L'instauration de mesures protectionnistes resterait toutefois insuffisante, selon les analystes, notamment face au spectre du renchérissement du coût des intrants. Les retards enregistrés dans le lancement des investissements publics en infrastructure, le ralentissement de l'investissement privé dans la construction sociale et dans les travaux publics, la dégradation de la situation économique de la zone euro et la montée de la concurrence sont autant d'éléments qui influent négativement sur le secteur de la sidérurgie au Maroc. Les signes d'essoufflement des activités se sont renforcés à la mi-2012, alimentés par le recul significatif de la consommation et par conséquent, l'utilisation des facteurs de production. Pour les professionnels, cette tendance s'inscrit dans la continuité du marasme, enclenché en 2008, ayant entraîné le secteur dans une phase de ralentissement conjoncturel. Ainsi, au terme de la deuxième moitié 2012, la contraction de l'activité a été plus prononcée. La valeur ajoutée a connu, durant les deux derniers trimestres de 2012, des régressions annuelles de 1,6% et 0,5% respectivement. Relativement jeune mais fortement capitalistique, le secteur de la sidérurgie a permis au Maroc de se positionner parmi les pays les plus autonomes au monde, en matière de production d'acier. Les investissements cumulés ont atteint 13,3 MMDH pour l'ensemble du secteur (segment des aciers longs et segment des aciers plats), ce qui a permis d'accompagner les grands programmes de construction et d'infrastructures engagés depuis des décennies. Ces investissements concernent principalement les activités de laminage et d'aciérie et contribuent à l'intégration du secteur, tout en favorisant sa compétitivité au niveau international. Une pression par le prix Au terme de l'exercice 2012, le secteur mondial de l'acier a été marqué par la hausse de la production de 1,2%, à 1,548 milliard de tonnes. Cette croissance est portée essentiellement par l'Asie et l'Amérique du Nord, tandis que la production brute d'acier est en retrait de près de 9% dans l'Union européenne. Concernant le marché local, celui-ci s'est caractérisé en 2012 par le démantèlement douanier avec l'Union européenne, favorisant les importations en provenance de l'Europe du Sud, la dégradation des prix de vente internationaux, engendrant une pression sur le prix du marché national et une tension sur les liquidités ayant conduit à un resserrement des conditions d'assurance de couverture clients, ainsi que le retard du lancement des investissements publics en infrastructures. Ainsi, le secteur de la sidérurgie a été touché en 2012 par la montée en flèche des importations en provenance d'Europe du sud. De plus, les sidérurgistes ont subi l'effet de la baisse des prix de la billette et du rond à béton dans un contexte de marges de laminage, certes en amélioration, mais toujours insuffisantes. Pour faire face à cette situation défavorable, l'Association des sidérurgistes du Maroc «ASM», a déposé au début du deuxième semestre 2012 une requête de clause de sauvegarde relative aux importations de rond à béton et de fil à machine, auprès du ministère de l'Industrie, du commerce, et des nouvelles technologies. Actuellement, le ministère vient de fixer les quotas ouverts aux importateurs «37.000 tonnes pour le fil machine et 10.500 tonnes pour le rond à béton». Ainsi, en termes de perspectives, l'instauration de mesures protectionnistes resterait toutefois insuffisante, selon les analystes, notamment face au spectre de renchérissement du coût énergétique en cas de décompensation du prix de l'électricité industrielle. De plus, le secteur du BTP devrait connaître un fléchissement au titre de l'année 2013, en raison du ralentissement de la croissance du secteur immobilier à court terme, suite à l'assèchement de la liquidité bancaire, à l'essoufflement des IDE dédiés au secteur immobilier et au recul de la cadence des investissements publics en infrastructure, tenant compte de coupes budgétaires de l'ordre de 15 MMDH. Diversification des sources d'approvisionnement Pâtissant de la recrudescence de la concurrence, aussi bien locale que celle des importations (ces derniers détiennent une part de marché de 15% en moyenne en 2012), Sonasid, société cotée du secteur, place la distribution parmi ses principaux axes stratégiques depuis 2011. En amont et dans le cadre de la diversification de ses sources d'approvisionnement en ferraille, la société développe de nouvelles niches, notamment le démantèlement de navires et l'import en provenance de l'Afrique. Une première expérience de démantèlement de navires a été opérée en 2012, permettant d'exploiter 1.600 t de ferraille et de réaliser, selon son top management, un gain de 250 dirhams par tonne. Côté investissements, le groupe compte mobiliser une enveloppe globale de près de 75 MDH en 2013 visant l''augmentation de la capacité et la substitution énergétique à travers l'utilisation d'huiles usagées. D'autres chantiers, tel que le solaire, le thermique à base de fumées et les pneus déchiquetés sont à l'étude en vue d'atteindre un taux de substitution de 10%. Plus d'éléments sur le déroulement seront fournis par le management de Sonasid lors de la présentation des résultats semestriels, prévue début septembre.