«R assurez-vous ! Les prix du gaz et son approvisionnement resteront intouchables», c'est le message du ministère de l'Energie et des mines et d'une partie des professionnels, à la veille du ramadan. Une tentative d'accalmie qui s'explique par le climat incertain qui entoure chaque année la disponibilité et les prix de certains produits en cette période. Durant ces derniers jours, la polémique avait d'ailleurs enflé concernant ce point, surtout après que certains dépositaires de gaz butane avaient brandi la menace d'une suspension de l'approvisionnement. Sans oublier la sortie retentissante du député PJDiste Abdelaziz Aftati, qui a notamment émis des doutes quand aux chiffres et données présentées par les sociétés de distribution de gaz pour bénéficier des subventions de la Caisse de compensation. C'est dans ce contexte que le ministère de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement réagit en affirmant que «toutes les mesures nécessaires pour assurer l'approvisionnement normal du marché national en produits pétroliers, particulièrement en gaz butane, ont été prises». Le ministère souligne notamment que toutes les conditions sont réunies pour assurer l'approvisionnement de l'ensemble des citoyens en cette matière, en quantités suffisantes et selon les prix en vigueur. Le département de Fouad Diouri affirme d'ailleurs que ses services régionaux sont mobilisés et procèdent à des opérations de contrôle des prix et du respect du poids des bonbonnes de gaz.Du côté des dépositaires, on affirme qu'«aucune concertation avec les professionnels n'a été tenue concernant ce point», souligne Mohamed Benjelloun président de l'association des dépositaires de gaz butane. L'association qui vient de tenir une réunion sur le sujet affirme que la suspension de l'approvisionnement demeure une option. «Plusieurs membres ont décidé d'arrêter l'approvisionnement, mais le timing de cette décision n'a pas encore été validé pour le mois de ramadan», ajoute Benjelloun, comme pour entretenir le suspens autour de la question et faire monter la pression. Deux tendances se dessineraient en fait entre les membres de l'association : ceux qui voudraient retarder la décision pour éviter une polémique durant ce mois de ramadan et ceux qui voudraient profiter de cette période pour mieux faire entendre leur voix. À en croire le président de l'association, le ras le bol de certains professionnels est de nature à inquiéter. Et pour cause, les doléances ne trouvent pas d'issue depuis près de 8 ans. «Nous avons récemment rencontré les représentants gouvernementaux et nous leur avons communiqué les difficultés que nous rencontrons, mais rien n'a encore été fait». Pour les professionnels, la situation serait tellement difficile que même si l'on doublait ou triplait leur marge bénéficiaire, cela ne réglerait pas le problème. Les dépositaires demandent notamment une révision du zoning des prix par région, surtout pour les villes les plus éloignées et pour lesquelles le coût du transport et les charges logistiques sont de plus en plus importantes.C'est un autre son de cloche qui prévaut chez les sociétés de distribution. «Pas de panique, les prix ne changeront pas et les professionnels se sont préparés depuis plusieurs mois aux périodes de châaban et ramadan», explique un professionnel du secteur. Pour ces derniers, le marché est très bien approvisionné et la concurrence très rude entre les distributeurs fait qu'aucune prise de risques n'est possible. Les professionnels répondent également de manière virulente aux accusations du député PJDiste, en soulignant que le circuit est bien rodé et qu'ils n'existe aucun risque que les chiffres soient gonflés. Adil Zyadi, président du Groupement des pétroliers du Maroc Les ECO : Le prix du gaz va-t-il augmenter durant ce ramadan ? Adil Zyadi : Le prix du gaz est stable depuis 40 ans. Il n'y a pas de raison que cela change aujourd'hui. La problématique est venue des dépositaires qui ont ressorti leurs revendications. Ils affirment faire face à plusieurs difficultés, notamment en matière d'équipement de transport, des charges qui augmentent et des marges qui n'ont pas bougé. Mais tout cela n'aurait aucun impact sur le prix. Concernant la distribution, nous sommes dans un secteur très bien maîtrisé Il n'y a pas de risques. Que répondez-vous aux accusations de lancées par le député pjdiste qui reproche aux distributeurs de tricher et de profiter de la Caisse de compensation? Ce monsieur n'a aucune idée sur ce qu'il raconte. Ce sont des sociétés de renom, dont un certain nombre de multinationales spécialisées qui agissent dans ce secteur. Tout ce qui concerne les subventions est clair et transparent Ce sont des choses fixées d'un commun accord avec les pouvoirs publics, avec des audits et des contrôles réguliers. Ce serait plutôt à nous de nous plaindre. Nous n'arrêtons pas d'envoyer des réclamations pour qu'on nous rembourse les frais financiers qui sont de 1 MMDH par an, ce qui est énorme. La réforme de la compensation tarde à voir le jour. Quelles sont vos attentes ? Nous avons toujours plaidé pour la libéralisation des produits pétroliers. Pour nous, la compensation devrait même disparaître. Ainsi, il n'y aura plus de polémique.