Omar Hilale élu président de la Commission de consolidation de la paix    Intempéries: Sur Hautes Instructions Royales, les FAR déploient des unités d'intervention appuyées de matériels, d'équipements et d'engins nécessaires au transport des populations touchées et à leur hébergement    Conseil d'Association Maroc-UE : L'UE salue le rôle de SM le Roi, Président du Comité Al-Qods, et souligne l'importance de l'Initiative Royale pour l'Atlantique    Déclarations de patrimoine : un dispositif mieux respecté, mais encore dépendant des relances    Des chiffres solides reflètent la résilience du secteur culturel en Chine en 2025    Maroc : le taux de remplissage des barrages dépasse 55 % après les dernières pluies    La Cour des comptes met en garde contre un déséquilibre structurel des régimes d'assurance maladie    Sous pression financière, l'OMS lutte pour maintenir ses priorités    Iran: l'UE pourrait inscrire les Gardiens de la révolution comme "organisation terroriste"    Coupe de la CAF : Le Wydad leader en force, l'OCS gère sa course    Discipline à géométrie variable : la CAF recule devant le chaos    OM : Benatia parle de "honte" et renvoie les joueurs à leurs responsabilités    Sidi Kacem : Les équipes d'urgence et les autorités locales interviennent pour faire face aux inondations de l'oued Sebou    Sous les Hautes Instructions Royales... Mobilisation maximale de la Commission nationale de veille pour faire face aux inondations et protéger les citoyens sinistrés    Forum parlementaire Maroc-France : Les nouveaux horizons de la coopération bilatérale en débat    Finances publiques : Le déficit budgétaire ramené à 3,5% du PIB en 2025    Barrages : Plus de 5,8 millions m3 d'apports en eau    Sahara : L'UE adopte une position commune    Maroc-UE : Bourita confiant sur les perspectives positives du partenariat    Agadir: Lancement de la première plateforme de chirurgie robotique au CHU Mohammed VI    Semaines du film européen : L'Europe s'affiche en haut de l'affiche    Film : «Valeur sentimentale», le Grand Prix du cœur et du silence    Démolition du siège de l'UNRWA : onze capitales demandent la protection des installations de l'ONU à Jérusalem-Est    Huile d'olive : la chute des prix redonne de l'air aux ménages marocains    Maltem Africa : une nouvelle phase de croissance à dimension internationale    Partenariat Maroc – UE : la 15ème session du Conseil d'Association s'ouvre aujourd'hui à Bruxelles    CAN 2025 : le verdict disciplinaire et les sanctions de la CAF au cœur de la polémique au Maroc    CAN Maroc 2025. plus de 6 milliards de vues sur les réseaux sociaux    CAF sous pression : des sanctions symboliques pour masquer le malaise    Après le Sénégal, la CAF inflige une deuxième claque au Maroc [Edito]    La Ligue offre une récompense de 50 euros pour tout signalement de diffusions illégales de matchs    Immigration en France : le Maroc en tête des premiers titres de séjour en 2025    Akhannouch reçoit les présidents du Parlement français    Crise alimentaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel : la FAO alerte    Soin, emploi et égalité : le CESE alerte sur un secteur encore invisible    Amine Tahraoui préside la session ordinaire du CA du Centre des sérums et vaccins    Inundaciones en Ksar el-Kebir: estado de alerta tras el desbordamiento del río Loukkos    After Senegal, CAF hands Morocco a second blow    Después de Senegal, la CAF da una segunda bofetada a Marruecos [Edito]    L'armée algérienne annonce avoir tué trois Marocains à Béchar    Rabat: Ouverture du 5e Forum parlementaire Maroc-France    Réhabilitation du site de Sijilmassa : Jet Contractors décroche un marché de 156 MDH    CASA WE ART 2025 : clôture en apothéose de la 2ème édition    Amazighe : un dictionnaire de 7.900 termes pour l'administration    Eclosion, ou l'art d'explorer l'indomptable    Témoin de mariage : une comédie contemporaine sur l'amitié, le couple et les non-dits    Rabat, capitale du partenariat maroco-sénégalais    Kech El Oudaïa accueille une soirée de dégustation chinoise avec le soutien de l'OFPPT    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Appel de détresse depuis Algésiras
Publié dans Les ECO le 22 - 02 - 2012

Depuis trois mois, un décor peu habituel règne dans le port d'Algésiras. Quatre bateaux appartenant à l'entreprise maritime Comarit-Comanav sont assignés à quai par les autorités de ce port. Objets de saisies conservatoires pour des créances impayées, les navires Ibn Batouta, Al Mansour, El Boughaz et Banasa, battant tous pavillon marocain, sont retenus contre les quais espagnols. Cependant, il n'y a pas que les bateaux qui ne sont plus autorisés à larguer les amarres. Les 120 marins marocains, qui forment l'équipage de ces navires, sont eux aussi cloués au sol dans des conditions lamentables. La critique situation financière que traverse l'armateur marocain a fini par s'abattre sur ses employés. Les réserves de victuailles des navires se sont déjà amenuisées et l'électricité est devenue un luxe à bord, à cause du manque de provisions en carburant. Cela sans parler de l'absence d'eau, une denrée rare que l'équipage se démène à préserver. «Cela fait deux semaines que nous ne prenons plus de douches pour économiser nos dépenses en eau potable», raconte la jeune lieutenant, Asmae Jlilat, au bord des larmes. Une odeur nauséabonde se dégage de l'un des bateaux à cause des sacs-poubelles amassés à l'entrée. À l'intérieur, les navires ressemblent à des bateaux échoués et l'absence d'éclairage donne des frissons aux visiteurs. L'équipage ne tient plus le coup après trois mois de blocage contre les quais d'Algésiras. Au début de la crise, l'entreprise acheminait des vivres au compte-gouttes, mais aujourd'hui, les marins survivent grâce à la charité des associations caritatives espagnoles. Outre cette situation d'abandon par l'armateur, les marins disent ne plus percevoir leurs salaires et ceci depuis trois mois. Cette situation a alerté la Fédération internationale des ouvriers du transport, l'ITF. L'Organisation, dont le siège est à Londres, a mandaté ses représentants établis en Espagne pour venir en aide aux délaissés. Une conférence de presse a aussi été organisée pour jeter la lumière sur ce calvaire et lancer un appel aux autorités marocaines pour qu'elles interviennent. D'après José Ortega, le représentant de l'ITF en Espagne, la situation est plus que dramatique. «Nous avons rendu visite aux marins et nous avons constaté que la situation dans laquelle ils se trouvent est lamentable. Ni nourriture, ni accès aux médicaments, et les réserves d'eau sont épuisées», explique-t-il. Grâce à l'intervention des syndicats espagnols, les fournisseurs ont accepté de ravitailler en carburant quelques bateaux afin de tenir quelques jours. Une situation provisoire qui ne rassure guère les concernés. Au fil des jours, le désarroi s'accentue et l'équipage abandonné est encore plus désemparé. D'autant plus qu'ils regrettent que les autorités marocaines ne se soient pas encore manifestées. «Nous nous sommes rendus au consulat d'Algésiras pour solliciter de l'aide, en vain.
Personne n'a daigné nous recevoir. Nous sommes des Marocains en difficulté et notre Etat doit venir à notre rescousse», regrette Bencheki Aziz, qui a à son actif 26 années d'ancienneté au sein de la Comanav. Pour comble de malheur, l'équipage n'est pas autorisé à abandonner les navires, sinon les marins seront licenciés pour abandon de poste et perdront ainsi leurs droits et leurs indemnités. Outre cette situation d'abandon, les marins parlent de véritables drames sociaux au sein de leurs familles laissées au Maroc. «Nous sommes coupés de tout contact avec nos familles, lesquelles souffrent aussi. C'est scandaleux», s'indigne ce marin. Certains salariés de l'armateur sont menacés par les banques de saisie de leurs biens pour défaut de paiement. «La dégringolade de notre situation remonte à bien longtemps. Depuis l'acquisition de Comanav par Comarit, nos acquis ont accusé un coup dur. Nous avons appris à nos dépens que l'entreprise procédait à des rétentions sur nos salaires sans pour autant honorer ses engagements vis-à-vis de la CNSS et de la CIMR, se lamente le Merz Said. L'équipage a adressé une lettre au ministre du Transport mais la réponse se fait toujours attendre. «L'on ne compte pas abandonner le navire. Nous voulons les arriérés de nos salaires et que nos droits soient protégés», exige Said Nogochy, lieutenant-mécanicien et le reste de ses compagnons de fortune. En attendant une issue à leurs problèmes, ils broient du noir dans des navires qui ont fait jadis la fierté de la flotte maritime marocaine.

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.