Tahraoui : 88 % des Marocains disposent d'une assurance maladie    Match amical: Victoire des Lionnes de l'Atlas face au Cap-Vert    Botola : Le Raja consolide sa place de leader, l'AS FAR se contente d'un nul    Le temps qu'il fera ce dimanche 8 mars 2026    Un revers cinglant pour le régime algérien : annonce de la formation du premier gouvernement kabyle en exil    Coopération sino-africaine : l'heure de la modernisation stratégique à l'aube du 15e plan quinquennal    Moody's relève la perspective du Maroc à « positive »    Souffian El Karouani espère retrouver les Lions de l'Atlas    TFC – OM : Nayef Aguerd et Bilal Nadir absents du groupe marseillais    Lions de l'Atlas : le nouveau staff de Mohamed Ouahbi se précise    Banques : le déficit de liquidité s'allège    Des millions de dollars pour soutenir la prise en charge des personnes âgées et améliorer leurs conditions de vie en Chine    La guerre contre l'Iran propulse les prix mondiaux du pétrole vers les 100 dollars le baril    Casablanca-Settat : De nouvelles zones industrielles à Mohammedia et Benslimane    Face à la flambée des prix du brut, Washington lève certaines restrictions sur le pétrole russe    Pêche continentale : ouverture officielle de la saison 2026-2027, dimanche 8 mars    l'Iran présente ses excuses après des frappes contre les pays voisins du Golfe    Le CRI de Marrakech-Safi lance le Hackathon "Mémoire, patrimoine, innovation & investissement"    Gianni Infantino salue le parcours de Walid Regragui à la tête du Maroc    Les Etats-Unis vont "quadrupler" la production d'armements perfectionnés    Le président des Émirats arabes unis : « Nous sortirons plus forts de la guerre »    Spanish PP proposes Ceuta's inclusion in 2030 World Cup activities    Marruecos condena los ataques de drones iraníes contra Azerbaiyán    El PP español propone integrar a Ceuta en actividades del Mundial 2030    Maryame El Moutamid, l'astrophysicienne marocaine à la conquête de nouvelles planètes    Diaspora #431 : Najma, l'âme marocaine derrière l'artiste NAJ    Bourse : le MASI entame mars sur une baisse marquée    Le Maroc condamne les frappes de drones iraniennes contre l'Azerbaïdjan    Appel à une enquête internationale après la mort de Marocains par l'armée algérienne    Mondial 2030 : la droite espagnole tente de provoquer le Maroc    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    L'Ethiopie inaugure le premier commissariat de police « intelligent » d'Afrique    Le Maroc réaffirme son soutien à la sécurité du Golfe et condamne les attaques iraniennes... Un entretien entre Bourita et le secrétaire général du CCG illustre la solidité du partenariat stratégique    Entretien téléphonique entre Nasser Bourita et Serguei Lavrov    Maroc-Espagne : Suspension des liaisons maritimes entre Tarifa et Tanger en raison des intempéries    Alerte "Coachs dormants" !    Trump exclut tout accord avec l'Iran sans « capitulation inconditionnelle »    Burundi : Un plan pour rapatrier 100.000 réfugiés    Inondations : 15.000 familles bénéficient des aides financières directes    Mohamed Ouahbi à la tête des Lions de l'Atlas avec João Sacramento comme adjoint    « Rass Jbel » : quand la légende de « Al Hayba » prend racine au Maroc    Comediablanca revient à Casablanca après une tournée internationale remarquée    L'armée US prévoit une domination « totale et absolue » du ciel iranien    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Bilan du gouvernement. Un ftour chez El Otmani
Publié dans Les ECO le 17 - 05 - 2019

Saad-Dine El Otmani, chef de gouvernement, a reçu les médias pour un ftour et une discussion à bâtons rompus autour de bilan de son gouvernement à mi-mandat. Chronique d'une soirée ramadanesque
Dans ce genre d'exercice, les règles du jeu ne sont pas écrites, mais elles sont connues. L'homme politique veut réussir sa communication en se livrant le moins possible. De leur côté, les journalistes sont à l'affût de scoops et de coulisses de la gestion des affaires publiques. Le 15 mai en soirée, à la résidence du chef de gouvernement, chacune des parties est venue avec ses intentions et priorités. Le sujet du jour, «Le bilan du gouvernement à mi-mandat» est rapidement passé au second plan.
El Otmani, en défenseur
El Otmani, comme les journalistes, fera la part belle à la presse et à son rôle d'animation du débat public. Une échappatoire face à un El Otmani réservé et prudent, comme à l'accoutumée. Il est 18h. El Otmani se présente au salon marocain de sa résidence. Revêtant costume et cravate bleu marine, le chef de gouvernement vient de terminer une longue journée de travail. Les journalistes et quelques personnalités conviés à ce ftour sont déjà installés, armés de leurs nombreuses questions. Petit moment de silence. Le chef de gouvernement brise la glace: «Est-ce que je commence par vous poser des questions ?», lance-t-il pour démarrer la discussion. Sa première question: «Comment avez-trouvé le bilan de mi-mandat ?», demande-t-il. Silence chez les journalistes. Les premières questions fusent. El Otmani répète ses éléments de réponse habituels: «Le gouvernement a des réalisations importantes durant cette période très courte. Nous accumulons des retards qui sont des héritages du Maroc depuis l'Indépendance ». Rapidement, les questions des journalistes s'orientent vers un éventuel remaniement ministériel. El Otmani nie en bloc: «Je n'ai eu aucune discussion avec les chefs de parti à ce sujet. Certes, le débat a été entamé à un certain moment avec la possibilité de revoir la structure des secrétaires d'Etat. Sauf que cette piste a été aussitôt abandonnée pour plusieurs raisons. Depuis, nous avons été pris par plusieurs dossiers, notamment le dialogue social et la préparation du bilan de mi-mandat». Les journalistes persistent et signent. El Otmani lâche finalement: «Nabil Benabdellah est le seul à avoir évoqué le sujet. Je l'ai appelé et on va pouvoir clarifier les choses prochainement».
El Khalfi, en technicien
Les questions s'enchaînent et s'orientent vers des sujets «techniques » comme la régulation des GAFA au Maroc, le modèle économique de la presse et, surtout, le plafonnement des prix des carburants. Dans ce registre, Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement, vient à la rescousse du chef de gouvernement. Le ministre PJD maîtrise les dossiers et apporte chiffres et détails techniques, et surtout un discours bien rodé. Sur le dossier de la SAMIR comme sur celui de la régulation de la GAFA, El Khalfi temporise et renvoie les journalistes à la complexité de ces dossiers. Les journalistes reviennent sur le terrain politique et notamment la cohésion de la coalition gouvernementale. Sur ce thème, El Otmani se montre irrité: «La presse réserve une trop importante place à ce thème. C'est un non-sujet. Notre coalition est la plus apaisée et cohérente de ces dernières décennies », estime-t-il. Et d'ajouter: «Je ne comprends pas pourquoi la presse donne trop d'importance à ce sujet». Les interrogations du chef de gouvernement font l'impasse sur le rôle de la presse dans une société en construction démocratique. Les médias en tant que «quatrième pouvoir» ont pour mission de faire le suivi honnête de la vie politique et ses péripéties. Les nombreux soubresauts des composantes de ce gouvernement s'inscrivent pleinement dans cette mission. C'est l'heure de la rupture du jeûne. «On passe à table pour continuer la discussion », invite notre hôte. El Otmani change de registre. Il prend de la hauteur par rapport de l'actualité. Il troque la casquette de chef de gouvernement pour celle de docteur en médecine. El Otmani tente de décrypter la société marocaine avec le regard du psychiatre. «Cette défiance vis-à-vis du gouvernement tire ses origines de la relation conflictuelle entre le Makhzen et les tribus. Pourtant, les choses ont bien changé», avance-t-il. El Otmani enchaîne avec une longue analyse sur la nature de l'Etat ainsi que la place et la responsabilité de l'individu.
Daoudi, en sauveur
À ce moment de la soirée, son discours est inaudible auprès de l'assistance, il se transforme en monologue. Survient le sauveur de la soirée, en la personne de Lahcen Daoudi, toujours ministre des Affaires générales et de la gouvernance. Les visages s'illuminent. La soirée risque de devenir intéressante. Daoudi se présente habillé d'un kamis (habit traditionnel). Il prend place à côté du chef de gouvernement. Le ministre démissionnaire enchaîne les blagues avec les journalistes. Daoudi taquine El Khalfi sur ses origines doukkalies. Les regards se tournent désormais vers le ministre des Affaires générales. Au coeur des questions, le plafonnement et la compensation. Et le bilan de mi-mandat ? Otmani reprend la parole: «Nous allons vous envoyer une synthèse du bilan pour mieux mesurer notre action durant ces deux ans et demi», suggère- t-il. Les journalistes acquiescent, sans conviction. Et si le problème du bilan était celui du fond et non de la forme ? À méditer.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.