Le Royaume d'Eswatini pays aspire à tirer profit de l'expérience marocaine, afin de mieux structurer le Bureau de l'Auditeur général et de renforcer son cadre législatif. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le renforcement de la coopération ainsi que les échanges d'expériences et d'expertises dans le domaine du contrôle ont été au centre d'entretiens tenus, lundi à Rabat, entre le Premier président de la Cour des comptes, Zineb El Adaoui, et une délégation de haut niveau du Royaume d'Eswatini, conduite par SAR la Princesse Sibahle Dlamini. La délégation comprend également l'Auditeur général du Royaume, Timothy Matsebula, ainsi que le président de la Commission de la fonction publique et l'un de ses membres, Simanga Mamba, en plus de responsables du Parlement, du ministère public et du ministère des Finances. Dans une déclaration à la presse à l'issue de cette rencontre, SAR la Princesse Sibahle Dlamini a indiqué que son pays aspire à tirer profit de l'expérience marocaine, considérée comme « l'une des plus avancées dans ce domaine », afin de mieux structurer le Bureau de l'Auditeur général et de renforcer le cadre législatif de l'Eswatini dans une perspective d'avenir. « Nous œuvrons actuellement au développement du Bureau de l'Auditeur général du Royaume d'Eswatini, en vue de mettre en place un cadre approprié à même de restaurer la confiance de nos citoyens », a-t-elle affirmé, ajoutant que la législation de son pays doit faire l'objet d'une évaluation périodique pour s'adapter aux évolutions en cours, tout en mettant l'accent sur l'importance de l'échange d'expertises et du savoir entre les deux Royaumes dans ce domaine pour consolider les relations bilatérales. Dans une allocution de circonstance, El Adaoui a souligné que cette visite revêt une portée particulière, eu égard à « l'esprit de coopération fructueuse qui caractérise les relations entre nos institutions de contrôle, notamment dans le cadre de l'action commune au sein de l'AFROSAI et du Conseil des Auditeurs externes de l'Union africaine, présidé par l'Auditeur général du Royaume d'Eswatini », ajoutant que cela « reflète une volonté commune et résolue de renforcer l'intégration dans un domaine d'importance majeure, à savoir le contrôle supérieur des finances publiques ». « Nos institutions de contrôle ne sont pas de simples organes techniques, mais des acteurs incontournables du développement et de la consolidation des fondements d'un Etat stable, durable, social et démocratique participatif, à travers des initiatives prospectives et des services de conseil stratégique au profit des institutions publiques », a-t-elle poursuivi, relevant que le Maroc et l'Eswatini constituent des références ancrées de sagesse et de pondération, enrichies au fil des siècles par leurs souverains et leur conscience collective, ainsi que par leurs spécificités africaines, qu'il convient de valoriser dans toute démarche de réforme. Et de noter que la coopération internationale constitue un levier incontournable pour une réflexion commune sur les moyens de relever les défis auxquels le continent africain est confronté, et pour anticiper les mutations et les enjeux émergents dans le domaine du contrôle, appelant les institutions concernées à adapter leurs méthodes de travail afin d'apporter une réelle valeur ajoutée au citoyen africain. Elle a en outre estimé que les défis de développement, notamment environnementaux, ainsi que les répercussions des crises géopolitiques, économiques et sanitaires, la soutenabilité de la dette publique et la révolution numérique, imposent un approfondissement de la réflexion sur les nouveaux rôles que doivent assumer les institutions de contrôle. L'efficacité de l'action de contrôle demeure tributaire d'une interaction institutionnelle responsable avec l'ensemble des parties prenantes, ainsi que du suivi de la mise en œuvre des recommandations issues des missions de contrôle, juridictionnelles ou non, dans le cadre d'une nouvelle génération d'orientations stratégiques, a-t-elle fait savoir. Le Premier président de la Cour des comptes a, par ailleurs, affirmé la disposition de l'institution à partager son expérience et ses meilleures pratiques dans divers domaines, notamment en matière de coopération avec les parties prenantes telles que le Parlement, l'autorité judiciaire et le gouvernement, en particulier sur des chantiers structurants tels que le passage de la comptabilité de caisse à la comptabilité d'exercice, la certification des comptes de l'Etat, la gestion axée sur les résultats et la réforme du régime de responsabilité des gestionnaires publics. De son côté, Matsebula a indiqué que cette visite vise à instaurer un dialogue stratégique afin de valoriser la mission des contrôleurs financiers et de renforcer la confiance des citoyens dans ce mécanisme. « Notre institution, en tant que partenaire stratégique du gouvernement, contribue à la consolidation du principe de reddition des comptes et veille à l'amélioration de la gestion de ses ressources », a-t-il ajouté, précisant que cette visite vise également à examiner les questions liées à l'audit, à la gestion de ses impacts, ainsi que le niveau de leur mise en œuvre au Maroc. « Cette rencontre marque également le premier anniversaire de notre dernière visite au Maroc, qui s'inscrivait dans le cadre de l'échange d'expertises et du renforcement du cadre juridique et de l'indépendance de la pratique de l'audit dans notre pays », a-t-il poursuivi. Evoquant l'importance de l'audit, Matsebula a relevé qu'il ne constitue pas une fin en soi, mais un outil visant à améliorer la performance des institutions publiques, à rehausser la qualité des services rendus et à contribuer à l'évolution des cadres législatifs et réglementaires dans le domaine financier.