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Le textile cherche une porte de sortie
Publié dans Les ECO le 10 - 11 - 2010


Le secteur du textile, frappé de plein fouet par la crise économique présente aujourd'hui plusieurs faiblesses, mais également des forces sur lesquelles il peut s'appuyer pour rebondir. En effet, selon Laetitia Jacquetton (fashion designer et consultante), dans sa présentation lors de la rencontre organisée par l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (Amith), l'industrie du textile au Maroc se caractérise par la stabilité de sa main-d'œuvre et sa forte qualification en matière de lingerie et de gestion de produit. La rencontre avait justement pour thème «Comment développer le potentiel textile-habillement marocain et renforcer la création de valeur ajoutée ?». Le secteur présente en effet des facultés importantes au niveau de sa capacité d'adaptation, de réactivité, de flexibilité et de possibilité de traiter les petites et moyennes séries. Il est également fiable et sait maîtriser les délais quand la matière première est disponible. Ces deux derniers points sont le principal handicap du secteur. Dans un pays non producteur de coton, les industriels sont à la merci des exportateurs, mais également des logisticiens et douaniers, ce qui influe lourdement sur leurs délais de réception de matière première et, par ricochet, leurs exportations de produits finis. Autre bémol du secteur, la faible qualification de la main-d'œuvre au niveau du modélisme, stylisme ou encore de l'ingénierie textile, en général, qui est très développé dans les pays concurrents du Royaume. À cela s'ajoute la faiblesse de l'intégration du personnel européen au niveau des entreprises marocaines. Un manque que déplorent les acheteurs sondés par Laetitia Jacquetton, et qui représentent, pour eux, un critère de compréhension de la culture européenne. Certains acheteurs qui n'ont pas de relations avec les industriels marocains ont, également, une image négative du produit fini marocain, qu'ils jugent pauvre, faible en style et en qualité. En termes de coût, la main-d'œuvre au Maroc demeure chère, évaluée à près de 2,89 dollars/heure contre 2,12 dollars en Tunisie et 1,85 dollars en Bulgarie. Toutefois, le prix moyen des articles marocains importés par l'Union européenne est plus faible que celui de la Tunisie «en raison notamment de la faiblesse de la valeur ajoutée de ceux-ci», explique Laetitia Jacquetton. Evoluant dans un marché en pleine crise, les premiers clients du Maroc ont accusé le coup. Les exportations d'habillement du Maroc ont baissé de 10% en 2008, de 12% en 2009, en ligne avec la baisse des importations européenne de l'ordre de 17%. Le seul pays qui arrive à tirer son épingle du jeu est la Turquie, qui a su développer un savoir-faire de pointe, mais également des marques propres, se rabattant ainsi sur le marché interne. Ce modèle (celui de la Turquie) est, selon les intervenants, un modèle à suivre. Ces derniers souhaitent ainsi inciter les producteurs marocains à penser à produire leurs propres marques grâce à une présentation sur ce concept à forte valeur ajoutée. Sur l'ensemble des premiers fournisseurs de la France, le Maroc représente une facture de 0,513 million d'euros alors que la Tunisie, bien qu'elle ait perdu deux points, représente une facture de 0,517 million d'euros. Au niveau de la zone méditerranéenne et européenne, le Maroc se classe huitième après la Tunisie et loin derrière la Turquie (3e).

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