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Révolution dans l'agriculture, les détails du plan Laenser
Publié dans La Vie éco le 11 - 11 - 2005

La mise à niveau nécessitera 2,6 milliards de DH par an.
52 000 hectares de céréales seront reconvertis chaque année.
2,85 millions d'arbres fruitiers seront plantés en 2006.
120 000 hectares à irriguer en plus dont 10 000 en 2006.
Acompter du 1er janvier 2006, date annoncée de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, commencera le compte à rebours pour l'agriculture marocaine. Le Maroc disposera de 10 à 15 ans, selon les filières et les produits, pour mettre à niveau son agriculture avant d'être soumis à une concurrence sans limites. Mais les accords de libre-échange ne sont qu'un élément de pression en plus. L'agriculture marocaine, fait avéré et notoire, n'est pas un modèle d'efficience : large portion de terres cultivables consacrées aux céréales, au rendement et à la valeur ajoutée dérisoire, cultures grandes consommatrices d'eau (tomates, maïs, agrumes…) dans un pays semi-aride, système d'irrigation affichant des pertes de rendement de l'ordre de 40%…Il faut bien agir un jour ou l'autre.
Ce n'est que trois ans après son arrivée aux commandes, que le gouvernement Jettou prend le taureau par les cornes. L'information est passée inaperçue, mais une grande partie des travaux du conseil de gouvernement du 21 septembre dernier a été consacrée à la nouvelle politique agricole de mise à niveau du secteur. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Si l'on s'en tient au plan de réforme présenté, l'agriculture devrait changer totalement de visage dans quelques années.
Pour commencer, la nouvelle stratégie propose de s'attaquer à la filière des céréales. Aujourd'hui, plus de 60 % de la superficie agricole utile (SAU) du pays sont emblavés en céréales et plus de la moitié de ces cultures sont situées dans des zones arides ou semi-arides. 30 % donc de la SAU sont dédiés à la céréaliculture dans des zones où le climat n'est guère favorable. Partant, le ministère de l'Agriculture propose tout simplement de remplacer les céréales par d'autres cultures, du moins dans les zones dites défavorables. Il propose, à ce titre, trois types de cultures : les arbres fruitiers dans les régions montagneuses, les arbustes fourragers pour les zones arides et les légumineuses pour les zones favorables.
Les tarifs de l'eau d'irrigation seront revus à la hausse
L'objectif fixé est de planter chaque année 32 000 hectares en arboriculture et
20 000 autres en arbustes fourragers. Pour la campagne 2005-2006, le ministère annonce un programme pour la plantation de 2,85 millions d'arbres fruitiers dans les zones à vocation arboricole. Et pour encourager les agriculteurs, l'Etat leur promet de subventionner les plants à hauteur de 80 %.
Autre grand volet, celui de l'irrigation et la gestion de l'eau. Première mauvaise nouvelle, du moins pour la campagne actuelle : les agriculteurs en périmètres
irrigués obtiendront la moitié de leur demande normale en eau d'irrigation (la demande s'élève à 5,4 milliards de m3). Les pouvoirs publics ont décidé d'allouer cette année près de 2,73 milliards de m3 à l'irrigation, soit 20 % de moins que l'année dernière. Selon le ministère de l'agriculture, les restrictions toucheront essentiellement les régions du Tafilalet, Draâ et la Moulouya.
Deuxième mauvaise nouvelle : les tarifs de l'eau d'irrigation seront revus à la hausse. Le ministère, qui préfère plutôt le terme « réajustement », justifie la décision par la nécessité d'assurer la pérennité financière des Offices de mise en valeur agricole (ORMVA). Le gouvernement s'engage d'ailleurs à leur régler dès 2006 les arriérés de la Sodea et la Sogeta et qui s'élèvent à 100 MDH.
En contrepartie des restrictions sur l'eau, la stratégie du ministère de l'Agriculture comprend l'extension des superficies irriguées à un rythme de 10 000 hectares par an avec, pour objectif, l'équipement de près de
120 000 ha de terres pourtant dominées par des barrages, mais non irriguées. Dans la foulée, les infrastructures d'irrigation déjà existantes seront, elles aussi, réhabilitées, à raison de 10 000 ha par an.
Parallèlement, une autre opération est prévue pour étendre davantage les terres arables. Il s'agit de l'épierrage de 60 000 ha sur trois ans, à raison de 20 000 ha par an. Opération qui, selon les premières estimations du ministère, nécessitera quelque 900 MDH (cf. La Vie éco du 4 novembre 2005)
Une carte nationale de la fertilité des sols en préparation
L'agriculture n'en sera pas pour autant tirée d'affaire. En amont, se pose le problème de la capacité financière des agriculteurs. Sur ce volet, il est prévu une batterie d'aides et de subventions directes aux exploitants. Ainsi, pour les semences des céréales, et pour l'actuelle campagne, les subventions seront, malgré tout, maintenues à leur niveau de l'année dernière. Elles coûteront près de 70 MDH à l'Etat auxquels il faut rajouter 10 millions, par an, nécessaires au maintien d'un stock de sécurité en semences.
Pour les fertilisants, en revanche, il y a problème dans la mesure où les prix des engrais connaissent une flambée depuis janvier 2005 à cause du renchérissement des cours mondiaux de certaines matières premières comme l'ammoniac et le soufre ainsi que le coût du fret. Pour contourner le problème, le ministère propose plutôt de rationaliser l'utilisation des engrais de manière à ce que les agriculteurs n'en utilisent que quand ils en ont vraiment besoin et dans les quantités nécessaires. Pour ce faire, deux mesures sont annoncées. Les agriculteurs seront encouragés de plus en plus à recourir aux analyses de sols dont le coût sera supporté par l'Etat à hauteur de 50 %. D'un autre côté, l'OCP et le département de l'Agriculture se proposent de travailler ensemble pour élaborer une carte de fertilité à l'échelle nationale. Parmi les subventions proposées dans la stratégie, on peut citer également celle que le ministère veut destiner à l'encouragement de la création de nouvelles capacités de stockage des légumineuses et céréales. Pour cela, le ministère de l'Agriculture propose d'amender d'urgence le décret instituant la « taxe de commercialisation de stockage des orges ».
Autre aide directe : l'indemnisation au titre de l'assurance sécheresse. Une enveloppe de 125 MDH a été déjà débloquée au titre de la campagne précédente et 120 millions sont programmés pour l'actuelle campagne en plus de la subvention par l'Etat des cotisations des agriculteurs à hauteur de 50 %. Toujours dans le registre financier, le Crédit Agricole sera mis à contribution. Ce dernier, pour sa part, a déjà pris les devants. De nouveaux produits comme le crédit pour la plantation d'oliviers ou le crédit «Achamil», destiné au financement d'un cycle d'exploitation sur 4 ou 5 ans plutôt qu'une campagne, sont proposés depuis la rentrée.
Les étrangers pourront bientôt acheter des terres agricoles
Enfin, autre nouveauté annoncée : la création d'une structure baptisée « Dar El Fellah » qui sera dédiée aux agriculteurs non éligibles au financement bancaire classique. Des sources au ministère de l'agriculture révèlent, à ce titre, que 15 sites sont d'ores et déjà identifiés et seront ouverts progressivement sur les années à venir.
Mais si du côté des petits agriculteurs l'aspect subvention est le plus important,
au niveau des filières dites modernes, on évoque surtout l'accompagnement. Entre autres approches adoptées, celle basée sur la contractualisation. Ainsi, selon les informations dont nous disposons, trois contrats-programmes sont déjà finalisés et devraient être signés dans les semaines qui viennent avec les filières du lait, des viandes rouges et de l'aviculture.
Au demeurant, la mise à niveau de l'agriculture marocaine ne pourra pas se faire si, à l'origine, le plus gros problème n'est pas résolu, en l'occurrence celui du foncier. Raison pour laquelle le ministère de l'Agriculture appelle à l'adoption urgente d'un projet de loi, déjà soumis au SGG et permettant la vente (interdite depuis la marocanisation) des terres agricoles aux étrangers et aux sociétés. L'autre action de taille envisagée consistera à donner en gestion, voire céder, les terres collectives, domaniales et celles des Habous à l'instar de ce qui a été fait pour les exploitations de la Sodea et de la Sogeta. La réserve foncière qui en découlera peut être considérable. Il faut rappeler que les terres dites collectives regroupent à elles seules quelque 12 millions d'hectares, aujourd'hui inexploités.
En définitive, à voir le plan concocté par le ministère de l'agriculture, il s'agit d'une véritable révolution agricole en gestation. Certes elle coûtera cher : 2,6 milliards de DH par an rien que pour les trois prochaines années. Mais a-t-on vraiment le choix ?
L'essentiel des mesures prévues
– Remplacement des céréales par l'arboriculture à raison de 52 000 ha par an;
– Renforcement des légumineuses dans les zones favorables;
– Réajustement des tarifs de l'eau d'irrigation;
– Extension des périmètres irrigués de 10 000 ha par an;
– Réhabilitation des réseaux déjà existants à raison de 10 000 ha par an;
– Epierrage de 60 000 ha sur trois ans;
– Signature de contrats-programmes avec les principales filières de production;
– Subvention de 50% des frais d'analyses de sols;
– Subvention de 80% des prix des plants d'arbres fruitiers;
– Elaboration d'une carte nationale de la fertilité des sols avec l'OCP;
– Amendement du décret sur la taxe de commercialisation et de stockage des orges;
– Ouverture par le Crédit Agricole de 15 «Dar El Fellah», dédiées aux agriculteurs non éligibles au financement classique;
– Adoption du projet de loi autorisant les étrangers et sociétés à s'approprier les terres agricoles au Maroc;
– Adoption du projet de loi autorisant la cession ou délégation de gestion des terres collectives, domaniales et des Habous
Les filières qui seront encouragées
Parallèlement à l'amélioration des rendements et de la productivité des cultures classiques (essentiellement les céréales et les légumineuses), des filières dites à fort potentiel seront particulièrement appuyées sur les cinq années à venir.
Production végétale
* Filière oléicole : extension des surfaces sur 400.000 ha pour atteindre 800.000 ha en 2010 et 1M ha en 2015.
* Filière agrumicole : extension des surfaces sur 12.000 ha pour atteindre 90.000 en 2010.
* Filière arboricole (rosacées) : extension des surfaces sur 50.000 ha pour atteindre 300.000 ha en 2010.
* Filière phoenicicole (palmier-dattier) : 1,3 M plants en 2010.
Production animale
* Filière avicole : accroissement de la production de 10% annuellement pour atteindre 450.000 tonnes.
* Filière viande rouge : accroissement de la production de 2% annuellement pour atteindre 450.000 tonnes en 2010.
* Filière lait : accroissement de la production de 5% par an pour atteindre 1,5 milliard de litres en 2010.


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