Epris de mots et d'écriture, Mounir Ferram vient de publier son troisième livre À Zagora, aux Editions de l'Oliveraie. Un livre aussi touchant que ses deux premiers Ivresse des Nuits (Editions Saint-Germain-des-Près) et Les racines de l'Espoir (éd. L'Harmattan), bien accueillis par les critiques et le public. À Zagora se veut un récit émouvant sur cette perpétuelle quête du bonheur intérieur. Vertigineux aussi, tant dans l'écriture irisée de rêves que dans la construction où se dessine une histoire à la fois simple et complexe, celle de François dont les «repères s'écroulent» et qui tente tant bien que mal de changer son «sort», de repartir à zéro, de commencer une vie ailleurs. François vit le «mal-être», nous rappelant Antoine Roquentin dans La Nausée de Jean-Paul Sartre. «Il se rend compte que son âme est effeuillée, nue et jonchée sur des terres désertes. La fraîcheur s'est détournée de lui comme la lumière du jour. Il s'était jeté à corps perdu dans un tourbillon d'efforts dénonciateurs de toute quiétude [...] Comment se libérer de ce lourd encombrement qui l'asservit à une fausse existence ? La duplicité est une soif que rien ne sait étancher... Elle enchaîne à une fièvre avide de reconnaissances... suivie d'échec et de solitude», lit-on dans le roman. Exister pleinement mais autrement Et puis, vint sa rencontre avec Hamid et Aïcha. Une rencontre si riche sur le plan humain, que François ressent soudainement «un appel intérieur : ne pas céder, se relever, même si la lueur de l'espoir est mince, quasiment imperceptible...» Commence alors une nouvelle page, celle de l'enseignement «simple, fort et poignant de la vie, qui détourne de tout, sauf de l'humain». Et c'est à Zagora que le «mal-être» commence à se dissiper, que le héros renoue avec le sens profond de la vie : exister pleinement mais autrement. Destination jadis inconnue et soudainement détentrice de rencontres humaines passionnantes, complexes et mystérieuses, Zagora inspire François qui au fil du temps, semble faire la paix avec lui-même. Et c'est Zagora aussi que s'annonce la maladie grave de la femme de notre héros alors que la perspective désastreuse de la souffrance de sa fille unique l'effraye. Dans À Zagora, Mounir Ferram ne cesse de tourner autour de la table pour nous offrir une savoureuse et cruelle galerie de portraits. Voici Hamid et Aïcha, qui par leur simplicité, marquent à jamais François. Voici Bilal, l'un des personnages émouvants du roman qui contribue, à sa manière, à cette quête du bonheur... Des personnages attachants qui permettent au roman de prendre une dimension «percutante» dès les premières pages.