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France5-Maroc : derrière le vernis documentaire, une mécanique bien rodée de recyclage et d'arrière-pensées
Publié dans Hespress le 06 - 04 - 2026

Le documentaire récemment diffusé par France 5 sur les relations maroco-françaises n'apporte, en réalité, aucun éclairage nouveau. Sous couvert d'analyse historique et politique, il se contente de recycler des allégations déjà largement débattues – et souvent démenties – tout en les réinjectant dans un récit orienté, construit davantage sur des sous-entendus que sur des faits établis.
Mais au-delà de son contenu, c'est surtout le timing de sa diffusion qui interroge. Car dans les relations internationales, le contexte n'est jamais neutre. Et celui-ci ne doit rien au hasard.
Un calendrier qui ne trompe pas
Présenté comme un hommage aux 70 ans de l'indépendance du Maroc, le documentaire tente de s'inscrire dans une logique commémorative. Une justification qui peine à convaincre. En réalité, sa diffusion coïncide avec un moment charnière : celui d'un rapprochement stratégique inédit entre Rabat et Paris, marqué par une redéfinition profonde des équilibres diplomatiques.
Depuis 2024, la France a opéré un tournant majeur en reconnaissant explicitement la souveraineté du Maroc sur son Sahara, ouvrant la voie à un partenariat d'exception renforcé, consolidé par des accords économiques, sécuritaires et énergétiques de grande envergure. Cette dynamique nouvelle repositionne le Maroc comme un acteur central en Méditerranée et en Afrique, loin du schéma ancien d'une relation asymétrique.
Dès lors, une question s'impose : pourquoi raviver des polémiques anciennes au moment précis où les deux pays s'orientent vers une coopération stratégique assumée ?
Une guerre de récits en toile de fond
Ce documentaire s'inscrit dans une séquence plus large : celle d'une offensive médiatique récurrente visant à fragiliser l'image du Maroc. Derrière certaines productions journalistiques, se dessine une lutte d'influence où coexistent deux visions de la France : l'une, encore attachée à des réflexes hérités de l'époque coloniale, l'autre, plus pragmatique, consciente du basculement des rapports de force.
Le Maroc, aujourd'hui, n'est plus dans une posture d'alignement. Il redessine ses alliances, renforce ses partenariats — notamment avec les États-Unis — et s'impose progressivement comme une puissance régionale autonome. Une évolution qui dérange certains cercles, peu enclins à accepter la fin d'un rapport de dépendance historique.
Pegasus : une accusation sans preuve recyclée à l'infini
Au cœur du documentaire, l'affaire Pegasus revient comme un leitmotiv. Pourtant, après plusieurs années de polémique, aucune preuve tangible n'est venue étayer les accusations visant le Maroc.
Les démentis officiels se sont multipliés, les recours judiciaires ont été engagés dans plusieurs pays européens, et même les investigations internationales — y compris celles menées au niveau européen — n'ont établi aucun lien direct entre le Royaume et l'utilisation du logiciel espion.
Plus encore, des voix autorisées, en Europe comme ailleurs, ont pointé les failles méthodologiques des rapports ayant servi de base à ces accusations. Le Maroc, de son côté, a constamment rappelé son cadre légal strict en matière de cybersécurité, loin de l'image caricaturale d'une "jungle numérique" véhiculée par certains récits.
Malgré cela, une partie de la presse française persiste à entretenir le soupçon, quitte à ignorer les conclusions qui contredisent cette narration.
L'affaire Mansouri : de fait divers à instrument politique
Autre exemple frappant : le traitement de l'affaire Hicham Mansouri. Le documentaire tente d'en faire un symbole politique, alors que les faits relèvent d'un dossier judiciaire de droit commun, étayé par des preuves matérielles et scientifiques.
L'interpellation de l'intéressé s'inscrivait dans une enquête encadrée par le parquet, liée à des faits de mœurs. Des expertises techniques, notamment ADN, ont confirmé les éléments retenus, tandis que les garanties légales – droit de visite, expertise médicale – ont été respectées.
Dans ce même cadre, les institutions marocaines ne sont pas restées silencieuses. Les instances officielles de défense des droits de l'homme, ainsi que le ministère de la Justice de l'époque, ont adressé plusieurs rapports et réponses formelles aux mécanismes onusiens, détaillant les conditions de l'interpellation et du jugement de l'intéressé, condamné en première instance à dix mois de prison ferme et à une amende de 40.000 dirhams pour implication dans une affaire d'adultère.
Dès lors, plusieurs zones d'ombre dans le traitement médiatique de cette affaire interpellent. Pourquoi le documentaire passe-t-il sous silence les expertises techniques et biologiques réalisées par la police marocaine pour établir les faits, notamment la présence d'échantillons ADN relevés sur les lieux ? Pourquoi, également, Hicham Mansouri omet-il systématiquement de mentionner les garanties dont il a bénéficié tout au long de la procédure, comme le droit de visite de son frère ou encore l'examen médical ayant conclu à l'absence totale de violences, à l'exception de traces cutanées anciennes ?
Autre omission notable : celle concernant la femme impliquée dans cette affaire, épouse d'un militaire et mère de deux enfants, dont le mari a refusé tout retrait de plainte et a poursuivi la procédure jusqu'à son terme. Ce silence n'a rien d'anodin. Il contribue à vider l'affaire de sa réalité judiciaire pour la reconfigurer en récit politique, ouvrant ainsi la voie à des interprétations biaisées d'un dossier pourtant fondé sur des éléments tangibles.
Transformer cette affaire en dossier politique relève donc moins d'une analyse rigoureuse que d'une volonté de recontextualisation orientée, destinée à nourrir un récit plus large.
Hammouchi : de cible à pilier du partenariat sécuritaire
Le documentaire évoque également les tensions passées autour d'Abdellatif Hammouchi. Mais là encore, il omet un élément essentiel : l'évolution radicale de sa position dans la relation franco-marocaine.
Aujourd'hui, Hammouchi est au cœur de la coopération sécuritaire entre les deux pays. Décoré par la France, signataire d'accords stratégiques majeurs, il incarne le passage d'une période de crispation à une collaboration étroite, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale.
Les succès conjoints, que ce soit dans la prévention d'attentats ou la sécurisation d'événements internationaux comme les Jeux olympiques de Paris 2024, témoignent d'un partenariat devenu indispensable pour les deux parties.
Une lecture biaisée de la relation bilatérale
Au final, le principal reproche adressé à ce documentaire réside dans son approche sélective et orientée. En mettant l'accent sur des controverses anciennes, parfois marginales, il occulte les transformations profondes de la relation franco-marocaine.
Car la réalité actuelle est celle d'un partenariat rééquilibré, fondé sur des intérêts mutuels et une reconnaissance progressive du Maroc comme acteur stratégique à part entière.
In fine, entre nostalgie et recomposition, ce documentaire ne dit pas tant de choses sur le Maroc que sur les tensions internes à la France elle-même. Entre nostalgie d'un passé révolu et adaptation à un monde en mutation, certains récits peinent à intégrer une évidence : le Maroc a changé de dimension.
Et face à cette réalité, les tentatives de décrédibilisation apparaissent de plus en plus comme des réflexes d'un autre temps, incapables d'enrayer une dynamique géopolitique désormais bien engagée.


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