection sociale a passé en revue certaines des problématiques prégnantes auxquelles le secteur de la santé est confronté ainsi que les chantiers ouverts par le gouvernement pour y remédier. Ressources humaines, gouvernance, infrastructures... Les détails. Suivez La Vie éco sur Telegram Spontané, direct et franc. Amine Tehraoui n'a éludé aucune question lors de son passage, lundi, sur la deuxième chaine, dans le cadre d'une émission spéciale. Le ministre de la Santé et de la protection sociale a, via des messages clairs et sans langue de bois, brossé la situation du secteur de la santé et, en même temps, clarifié certains malentendus. D'abord, quand il a évoqué, devant les parlementaires, une semaine plus tôt, des «aides publiques» accordées aux cliniques privées, ses propos ont été détournés. En réalité, Tehraoui a parlé des dossiers de projets de cliniques soumis à la Commission nationale de l'investissement, dans le cadre de la nouvelle Charte de l'investissement. En théorie, tout investissement prévoyant un certain nombre d'emplois ou localisé dans des zones précises a droit à des incitations sous forme de subventions. Les cliniques répondant à ces critères ont constitué leurs dossiers en ce sens. Ce sont ces dossiers que le ministre a bloqués. Le département de la Santé planche d'ailleurs sur une nouvelle stratégie public-privé. L'autre malentendu que le ministre a tenu à clarifier concerne une phrase qu'il a lancée, lors de l'une de ses récentes et, néanmoins, nombreuses visites sur le terrain. «Allez vous plaindre à Rabat», c'est à peu près ce que le ministre avait répondu à un responsable local dont les réclamations et les doléances n'avaient pas été entendues par ses supérieurs. Le ministre pointe un manque de remontée de l'information. Les services centraux du ministère ne sont pas souvent au courant de tout ce qui se passe dans les hôpitaux, parce que l'information est bloquée au niveau local. C'est pour cela que le ministre a demandé au fonctionnaire de saisir directement les services centraux du ministère. Une autre problématique que le ministre a évoquée est celle liée aux ressources humaines et à la gouvernance. Les gens ont tendance à croire qu'il suffit de construire les hôpitaux pour que tout marche. Ce n'est pas le cas. Il faut aussi le personnel sanitaire et administratif pour les faire fonctionner. Là encore, il est tombé sur une aberration dans ce domaine. Auparavant, les médecins spécialistes doivent attendre encore deux années pour être affectés dans les centres hospitaliers. Le ministre vient de mettre fin à cette pratique. Résultat : d'ici fin 2025, ce sont pas moins de 1.200 médecins spécialistes qui vont rejoindre leurs postes dans différents hôpitaux, principalement les CHU et les CHR. D'autres médecins sont actuellement en cours de formation, mais le retard accumulé en la matière est énorme. Le gouvernement a ouvert quatre nouvelles facultés de médecine et a considérablement augmenté le nombre de places pédagogiques, mais c'est un processus qui prend des années. Les premiers résultats sont attendus d'ici 2029-2030. Concernant les infrastructures, le ministre a expliqué, chiffres à l'appui, qu'un effort d'investissement colossal a été déployé en ce sens par l'actuel gouvernement. Un effort qu'aucun gouvernement auparavant n'avait réalisé. En 2022, le Maroc disposait seulement de cinq CHU, d'ici deux ou trois, chaque région disposera de son propre Centre hospitalier universitaire. De nouveaux hôpitaux régionaux et provinciaux ont déjà été construits, d'autres sont programmés. Plus encore, un programme de réhabilitation, de rénovation et d'équipement de près de 1.400 centres hospitaliers, y compris les structures de proximité, a été lancé. Actuellement, 1.000 centres de santé ont été réhabilités et ouverts, avec les équipements et le personnel nécessaires à leur fonctionnement. Le programme prévoit la mise à niveau de 1.600 autres centres de santé de proximité. C'est le premier contact avec les citoyens, et ces centres sont d'une grande utilité, par exemple, dans les programmes nationaux de vaccination. Le ministère veille à ce que ces infrastructures (3.000 au total à travers le pays) offrent le même niveau d'accueil et la même qualité de prestations.