La guerre en Iran pourrait-elle freiner le transfert des avions Mirage 2000-9 des Emirats arabes unis vers le Maroc ? À ce facteur s'ajoute un autre élément déterminant : le calendrier de livraison des 80 Rafale commandés par Abou Dhabi à la France fin 2021. DR ‹ › Le Maroc devra patienter davantage, avant de réceptionner les 30 Mirage 2000-9 promis en 2022 par les Emirats arabes unis, dans le sillage du réchauffement des relations bilatérales, amorcé après l'ouverture d'un consulat émirati à Laâyoune, en novembre 2020. Après la levée du veto français en 2024, le projet de don destiné aux Forces armées royales (FAR) se heurterait désormais à un nouvel obstacle, lié aux répercussions de la guerre en Iran. «La recrudescence des conflits au Moyen-Orient retarde encore la concrétisation de l'accord entre Abou Dhabi et Rabat», souligne, ce jeudi 9 février, Africa Intelligence. Dans un contexte régional particulièrement tendu, les autorités émiraties privilégieraient le maintien de l'intégralité de leur flotte opérationnelle, en attendant la réception et l'intégration complète des Rafale F4. En effet, le calendrier des livraisons des 80 Rafale F4, commandés en décembre 2021, pèse lourd dans cette équation. Selon les termes du contrat signé avec la France lors d'une visite d'Emmanuel Macron à Abou Dhabi, un premier lot est attendu à partir de 2026. La livraison complète devrait s'étendre jusqu'en 2031. Or, dans ce type de contrats d'armement majeurs, les retards sont fréquents, voire structurels. Les Emirats ont anticipé la guerre en Iran Face à ces incertitudes, et bien avant la récente escalade militaire au Moyen-Orient, survenue entre le 28 février et le 6 avril et susceptible de jouer les prolongations, les Emirats avaient déjà pris des mesures anticipatives. Le 20 février 2025, à l'occasion du salon IDEX (International Defence Exhibition) à Abou Dhabi, la Gulf Aircraft Maintenance Company, entreprise publique, a conclu un partenariat stratégique avec un groupe français pour assurer la maintenance lourde des moteurs M53 équipant les Mirage 2000. Cette initiative vise à garantir un niveau de préparation optimal des appareils, avant leur retrait progressif et leur transfert prévu vers le Maroc à l'horizon 2027. Ce projet de don remonte à fin 2021. Les Emirats avaient alors manifesté leur intention d'offrir 30 Mirage 2000-9E au Maroc, dans le prolongement de leur méga-commande de 80 Rafale F4, armés notamment de missiles air-air Mica NG et de missiles de croisière Black Shaheen, pour un montant dépassant 16 milliards d'euros. Toutefois, la concrétisation de ce transfert s'était initialement heurtée à un refus de la France, dans un contexte de tensions diplomatiques avec Rabat. Ce n'est qu'au début de l'année 2024 que les relations franco-marocaines ont amorcé une phase d'apaisement, notamment à la suite de la visite au Maroc de l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, en février 2024. Ce rapprochement s'est consolidé avec la reconnaissance, le 30 juillet de la même année, par le président français, de la marocanité du Sahara. Pour rappel, la coopération militaire entre le Maroc et les Emirats arabes unis est encadrée par un accord signé en mai 2006, couvrant principalement la formation, les échanges de visites ainsi que le soutien opérationnel, technique et matériel. Ce partenariat a été élargi en 2014, pour inclure la recherche dans les industries militaires, ainsi que le transfert de technologies. Durant les 40 jours de guerre en Iran, le roi Mohammed VI s'est entretenu à deux reprises par téléphone avec le président des Emirats arabes unis, Mohamed Ben Zayed, afin de réaffirmer l'engagement du royaume à soutenir son partenaire.