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Nos données personnelles revendues à 3 centimes!
Publié dans La Vie éco le 12 - 07 - 2015

Des structures informelles ou de simples particuliers opèrent en toute tranquillité. Les opérateurs télécoms, les sites de vente en ligne et les enseignes de la distribution moderne sont leurs principaux fournisseurs de coordonnées personnelles.
On peut en recevoir une vingtaine en une journée, à toute heure et même les week-ends et jours fériés. Ils ne sont pas forcément les bienvenus. Ce sont les SMS publicitaires qui sont balancés aux clients et prospects pour annoncer le lancement d'un nouveau produit, une offre promotionnelle, une tombola… Depuis deux ans déjà, beaucoup d'entreprises ont recours à ce mode de contact, des groupes immobiliers aux maisons de pâtisserie fine, en passant par les enseignes de prêt-à-porter, les hôtels, les tapissiers et les menuisiers. La raison, les SMS sont l'un des moyens de communication les plus efficaces. «Il faut environ 6 secondes pour envoyer un texto qui sera lu dans les 5 minutes qui suivent par plus de 90% des destinataires». Mais le prix reste le premier argument d'achat de ce service car vos coordonnées personnelles (nom, prénom, numéro de téléphone mobile, adresse postale, e-mail) ne coûtent pas plus de 3 centimes. La Vie éco a mené une enquête pour lever le voile sur ce business.
Les personnes exerçant cette activité sont âgées de 20 à 30 ans
Le business des données personnelles suscite la convoitise d'une nouvelle race d'auto-entrepreneurs. Il s'agit en effet «de jeunes âgés de 20 à 30 ans, maîtrisant l'outil informatique et qui ont quelques notions des techniques commerciales», explique un expert du secteur. Et d'ajouter : «La plupart de ces auto-entrepreneurs ne disposent pas d'une structure, ils travaillent souvent chez eux». Pour constituer leurs bases de données, ils ont recours à plusieurs pistes. Les opérateurs télécoms demeurent leur source privilégiée. «Chacun des opérateurs télécoms dispose d'un département dédié aux abonnés mobiles. Les téléopérateurs travaillant dans ces services ont accès à des fichiers contenant toutes les informations des abonnées», explique un expert du secteur. Par conséquent, il suffit d'avoir le contact de l'un de ces téléopérateurs pour pouvoir se procurer une base de données complète et fiable (2% de taux d'erreur). Cependant, le prix facturé par ces téléopérateurs est le plus cher sur le marché puisqu'il varie de 1 à 2 DH en fonction de l'opérateur et du numéro. Sur ce volet, il est à noter que les numéros d'abonnement de Maroc Telecom, notamment les 0661, sont les plus chers.
Les sites de commerce en ligne détiennent également une série de données personnelles avec un taux d'erreur qui ne dépasse pas les 5%. «En plus de leur activité principale, ces derniers pratiquent aussi la vente des données personnelles», avance notre expert. Et de renchérir : «Les clients de ces sites effectuent en moyenne un achat tous les deux mois. Cela permet aux équipes des sites de faire la mise à jour de leurs fichiers de façon permanente».
Les revendeurs de bases de données utilisent aussi les informations recueillies par la distribution moderne (grandes surfaces, enseignes d'habillement et d'équipements de maison, parapharmacies…). En effet, depuis quelques années, plusieurs enseignes (toutes catégories confondues) ont mis en place un système de cartes de fidélité. «Au moment de l'achat, on propose souvent au client de demander sa carte de fidélité pour bénéficier des remises. En contrepartie, ce dernier doit fournir (en remplissant une fiche) toutes ses informations personnelles», regrette l'expert.
Enfin, certaines agences de communication et d'évènementiel contribuent aussi à la divulgation des données personnelles de leurs clients. «Lors des campagnes publicitaires ciblées (B2B), il y a des entreprises qui livrent aux agences partenaires le fichier contenant la base de données de leurs clients. Ces derniers n'hésitent pas à les revendre et/ou les utiliser eux-mêmes au profit d'autres clients», assure un connaisseur du secteur.
Les messages WathsApp coûtent 20 centimes
Pour atteindre leurs clients et prospects (annonceurs), les vendeurs de bases de données envoient des e-mail et/ou SMS. Les e-mails sont envoyés à partir d'adresses électroniques de type «[email protected]», ou «[email protected]». Dans le corps du texte, on trouve l'offre commerciale et un numéro de téléphone, mais sans le nom de l'émetteur, ni la raison sociale de l'entreprise. Il en est de même pour les SMS.
Contactés par La Vie éco, et en se faisant passer pour un client, ces opérateurs travaillant dans l'illégalité ont présenté leurs offres de service et divulgué leur méthode de travail ainsi que les noms de quelques-uns de leurs clients de référence, qui sont tous de grands groupes et même des multinationales. Cependant, pour pouvoir conclure l'affaire certains nous ont proposé de les rencontrer dans des endroits publics et d'autres dans leurs locaux. Ces entreprises proposent une gamme variée de données personnelles, telles que les coordonnées des étudiants et des cadres supérieurs de la classe A et B+ ainsi que ceux des ménagères à des prix imbattables.
Sur le marché, le prix d'un contact va de 3 à 5 centimes. Ce coût baisse en fonction de la quantité demandée. Résultat, une base de données d'1,5 million de prospects est proposée à 2500 DH. Ces entreprises proposent également des prestations d'envoi de SMS publicitaires facturées 4 à 5 centimes. «Les messages WathsApp sont facturés 20 centimes puisque le fournisseur de service limite le nombre de textos par numéro à 5 000», explique un prestataire de service. Ces messages sont envoyés grâce à des serveurs qui ont une capacité quotidienne de 20 000 SMS. Les numéros mobiles utilisés pour ce type de service sont inaccessibles. Pour prouver l'efficacité leur service, «à la fin de chaque opération nous transmettons aux clients le rapport de livraison qui contient les accusés de réception des SMS. Le client peut également choisir un échantillon de numéros et les contacter pour vérifier la crédibilité de la base de données», confirme le prestataire.
En somme, le commerce des bases de données personnelles, aussi illégal soit-il, est une activité qui s'exerce ostensiblement. Au grand dam de ceux qui sont assaillis par les messages indésirables.


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