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L'Or flambe!
Publié dans Les ECO le 14 - 06 - 2011

par aziz saidi nInvestisseurs, ne touchez pas à l'or, il flambe ! Depuis quelques temps, en effet, le cours de l'or atteint des sommets vertigineux. Il culmine désormais à plus de 1.500 dollars l'once. Porté par une tendance haussière ininterrompue, il semble épouser l'un des trois axiomes de Pierre de Coubertin: Toujours plus haut. Valeur refuge par excellence, la crise a conforté le trend de cette matière, et les incertitudes persistantes sur la conjoncture économique renforcent son attractivité auprès des professionnels et surtout des spéculateurs.
Au Maroc, cet état de fait ne manque pas de créer un impact sur l'activité de la joaillerie au Maroc. «Chez nous, les cours suivent la même tendance. Il y a, toutefois, une petite différence, d'environ 9 dirhams, entre le cours à l'international et les prix d'approvisionnement des ateliers», observe un professionnel, qui avance que le gramme se négocie actuellement entre 272 et 275 DH dans les marchés marocains. Cette différence est expliquée par le fait que le prix du marché est public à l'international, alors que les petits ateliers locaux achètent l'or sur place. «La quasi-totalité de notre approvisionnement en or se fait en reprise de casse», explique le patron d'un atelier qui déplore l'absence d'un centre d'achat officiel. Bank Al-Maghrib remplissait naguère cette fonction, elle ne le fait plus depuis les années 80. Aussi, les professionnels sont obligés de se débrouiller par eux-mêmes en entrant en contact avec ceux qui souhaitent revendre leurs vieux bijoux en or directement. Le seul circuit officiel par lequel l'approvisionnement est possible reste les ventes aux enchères organisées de temps à autre par l'administration des douanes.
Cette administration est en fait en charge du contrôle dans le secteur, et les fabricants doivent lui déclarer leur source d'approvisionnement. Impact sur l'activité Cependant, la question du contrôle reste épineuse et l'informel gagne du terrain à la faveur de la flambée des cours, vu que celle-ci a un impact indéniable sur l'activité. «Les petits fabricants ferment petit à petit et les grands ajournent leurs projets d'expansion», argue un professionnel. Les grandes enseignes semblent moins touchées que les petits fabricants, d'autant qu'elles recourent généralement à des bijoux déjà travaillés. Elles les négocient au prix de gros et bénéficient de l'effet d'échelle vu qu'elles s'approvisionnent en grande quantité. Elles peuvent aussi recourir à la couverture sur cette matière première précieuse ou tout du moins renforcer leurs stocks pour se prémunir des soubresauts du marché international. Toutefois, l'impact est là, et l'annulation de certains projets d'investissement en showroom ou en unités de production est un indice édifiant sur les difficultés auxquelles elles font face même si leur cible n'est pas aussi sensible à l'élasticité des prix que l'est la clientèle des petits fabricants.
Toujours est-il que selon nos sources, certaines usines basculeraient vers la production du plaqué or, alors qu'elles ne sont autorisés qu'au travail de l'or. D'aucuns fustigent aussi le recours pour certains fabricants au poinçonnage par eux-mêmes de leur production. «Ils y avaient recours, pour la plupart, pour éviter de payer la taxe à l'administration des douanes, mais cela fait peser le risque de trafic dans le nombre de carats», pourfendent-ils. Pour contourner la flambée de l'or et maximimser les gains, un circuit parallèle est donc clairement en train de s'installer. L'or directement à son extraction de la mine est à 24 carats, certains pays comme l'Arabie Saoudite produisent de l'or 21 ou 22 carats, vu leur niveau de vie élevé, alors que le Maroc a pris comme norme l'or à 18 carats. D'autres pays adoptent une norme allant jusqu'à 14 carats pour s'adapter au pouvoir d'achat local. «Vu les niveaux de cours actuels, il serait opportun de revoir la norme des carats au Maroc pour coller au pouvoir d'achat des Marocains», argue un fabricant qui déplore l'atonie du marché depuis près de deux ans. Un été difficile À l'aube de la saison estivale marquée habituellement par une certaine effervescence, les professionnels s'alarment. «L'été est traditionnellement la saison des mariages, nous y réalisons nos plus gros chiffres de l'année.
Toutefois, depuis l'année dernière, nous constatons une baisse significative de notre chiffre d'affaires», explique un joaillier. À 400 DH le gramme minimum, les clients ne se bousculent pas au portillon, et même quand ils le font, c'est généralement pour des parures plus légères. Ainsi, là ou la parure moyenne avoisinait les 200 grammes il y a quelques années, elle tourne plus autour des 80 grammes actuellement. À moins d'une inflexion de la tendance haussière des cours de l'or, la situation n'est pas près de s'arranger et l'or renforcera son statut de produit de luxe, et les mariées se suffiront de parures de plus en plus légères... Quant à l'or en tant que placement refuge pour les épargnants, c'est une autre paire de manche (voire interview ci-dessous).
«On va assister à une explosion de l'or sur les prochaines années»: El Mostafa Belkhayate, Analyste chartiste, trader sur les marchés internationaux et gérant du fonds Mansa Moussa.
Les Echos quotidien : Qu'est-ce qui a fait basculer l'or d'une valeur refuge à un objet de spéculation ?
El Mostafa Belkhayate : L'or n'a jamais basculé dans la spéculation et n'y basculera jamais. Il s'agit d'un produit de placement sur le long terme. Les banques centrales ont arrêté d'en vendre et certaines ont commencé à augmenter leur stock d'or, comme l'Arabie saoudite qui a doublé l'année dernière sa réserve d'or sans crier gare. L'or restera toujours une valeur refuge, bien qu'il ait été manipulé entre 1980 et 2000. Mais là, la manipulation n'est plus possible car ceux qui ont joué ce jeu sont désormais étranglés par la hausse imparable du roi des métaux.
La spéculation peut-elle faire craindre une chute des cours ?
Non, l'or ne peut plus chuter car justement ceux qui l'achètent ne cherchent pas à tirer des profits immédiats. Les acheteurs accumulent l'or et attendent avec confiance. Ils ne sont pas pressés car ils savent qu'il ne peut que monter et monter encore. Bien sûr il peut baisser de quelques centaines de dollars par once, mais c'est négligeable par rapport à la hausse potentielle qui se profile.
Quelles sont vos prévisions pour l'évolution du cours de l'or dans les prochains mois, voire les prochaines années ?
L'or se dirige vers 1.800 USD l'once d'ici la fin de l'année puis cassera certainement la barre des 2.000 en 2012 et, surtout, ira casser celle des 3.000 USD vers la fin 2012. On va assister à une explosion de l'or sur les prochaines années tout simplement parce que nous sommes déjà entrés dans l'ère de l'étalon or, alors que des experts financiers ne s'en rendent même pas compte. L'or devient de plus en plus recherché par les banques centrales et les détenteurs des bons du Trésor américains (chinois, japonais, russes et arabes).
Tout le monde sent que c'est la fin du règne du dollar, mais on essaye de rester discret... Ceux qui ont manqué de discrétion à ce sujet l'ont payé très cher : Kadhafi ne cachait pas son ambition de créer la monnaie africaine basée sur l'or, DSK rendait officielle la nouvelle selon laquelle il n'y avait pas d'or dans les réserves d'or US, etc.
Certains analystes soutiennent que les banques centrales sont passées, ces dernières années, d'une position acheteuse à une position vendeuse ...
Voilà une information totalement erronée!!! Les banques centrales bien au contraire sont aujourd'hui acheteuses d'or. Elles ont compris leur énorme erreur d'avoir prêté leur or contre 1% à The Bullion Banks US qui ont immédiatement vendu cet or à partir des années 1980 pour acheter des T-Bonds US qui rapportent entre 5 et 7%. Ces banques encaissaient la différence tranquillement tout en faisant baisser de manière artificielle le cours de l'or. Mais depuis que l'or a cassé la barre des 800 USD, ces banques sont en train d'agoniser et l'on va assister les prochaines années, peut-être même les prochains mois, à une liste de faillites de banques américaines qui aujourd'hui distribuent de l'or papier (et non pas physique) pour compenser les demandes de remboursement en or de leurs créanciers. Seulement, l'or papier ne représente même pas 1% de l'or physique existant. Voilà pourquoi l'or cache un scandale 100 fois supérieur à l'affaire Madoff. Je dénonce cette situation d'ailleurs depuis que je suis rentré au Maroc, voilà 10 ans. L'or va mettre à genoux la civilisation dollar. Et ceux qui n'y croient pas vont le payer très cher. Je pense en particulier aux fortunes du Moyen-Orient pour lesquelles le billet vert est encore sacré.
Une intervention chinoise peut-elle atténuer le trend haussier du cours de l'or ?
La Chine est le premier acheteur d'or au monde, suivie de près de l'Inde, la Turquie, la Russie et les pays d'Amérique latine.
La Chine cherche à se débarrasser de ses dollars sans s'attirer la foudre américaine et sans le précipiter trop vite vers le bas. Elle achète discrètement mais sûrement. Je suis dans l'or depuis 20 ans et je peux vous dire que chaque jour qui passe, il y a moins d'or physique sur les marchés internationaux. Bientôt, il sera impossible d'en trouver. Aujourd'hui, 99% de ceux qui croient acheter de l'or n'achètent en réalité qu'un jeu d'écriture. Ils achètent de l'or papier et découvriront demain qu'ils n'ont acheté que du papier.
Quel impact peut avoir l'évolution du cours de l'or sur les opérateurs marocains ?
Le Maroc est totalement absent du marché de l'or et, comme je l'ai souvent écrit, cette erreur de jugement nous coûte 17 milliards USD, soit l'équivalent de notre dette extérieure. Le fait que nous soyons sous-exposés en or dans nos réserves de changes (moins de 4% seulement d'or alors que la moyenne mondiale est de 11%, la France par exemple 50% et le Liban 35%) est un frein pour le pays. L'exposition or de notre pays est un enjeu sous-estimé par nos dirigeants. L'or se dirige vers 5.000 USD et surtout il va progresser contre toutes les devises, euro compris. Et il est primordial que cette question soit à l'ordre du jour du Conseil des ministres. Sinon nous ramerons à contre-courant.
Que proposez-vous au pays ?
J'ai constitué un fonds d'or physique avec la première banque d'or au monde, qui peut servir mon pays en priorité. Qu'on me convoque et je viendrai accompagné de la direction de cette banque suisse, qui est d'ailleurs également la banque de notre banque centrale. Le fait de ne pas prendre de décisions est la plus dangereuse spéculation qui soit. Elle coûte cher à notre pays... et surtout risque de coûter davantage si l'on persiste à rester passifs. Le monde financier se dirige vers l'inéluctable que nous devons anticiper.


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