Le continent dispose d'un taux de pénétration mobile assez significatif en matière de télécoms. Les perspectives de développement de l'internet haut débit ouvre une nouvelle niche des plus prometteuses pour le développement de la téléphonie mobile. Il s'agit d'un enjeu de taille tant pour les autorités que pour les opérateurs et autres prestataires de services. Le développement de l'internet mobile en Afrique sera la nouvelle niche d'expansion des entreprises du secteur et un véritable relai de croissance économique. C'est la principale conclusion d'une étude que vient de réaliser le cabinet Bearing Point qui ouvre ainsi une fenêtre sur les perspectives prometteuses de ce secteur en Afrique ainsi que les énormes potentialités pour les opérateurs qui sauront bien se positionner sur le continent. Il s'agit là d'une nouvelle confirmation du potentiel d'expansion et de développement des opérateurs du secteur sur le continent puisque plusieurs études sont venues mettre en lumière la spectaculaire avancée enregistrée en Afrique ces dernières années en matière d'expansion de l'internet ou du GSM. C'est ce que relève d'ailleurs l'étude qui souligne ainsi qu' «en Afrique, le déploiement de la téléphonie mobile et le succès du GSM auprès du grand public, ont été l'un des événements majeurs de ces dernières années». D'après Jean-Michel Huet, analyste chez Bearing Point, le bilan est même déjà flatteur pour le continent, avec 160 opérateurs présents dans le paysage local des télécoms, soit 3 opérateurs par pays. Pourtant, ajoute le coordinateur de l'étude, «l'aventure ne fait que commencer : c'est désormais le développement de l'internet mobile qui est attendu». L'étude intitulée : «les enjeux des télécoms dans les pays émergents», met en avant le fait que ces enjeux ne concernent pas uniquement le nombre de clients ou le taux de pénétration, des critères jusqu'ici mis en avant pour justifier le potentiel dont recèle le continent en la matière. «Le succès des télécoms est une véritable opportunité de désenclavement, de renforcement des pays dans les échanges internationaux, et plus globalement de développement économique et sociétal», souligne-t-on à Bearing Point. Saut quantique Selon les données compilées, en 1992, «75% des pays africains n'avaient aucun réseau mobile et les 25% restant étaient en situation de monopole». Cinq ans plus tard, 95% de ces pays disposent d'un réseau mobile, même si 75% étaient encore en monopole. En 2002, il ne restait plus que 20% de monopoles et aujourd'hui, celui-ci ne concerne que moins de 10% des pays». Les opérateurs qui étaient jusqu'à cette époque en position de quasi-monopole se retrouvent aujourd'hui dans un contexte marqué par une rude concurrence qui profite aux consommateurs, notamment à travers la baisse du prix des diverses prestations et l'amélioration des services et des prestations offertes. Aujourd'hui en Afrique, le taux de couverture téléphonique dépasse dans certains pays celui de l'accès à l'électricité et se situe au même niveau que celui de l'accès à l'eau courante ! «Le taux de pénétration des télécoms en Afrique est au niveau de celui de l'accès à l'eau courante (64%), et il est largement supérieur à celui de l'accès à l'électricité (40%) ou à un compte en banque (21%)», a constaté l'étude. En 2011, la barre des 50% de taux de pénétration a été franchie en Afrique subsaharienne, celle des 100% en Afrique du Nord, pour s'établir à 68% sur le continent. Il est vrai que cela cache des disparités en fonction des zones géographiques. C'est ainsi que si le taux de pénétration est de 99% au Maghreb, il est seulement de 31% en Afrique subsaharienne. Aussi, cette répartition est marquée par un clivage entre les zones urbaines avec un taux de 69%, alors qu'il n'est que de 25% en zone rurale. Avec ce niveau, le potentiel de la téléphonie mobile est presque assez exploité sauf que selon les autres statistiques de l'étude, c'est là où réside le créneau le plus prometteur. Le continent ne représente encore que 5% des utilisateurs d'internet dans le monde et son accès par le haut débit fixe est encore peu développé en Afrique. La moitié des utilisateurs sont concentrés dans les économies émergentes comme l'Afrique du sud. Ce retard qu'accusent les pays africains offre une nouvelle opportunité, principalement pour les opérateurs et les prestataires de services. Le développement de l'internet mobile se profile déjà avec l'installation progressive des infrastructures comme la fibre optique ou les câbles sous-marins déjà opérationnels au niveau de plusieurs pays ou régions. «Nous sommes convaincus que dans le domaine de l'Internet, l'Afrique connaîtra le même «saut quantique» que celui observé sur la voie du développement accéléré de l'Internet mobile», anticipe Bearing Point. Selon les auteurs de l'étude, ce développement qui se traduira par une sorte de désenclavement des différentes zones géographiques du continent par l'internet fixe haut débit est de nature à se transformer en véritable enjeu pour les autorités politiques, notamment en raison des opportunités qu'il offre en matière de développement socioéconomique des pays africains. Nouvelles niches Les perspectives d'expansion de l'Internet mobile en Afrique constituent donc une nouvelle niche. «Le déploiement des réseaux 3G, 3,5G, 4G, quelle que soit la famille technologique retenue, constitue l'enjeu technologique majeur de la décennie en Afrique», a relevé Bearing Point, qui souligne par ailleurs que seuls 11% des Africains ont encore accès à l'internet. L'accès haut débit constitue également un autre enjeu pour les gouvernements, mais aussi pour les opérateurs et les prestataires de services. Il faut dire que plusieurs géants mondiaux s'intéressent de plus en plus au continent, comme le géant Google et peaufinent des services dédiés. Parallèlement les autorités des différents pays africains multiplient les efforts pour profiter pleinement de l'expansion du secteur. Selon Bearing Point, le marché de la téléphonie mobile produit actuellement 7% des recettes fiscales totales en Afrique subsaharienne. L'influence des télécoms sur la croissance économique des pays africains n'est plus à démontrer. Les auteurs de l'étude ont, par la même occasion, démontré comment les téléphones mobiles contribuent au développement de nouveaux usages en Afrique, ce qui agrandit la marge de manœuvre des opérateurs et prestataires de services. Presque tous les secteurs sont désormais investis par l'utilisation des services télécoms grâce notamment à la téléphonie mobile. Qu'il s'agisse de l'éducation à distance ou du télé-enseignement, de la santé, des services financiers ou bancaires, le développement des télécoms et particulièrement des services liés à la téléphonie mobile a de beaux jours devant lui sur le continent. Aux opérateurs de savoir bien se positionner en misant entres autres sur les investissements et surtout sur l'innovation afin de concevoir ou développer des solutions adaptées au continent, comme par ailleurs dans le monde.