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La grippe de A à zut !
Publié dans Les ECO le 08 - 12 - 2009

Aujourd'hui, j'ai beaucoup de mal à commencer cette chronique. En fait, mon problème, en général, c'est que je n'aime pas que mon humeur du jour influe sur mon billet d'humeur quotidien. Car, croyez-le ou pas, moi, j'ai une éthique. Elle est toute simple et pourrait se résumer en 2 mots : objectivité et rigueur. Peut-être que ça vous fait marrer qu'un insolent impertinent comme moi, soit soucieux de ce type de valeurs, plutôt de conservateurs. Mais, si vous relisez tous mes anciens délires, vous allez vous rendre compte que, tout aussi farfelu que je puisse vous paraître, je n'écris sur quelque chose ou sur quelqu'un que si je suis à peu près convaincu et plus ou moins sûr de ce que je vais écrire. Oui, je suis un billettiste objectivement rigoureux. Et vice versa. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Eh bien, j'ai envie d'écrire sur cette désormais tristement renommée grippe porcine, mais mon état actuel me pose problème : je suis grippé grave. Oh, rassurez-vous, c'est juste une grippe « normale », je veux dire celle qui vous fout à bas le moral parce que vous avez partout mal, que vous avez une fièvre de cheval, que votre nez coule comme un canal, et qui peut - c'est ça qui est marrant – peut-être vous être fatale. Justement, mon problème est là : entre 2 grippes, toutes les deux très cochonnes, pourquoi avantage-t-on l'une sur l'autre ?
Je ne suis pas un scientifique pour deux sous, mais, probablement comme vous, j'ai suivi avec un intérêt sans fin et une attention non feinte tout ce qui a été dit et écrit sur cette grippe dénommée bizarrement A, sans doute parce que ce n'est que le début de notre calvaire, nous autres les pauvres humains sans défense et, jusqu'à aujourd'hui, sans vaccin, et le commencement de l'enrichissement sans limite des grands laboratoires sans morale et, comme toujours, sans vergogne. Grippe A comme «Ah, maman j'ai très mal et je me supervide !» Ou, pire, A comme «Ah chéri (e) je vais clamser et tu vas me remplacer très vite !». Alors, disais-je, après avoir tout lu et tout entendu, je suis, vraisemblablement comme vous, un peu perdu. Que faire ? En vérité, la question que je me pose n'est pas de savoir si je dois me faire vacciner contre cette vraie fausse maladie mortelle ou ignorer cette fausse vraie pandémie fatale, car les vaccins, en tout cas, il n'y en a pas. Il n'y en pas encore, à ma connaissance, pour les Marocains du Maroc. Mais, si vous avez la chance d'être des Marocains résidents en France, ou, encore mieux, des Français habitant au Maroc, vous serez vaccinés, et si cette satanée grippe s'avère ne pas être du bidon, vous allez être sauvés ! Quant à nous, on nous promet 10 millions de vaccins pour... bientôt. Tout vient à point pour qui sait attendre. Après tout, diraient les optimistes, il n'y a eu, jusqu'à présent, «que» 2.000 victimes. Oui, mais si Brel chantait, il y a quelques années : «Ils sont plus de deux mille et, je ne vois qu`eux deux», moi, depuis le premier mois, je ne vois qu'elle : Madame la ministre chargée de la santé des Marocains, et, donc, accessoirement, de la mienne défaillante. Franchement, j'ai l'impression qu'elle est insouciante quant à nos soucis, r'batis, doukkalis ou soussis. Pour moi, il n'y a qu'une seule explication : elle doit être sûrement vaccinée contre tous les remous qui remuent les remueurs comme nous. Excusez-moi, je délire. Je crois que j'ai une remontée de fièvre. Priez pour moi.

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