Portée par le retour à l'Investment Grade, une dynamique de croissance soutenue et le lancement imminent du marché à terme, la Bourse de Casablanca franchit un cap structurel. Mais derrière ces avancées majeures, la question de la liquidité, de la profondeur et de l'élargissement de la base d'investisseurs demeure un défi stratégique. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram L'année 2025 a marqué un tournant majeur pour la Bourse Casablanca. Elle a effectivement gagné en confiance, mais aussi en profondeur. Actuellement, un nouveau cycle d'investissement structurel est entamé. « Avec la retour à l'Investment Grade et la trajectoire de croissance dans laquelle s'est inscrite le pays, le Maroc est dans les Starting blocks des économies émergents » a souligné Nadia Fettah Alaoui, ministre de l'économie et des finances lors d'une conférence organisée par l'APSB, ayant pour thème : « Le marché boursier marocain à l'aube d'une nouvelle ère. Quels défis et quelles attentes ». A cette même occasion, la ministre a annoncé le lancement officiel du marché à terme le 6 avril prochain, avec comme premier produit coté, le future sur Masi 20. « Il constitue une étape structurant non seulement en tant que marché, mais encore plus en tant que passerelle vers de nouveaux produits » a expliqué, pour sa part, Tarik Senhaji, Président de l'AMMC. En effet, les produits à terme permettront de structurer une nouvelle offre de fonds cotés (ETF) ainsi que des produits innovants de couverture et de gestion des risques, tels que les produits dérivés de gré à gré. D'autres évolutions viendront enrichir le marché, à l'instar de la cotation des OPCI et l'introduction des mécanismes de market making... En dépit de toutes les évolutions remarquables qu'a connues le marché financier, « la liquidité reste un enjeu central. Les progrès sont réels, mais des défis subsistent en matière de profondeur du marché, de diversification des instruments et d'élargissement de la base d'investisseurs » a fait savoir Amine Maamri, Président de l'APSB. D'ailleurs, les tendances internationales intégrant digitalisation, finance durable et intégration régionale pourraient ouvrir de grandes perspectives. « L'enjeu est désormais clair : franchir une nouvelle étape, en modernisant nos instruments, en renforçant l'attractivité de notre place et en consolidant le positionnement du Maroc comme hub financier régional et africain » ajoute Maamri. Parce qu'il faut le dire, un marché attractif ne rime pas forcément avec un marché dont les cours montent rapidement. « C'est un marché en mesure, dans la durée, d'absorber, de résister aux chocs, d'offrir de la liquidité sans distorsion des prix et de répondre aux standards des investisseurs internationaux. C'est un marché qui offre à la cotation des valeurs dont le flottant est suffisant, la liquidité régulière, l'accessibilité opérationnelle fluide et une gouvernance lisible » explique, de son côté, Brahim Benjelloun Touimi, Président du Conseil d'administration de la Bourse de Casablanca. Cette exigence devrait être permanente et reposer donc sur des mécanismes clairement identifiés : l'animation de marché, les contrats de liquidité, le prêt-emprunt de titres, et désormais, le développement progressif des produits dérivés et des ETF. Et à ce stade, l'accent et mis sur les intermédiaires boursiers, qui sont amenés à jouer un rôle plus important, comme producteur et organisateur de liquidité, catalyseur des nouveaux produits, interface stratégique avec les investisseurs internationaux, partenaire durable des émetteurs, et pilier de la stabilité du marché. L'animation de marché et le Market Making conditionnent le fonctionnement même des ETF et des dérivés.