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Salaheddine Mezouar s'explique
Publié dans Les ECO le 26 - 06 - 2011

Les Echos quotidien : Vous êtes actuellement en campagne pour le référendum du 1er juillet prochain et, à l'instar des autres formations politiques, vous avez tenu et animé plusieurs meetings dans plusieurs villes du royaume. Quels sentiments vous animent, à mi-parcours de votre campagne ?
Salaheddine Mezouar : Le RNI a décidé de faire un programme qui touche l'ensemble des régions avec des meetings locaux et régionaux. Nous nous sommes réparti les tâches de manière à ce que les responsables du parti tiennent des rencontres de contact et d'explications avec la population et que le président puisse assister à une ou deux rencontres par région afin d'assurer la couverture de tout le territoire national. L'objectif du RNI est clair, nous adhérons fortement à cette Constitution puisque nous sommes partie prenante dans tout le processus de consultations, propositions mais également de débats ayant conduit à sa rédaction. Nous considérons, à ce titre, que c'est un tournant historique dans la construction démocratique de notre pays et, par conséquent, il est indispensable et même fondamental pour notre parti, qui est une importante formation sur l'échiquier politique national, de s'associer comme par le passé à cette marche pour l'édification d'un Maroc moderne et résolument démocratique. Nous voulons donc être présents et en force pour faire adhérer les citoyens à son contenu mais également aux perspectives qu'elle ouvre à travers une dynamique sociale et collective pour l'émergence d'institutions véritablement démocratiques. Nous sommes tous responsables de ce chantier qui offre à notre pays l'opportunité d'entériner la phase de transition démocratique en nous engageant désormais dans un processus de normalité politique.
Néanmoins, votre tournée a connu quelques difficultés au début, principalement à Casablanca ou El Jadida où le RNI a été accusé d'avoir recouru à des méthodes peu orthodoxes pour mobiliser la population en faveur de la Constitution...
Le RNI était la première formation politique à organiser des rencontres de grande ampleur, notamment à Casablanca qui est une grande ville avec plusieurs sensibilités. Les responsables locaux du parti ont tenu à réunir toutes les conditions pour que le meeting se passe dans d'excellentes conditions, mais vous conviendrez avec moi que des rencontres de ce genre qui rassemblent de six à sept mille personnes connaissent assez souvent de petites failles. Malheureusement, certains en ont profité pour tenter de saboter l'évènement qui était, je le rappelle, le premier du genre organisé au niveau national pour la campagne référendaire. Cela a d'ailleurs servi d'alerte aux partis politiques mais également aux autorités sur les risques d'incidents qui peuvent survenir. Heureusement, il n'y a pas eu d'incidents majeurs mais plutôt des tentatives de perturbation et je tiens à préciser, à ce niveau, que le RNI n'a aucune responsabilité dans ces actes. Contrairement à ce qui a été véhiculé, il ne s'agit pas de problèmes internes au niveau du parti et surtout pas de fausses promesses de dîner pour les participants. Nous l'avons affirmé dès le départ, il s'agit d'une campagne référendaire, pas électorale, et nous avons tenu à rester dans le cadre strict du respect de cette campagne en assurant tout naturellement le minimum pour la population qui s'est mobilisée comme dans toute manifestation.
Certains estiment que c'est dû aussi à votre participation au gouvernement actuel dont le bilan est sévèrement et régulièrement critiqué par les protestataires, notamment en matière de politique socioéconomique comme l'emploi des jeunes par exemple...
Nous sommes dans un contexte de revendications qui peuvent s'exprimer de différentes manières dont celle de perturber le déroulement de la campagne afin qu'elles soient plus visibles puisque les meetings sont des occasions opportunes pour certains d'être plus visibles et donc d'exister. Certains en profitent, en effet, pour se faire remarquer ou être écoutés. Pour notre part, nous assumons tout cela avec lucidité et avec beaucoup de courage puisqu'il s'agit d'un véritable combat pour notre pays avec l'objectif de résorber les difficultés. Ce qui n'est pas simple, surtout au vu des déficits qui se sont accumulés depuis plusieurs années et dont la résolution nécessite un engagement collectif ne serait-ce que pour tenir compte de toutes les revendications et apporter des réponses concrètes aux aspirations légitimes des citoyens. Le problème de l'emploi des jeunes, par exemple, est une réalité sur laquelle le gouvernement a travaillé et continue de travailler encore à travers une dynamique de décision dans un contexte assez difficile marqué par une crise sociale et surtout économique. Mais ce n'est pas à travers la politique de subvention ou celle de l'emploi par l'Etat que nous allons arriver à définitivement y remédier. Aucun pays au monde ne peut, d'ailleurs, se hasarder à moyen ou long terme dans cette logique puisque cela finira par plomber son économie. On ne recrute pas, parce qu'il y a juste des demandeurs d'emplois. Au Maroc, le secteur privé a commencé à prendre le relais parce que l'Etat s'est trouvé confronté à un nombre de plus en plus croissant de demandeurs d'emplois qui arrivent sur le marché du travail. Et en dépit du contexte que j'évoquais tout à l'heure, le gouvernement a maintenu la dynamique de stabilisation de l'économie nationale en poussant l'effort pour maintenir, également, l'effort d'investissement afin de créer plus d'emplois pour nos jeunes. Cela n'a probablement pas été satisfaisant par rapport à l'étendue des demandes mais ce n'est pas en bloquant la machine qu'on va résoudre l'équation de l'employabilité des jeunes et au-delà celle des déficits sociaux.
Revenons au projet de Constitution en faveur duquel le RNI s'est empressé d'appeler à voter. Qu'est-ce qui justifie le choix de votre parti ?
C'est une Constitution qui constitue pour nous un pas considérable dans la construction démocratique de notre pays parce qu'elle permettra de consolider tous les acquis en la matière. Elle se traduira par la responsabilisation de l'ensemble des acteurs politiques et des nouvelles institutions représentatives qui seront créées. Ces nouvelles responsabilités ont été clarifiées et renforcées à travers plusieurs aspects touchant à la séparation des différents pouvoirs ainsi qu'au renforcement des prérogatives du gouvernement et du Parlement, de même que l'indépendance de la justice. Les nouvelles règles du jeu politique sont de nature à créer un cadre pour la promotion de la justice sociale, de l'équité ou du libéralisme économique, pour ne citer que ceux-là, qui apporteront une nouvelle dynamique politique et socioéconomique positive. Parce qu'elles permettent de libérer les énergies et donc de renforcer la confiance des investisseurs, ce qui se traduira par une dynamique d'investissement dont notre pays a plus que jamais besoin. Le Maroc, je le réitère, a besoin d'une dynamique plus accentuée et soutenue de réformes en vue de résorber les déficits sociaux et spatiaux, ce qui nécessite un cadre serein, stabilisé et un véritable engagement citoyen. Sans ces conditions préalables, aucun gouvernement, le meilleur qui soit, ne pourrait parvenir à des résultats satisfaisants. Si le citoyen ne se sent pas concerné et ne s'inscrit pas dans cette dynamique, il y aura toujours quelque chose d'inachevé et je demeure convaincu que ce que nous sommes en train de faire et de vivre, aujourd'hui, va aider notre pays à aller plus vite de l'avant. La cohésion gouvernementale doit être solide plus que jamais, et l'implication des responsables locaux plus soutenue dans le cadre d'une véritable décentralisation accompagnée d'une déconcentration effective pour que les réponses soient rapidement apportées aux revendications socioéconomiques des citoyens. Il faut que cette décennie soit, pour notre pays, une décennie de changement de cap définitif.
Est-ce à dire que le RNI opèrera un repositionnement, notamment par rapport à son positionnement et à l'élargissement de sa cible électorale ?
Le nouveau contexte impose, nécessairement, aux partis politiques un repositionnement, une ouverture beaucoup plus forte, ne serait-ce que pour leurs nouvelles responsabilités. Les partis politiques doivent incontestablement se moderniser davantage dans le cadre de la mise en œuvre des nouvelles dispositions constitutionnelles et du fonctionnement des institutions démocratiques. Il y a un an et demi, lors de notre congrès, le RNI a décidé de s'ouvrir et d'élargir sa cible afin de s'adapter au nouveau contexte et ainsi développer les compétences et les élites régionales et locales parce ce que c'est d'ailleurs là le véritable enjeu futur du Maroc. Maintenant, c'est aux élites de s'impliquer et d'être partie prenante dans ce processus. Le RNI, à l'instar de toutes les formations politiques, a le devoir de se réformer et de montrer un nouveau visage afin de démontrer sa capacité d'écoute du peuple et de conduire un travail de proximité, mais également sa capacité de proposition et d'action sur le terrain à travers une logique de rationalisation du champ politique et partisan. C'est cela qui va crédibiliser l'action politique et réhabiliter les partis aux yeux des citoyens. Il faut donc plus de concentration politique, c'est-à-dire plus de pôles qui se construisent pour donner de la cohérence et de la visibilité à l'action politique. Et, à mon avis, c'est cette dynamique que notre pays est appelé à vivre les prochaines années.
On parle sans cesse d'alliances entre le RNI et plusieurs formations politiques, notamment l'UC, le PAM et même tout récemment le PJD. Avec quel parti êtes-vous officiellement avancés dans les pourparlers ?
Sur toutes les questions d'alliances, le RNI a été très clair dès le départ. Nous sommes dans une alliance gouvernementale et nous l'assumons. Néanmoins, cela ne nous empêche pas de concevoir des alliances stratégiques avec des partenaires sur la base de convictions partagées qui vont dans le sens de cette rationalisation du champ politique. Nous avons initié un travail avec l'Union constitutionnelle (UC) qui est maintenu et se consolide. De même, comme nous l'avions dit depuis, que le PAM était également notre partenaire stratégique et rien n'a changé jusque-là. Maintenant, nous sommes dans une dynamique qui exige qu'on aille vers quelque chose qui soit structuré et consolidé avant les élections. On ne peut pas changer de contexte et rester dans les paradigmes d'avant. Il est fondamental de travailler avant les futures échéances pour que les Marocains sachent à qui et à quelles alliances ils ont affaire. Nous allons travailler pour qu'un pôle soit clairement constitué avec un programme commun et des propositions gouvernementales qui traduisent nos engagements pour les citoyens.
À propos de nouvelles élites pour lesquelles tous les avis sont pratiquement unanimes, notamment pour porter le chantier de régionalisation, comment votre parti appréhende-t-il cette problématique ?
Nous allons travailler comme doit le faire un parti politique moderne, c'est-à-dire recruter, former et encadrer nos militants. Nous allons également constituer des équipes de travail et développer nos réseaux de manière à impliquer les citoyens au niveau de chaque région autour des programmes régionaux que nous voulons définir sur la base des priorités relatives aux atteintes des citoyens. Ces programmes porteront une dimension économique puisque notre position s'est, depuis toujours, articulée autour d'une approche économique régionale et sociale intégrée de telle façon que chaque région ait une stratégie qui sera développée par ses propres moyens et puisse mobiliser ses ressources pour gagner la confiance et donner de la visibilité aux investisseurs nationaux et internationaux. Tout cela se fera à travers une vision et une dynamique de débats et de propositions de proximité avec les citoyens pour que nous soyons le plus efficaces possible.
Après le référendum viendront les échéances électorales, les législatives et communales précisément, qui cristallisent tous les enjeux. Où en est le RNI dans les préparatifs de ces élections cruciales pour l'avenir du Maroc ?
Nous sommes en plein travail dans ce cadre. Notre équipe est en train de finaliser le programme du RNI qui sera certainement décliné au mois de juillet ou au plus tard début août. Il y aura un programme central et des déclinaisons préparées par nos équipes régionales à travers une véritable synergie de façon à sortir un produit cohérent et qui tienne compte des spécificités locales tout en apportant des propositions concrètes aux aspirations des citoyens.
Le RNI se retrouve régulièrement ces derniers jours sur le devant de la scène nationale en mettant en avant tous les projets portés par le gouvernement, surtout ceux qui ont un aspect relativement positif, certains vous accusent de prendre de l'avance en perspective des prochaines élections voire parfois une tentative de vous approprier le bilan gouvernemental...
Le RNI n'a jamais fonctionné ainsi et ne le fera jamais. Ce n'est pas dans notre culture puisque nous avons, toujours, été solidaires avec nos partenaires et avons respecté l'esprit de l'équipe gouvernementale, sans aucune arrière-pensée. Je suis actuellement ministre des Finances et si j'ai travaillé avec ce genre de calculs, nous n'aurions sans doute pas atteint le résultat auquel nous sommes parvenus avec les autres ministères qui relèvent d'autres formations politiques de la majorité gouvernementale. Donc, j'ai fonctionné avec les autres partis dans la loyauté et la sincérité. Nous avons privilégié l'intérêt général et respecté à la lettre les engagements du gouvernement comme contenu dans la déclaration de politique générale déclinée par le Premier ministre et également les orientations royales de manière à ce que le travail qui a été fait soit une propriété de l'ensemble du groupe, c'est-à-dire le bilan du gouvernement. Le RNI ne tombera pas dans ce piège et même si certains le font, nous ne le ferons jamais. Je suis un membre du gouvernement Abbas El Fassi et je reste solidaire jusqu'au bout en assumant, en toute responsabilité, les bons comme les mauvais points, et en toute lucidité.


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