Les ICC marocaines ont généré plus de 116.000 emplois en 2023, dépassant ainsi les secteurs de la santé et des services financiers, et produit près de 43 milliards de dirhams de revenus, en hausse de 18% par rapport à l'année précédente. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Les industries culturelles et créatives (ICC) marocaines affichent une dynamique de croissance plus forte qu'anticipée, selon un rapport publié mercredi par la Société financière internationale (IFC) relevant du Groupe de la Banque mondiale. Les ICC marocaines ont généré plus de 116.000 emplois en 2023, dépassant ainsi les secteurs de la santé et des services financiers, et produit près de 43 milliards de dirhams de revenus, en hausse de 18% par rapport à l'année précédente, précise ce rapport intitulé « Evaluation des industries créatives et culturelles au Maroc : défis du marché, opportunités et recommandations ». Cette analyse stratégique, qui met en lumière les opportunités de croissance du secteur les besoins de financement a l'approche de la Coupe du monde de la FIFA 2030 coorganisée par le Maroc, rappelle que les ICC représentaient 2,4% du PIB en 2022, un « niveau comparable à des secteurs à forte intensité capitalistique comme les industries extractives ou la logistique ». « Le secteur se distingue également par sa contribution à l'inclusion économique: les femmes y occupent 34% des emplois, et les ICC constituent un vecteur majeur d'insertion pour les jeunes », indique l'étude. L'IFC relève toutefois que malgré ce potentiel, le financement demeure un « frein structurel », notant qu'en 2021, les ICC ont capté moins de 0,5% du crédit total aux entreprises au Maroc, avec seulement 3% des entreprises créatives ayant accès à un financement externe. Le rapport met en avant plusieurs filières à fort potentiel, notamment la mode et le design (croissance de 46% en 2023), les événements et arts vivants (revenus multipliés par plus de deux), le patrimoine et le tourisme culturel (+31%) ainsi que les métiers d'art (+18%). Il souligne également l'effet catalyseur que représente la co-organisation de la Coupe du Monde 2030 pour accélérer l'internationalisation du secteur et attirer des investissements, notamment dans l'audiovisuel. Parmi les recommandations clés que renferme l'étude de l'IFC figurent l'élaboration d'une stratégie nationale dédiée aux ICC, le développement de réseaux d'incubateurs et de hubs créatifs, la mise en place de mécanismes de financement adossés à la propriété intellectuelle, le renforcement du cadre juridique et de gouvernance, ainsi que l'accompagnement des entreprises créatives en matière de structuration financière. « Les industries créatives et culturelles du Maroc s'imposent comme l'un des moteurs de croissance les plus dynamiques du pays », souligne David Tinel, manager régional de l'IFC pour le Maghreb, cité dans le rapport. « Cette analyse, fondée sur des données de marché robustes et développée en étroite collaboration avec les institutions marocaines, offre une base claire pour mobiliser les investissements et accompagner la structuration du secteur à grande échelle », a-t-il ajouté. De son côté, Neïla Tazi, fondatrice et présidente d'honneur de la Fédération des industries culturelles et créatives, estime que ce secteur est « porteur de promesses » et s'affirme déjà comme une réalité économique en construction. « Cette étude fournit un socle solide pour ancrer pleinement les ICC dans l'agenda des politiques publiques. Elle consacre un véritable changement de regard, désormais porté par une nouvelle génération d'acteurs », a déclaré Mme Tazi, citée à son tour dans le rapport. Pour sa part, Amal Idrissi, directrice exécutive de l'Observatoire marocain de la très petite, petite et moyenne entreprise (OMTPME) estime que cette étude illustre l'importance de s'appuyer sur les données administratives et au niveau des entreprises pour mieux comprendre les secteurs émergents tels que les industries culturelles et créatives. « En mobilisant son infrastructure de données, l'OMTPME contribue à fournir une évaluation robuste et objective du poids économique du secteur, de la dynamique de l'emploi et des défis de financement, soutenant ainsi des politiques publiques plus ciblées », a-t-elle ajouté. « Les industries culturelles et créatives constituent un secteur à forte valeur ajoutée, tant sur le plan économique qu'en termes de rayonnement international pour notre pays », a déclaré Said Jabrani, directeur général de l'institution financière « Tamwilcom », également cité dans le rapport de l'IFC. Par ailleurs, l'IFC a mis en avant la contribution du Haut-Commissariat au Plan à cette évaluation « à travers un cadre méthodologique robuste, la mobilisation de données statistiques officielles et un appui technique dédié pour mieux définir et analyser le périmètre et la dynamique des industries culturelles et créatives du Maroc », notant que ce travail souligne le rôle essentiel d'un système statistique national solide pour éclairer les politiques publiques et soutenir l'émergence de nouveaux moteurs de croissance.