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ADM: Un contrat-programme avant la fin de l'année
Publié dans L'Economiste le 19 - 07 - 2019

Aujourd'hui, ADM est acculée à réaliser des tronçons incontournables et qui nécessitent la mobilisation de fonds importants. C'est le cas de la continentale Rabat-Casablanca, une autoroute parallèle à l'actuelle qui passe à proximité de Benslimane, pour un montant de 5 milliards de DH (Ph. L'Economiste)
Abdelkader Amara, qui accompagnait mardi le patron d'ADM au débat de la Commission du contrôle des finances publiques, a été on ne peut plus clair: «Nous sommes en train de travailler sur un contrat-programme, avec un nouveau mode de financement. Il s'agit de trouver d'autres façons innovantes pour financer les infrastructures en dehors de la dette».
Toutefois, le ministre de l'Equipement et du Transport a rassuré les parlementaires sur la signature avant la fin de l'année du contrat-programme avec la Société des Autoroutes du Maroc. Surtout que ADM est acculée à réaliser des tronçons incontournables et qui nécessitent la mobilisation de fonds importants.
C'est le cas de la continentale Rabat-Casablanca, une autoroute parallèle à l'actuelle qui passe à proximité de Benslimane. Sa réalisation nécessitera la mobilisation de 5 milliards de DH, avec deux fois trois voies, mais sans le prix de l'expropriation, un budget qui doit figurer dans le contrat-programme. Pour le DG d'ADM, Anouar Benazzouz, ce tronçon doit être construit le plus tôt possible. S'il est lancé en 2020, il sera prêt en 2024. L'actuelle autoroute Rabat-Casablanca enregistre un trafic important de 65.000 véhicules par jour, avec un pic de 85.000.
«C'est pour cette raison qu'il faut lancer ce projet, autrement, nous aurons à gérer les accidents», souligne-t-il. A cela s'ajoute la construction de l'autoroute Guercif-Nador, un tronçon de 105 km d'un coût de 5 milliards de DH, financé par l'Etat. Son exploitation sera confiée à ADM. D'autres projets sont sur la table de cette société qui devra prendre en charge le triplement de l'axe Mohammedia-Berrechid sur 60 km, pour près de 2 milliards de DH.
L'appel d'offres vient d'être lancé. Au menu, Tit-Mellil-Berrechid une autoroute neuve sur 29 km qui coûtera 2 milliards de DH. La réalisation de ces différents projets nécessitera un total de 14 milliards de DH, sans parler des autres chantiers que ADM lancera parallèlement sur de la durée du contrat-programme (5 ans).
Au cours des interventions des députés, la question de la privatisation d'ADM est revenue plusieurs fois. Là encore, le ministre a tenu à faire des clarifications jugées nécessaires: «La privatisation n'est pas à l'ordre du jour. Mais si elle se pose, les règles sont claires. Ce n'est pas à ADM de décider de le faire. La société n'est pas un électron libre. C'est le gouvernement qui fixe les priorités, avec la double tutelle de l'Equipement et des Finances qui contrôle».
Sur l'aménagement du territoire, abordé par des parlementaires, il a rappelé qu'une politique d'infrastructure du pays doit prendre en compte la dette. Quant au PPP (partenariat public-privé), il n'est pas un sujet tabou. Le ministre a rappelé le projet de réforme de ce système qui sera prochainement débattu par une commission parlementaire.
Abdelkader Amara, en parfait avocat des établissements publics qui relèvent de son champ d'action, a mis en avant la mutation profonde vécue par ADM qui est passée de la construction au service client. Ces nouvelles activités comportent notamment l'automatisation, la digitalisation et les moyens pour améliorer la sécurité avec vidéo-surveillance.
L'écosystème de dépannage, la protection civile, la gendarmerie et voir comment toutes ces parties peuvent travailler en bonne intelligence, a indiqué le DG. Pour lui, c'est un travail qui ne finit jamais. Pour convaincre de la nécessité de s'orienter vers le client, il a donné l'exemple du pack Jawaz qui a atteint 650.000, avec un objectif de dépasser le million avant la fin de cette année. Pourtant, les cartes d'abonnement avec une réduction existent depuis 20 ans et ont atteint à peine 30.000.
Cette mutation relative à la mission d'ADM n'est pas au top niveau, reconnaît Anouar Benazzouz. «Nous avons encore du chemin à parcourir. Car, il ne s'agit pas de changer en interne, mais de travailler pour améliorer l'écosystème. Comme nous l'avons fait pour l'étape de la construction où nous avions commencé par des sociétés marocaines, souvent des PME qui se constituaient en groupements pour prendre en charge la réalisation d'un tronçon», a t-il indiqué.
Après l'accompagnement d'ADM et l'expérience acquise, chacune de ces entreprises a commencé par prendre un tronçon pour elle toute seule. La société veut reproduire ce système avec les services. «Nous sommes en train d'accompagner les sociétés marocaines au niveau des services qui n'existe pas au Maroc. Le triplement des voies est nouveau. Le faire réaliser par les autres prend du temps», note-t-il.
La restructuration financière se poursuit
«ADM n'est pas dans une situation confortable». La déclaration de son DG a quelque peu surpris certains députés qui pensaient que la société était sortie d'affaire. «Le travail de la restructuration financière continue. Nous n'avons traité que 50% du travail. Ce n'est pas terminé. Nous avons besoin de restructurer les autres 50% pour répondre aux autres besoins missions», a-t-il dit. En tout cas, tout ce qui a été accompli en la matière n'est pas un jeu d'écriture, car ADM dispose de deux comptabilités: une comptabilité nationale qui inclut le patrimonial et la comptabilité IFRS. Cette dernière est internationale et «donne le vrai cash-flow qui vient de l'autoroute. C'est pour cela que nous avons eu droit à l'extension des concessions. Notre comptabilité est aux normes internationales. Les bailleurs de fonds auditent nos comptes», rappelle Anouar Benazzouz.
M. C.


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