L'artiste lance à Essaouira un projet mêlant exposition, débat et résidence d'artistes. Au centre de cette démarche, les alizés, envisagés comme force naturelle et source de création. Une proposition artistique profondément ancrée dans la mémoire et l'identité de la cité Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram A Essaouira, le vent n'est pas seulement un élément du paysage. Il est une matière, une cadence, presque une écriture. C'est précisément à partir de cette relation intime entre territoire, mémoire et création que l'artiste plasticien Mohammed Sanoussi construit un nouveau projet culturel articulé autour d'une exposition, d'un débat-signature et d'une résidence d'artistes. Natif d'Essaouira, Mohammed Sanoussi ancre sa démarche dans la singularité de sa ville natale. Son projet explore le lien entre phénomènes naturels et geste artistique, en prenant pour point de départ les alizés, ces vents constants qui façonnent la cité, influencent les trajectoires et imposent un rapport particulier à l'espace. Ici, le vent n'est pas un décor. Il devient une condition de création, une force qui agit sur la matière, sur le mouvement et sur la pensée. Premier temps fort de cette proposition : l'exposition intitulée « D'une main, un dialecte plastique », prévue à la galerie Bab Marrakech, au Bastion, du 12 avril au 3 mai 2026. Les œuvres présentées s'articulent autour du mouvement, de l'érosion, de la trace et de la mémoire. La main y apparaît comme symbole universel de partage, mais aussi comme réceptacle du quotidien et de l'héritage culturel. Dans cette lecture plastique, la khamsa devient un prolongement naturel d'un langage visuel nourri de brassages berbère, judéo-chrétien et musulman. Le projet se prolongera le 29 mai à Bayt Dakira avec un débat et une signature autour du roman « Noces de couleurs, un manifeste pour Tounaruz », écrit par l'artiste. La rencontre, animée par le chercheur en philosophie artistique M. Jamal, portera sur les alizés comme situation naturelle et comme point d'appui d'une approche créative singulière. Autre séquence importante : la résidence d'artistes organisée à la Cité heureuse du 30 avril au 3 mai. Elle sera consacrée au thème « Les alizés comme essence de créativité ». L'idée est de réfléchir à la manière dont une contrainte climatique peut être transformée en ressource esthétique, jusqu'à produire une forme d'expression spontanée et profondément liée au lieu. Formé aux arts appliqués à Casablanca puis aux arts plastiques à Rabat, Mohammed Sanoussi a marqué la scène artistique du Sud à travers plusieurs initiatives fondatrices à Agadir, du Groupe 88 au Mouvement Art Présent. Son parcours, jalonné d'expositions, d'installations et de distinctions, dont une médaille d'argent de l'Académie des sciences, arts et lettres de Paris, témoigne d'un engagement constant en faveur de la création. Avec ce projet, l'artiste propose moins une exposition qu'une lecture sensible d'Essaouira, où le vent devient mémoire, langage et horizon de création.