C'est une nouvelle que l'on n'attendait plus. Et pourtant, elle est tombée, brutalement, dans la soirée de mardi, un verdict suspendu depuis trop longtemps. Le Maroc est champion d'Afrique. Cinquante ans après, la deuxième étoile est enfin là. Mais il reste, malgré la fierté immense, un goût étrange, presque inachevé. Car oui, la décision est juste. Elle est même la victoire du droit, du règlement, de l'équité. Cette finale avait été dénaturée, brisée par des scènes qui n'avaient rien à voir avec le football. Il fallait que justice soit rendue. Elle l'a été. D'ailleurs personne, aujourd'hui, ne conteste le fond juridique de ce sacre. Et que cela serve de leçon : ce qui s'est passé ce soir-là ne devra plus jamais se reproduire. On espère que ce verdict marquera un tournant, qu'il imposera davantage de rigueur et d'ordre dans le football africain. Mais voilà, le football n'est pas qu'une affaire de textes. C'est une émotion brute, un frisson collectif. Et cette joie-là nous a été enlevée. Celle du coup de sifflet final, celle des cris, des larmes, des embrassades. Celle des rues envahies, des drapeaux brandis. Cette CAN, on l'a gagnée, oui... mais pas comme on l'avait rêvée. Et pourtant, cette équipe marocaine a été immense tout au long de la compétition. Dominatrice, séduisante, solide. Elle avait déjà prouvé, bien avant la finale, qu'elle méritait ce titre. Et au-delà du terrain, le Maroc confirme aussi son poids : une nation forte, respectée, qui compte désormais aussi dans les équilibres du football africain. Cela dérange, forcément. Un mot, enfin, pour Walid Regragui. Merci coach. Tu aurais été moins critiqué si Diaz avait transformé son penalty. Peut-être serais-tu encore en poste si la décision de la CAF était tombée plus tôt. Peut-être aussi que ton départ a été suspendu, quelque part, à ce verdict que tout le monde attendait. Cette étoile, tu la mérites. Hicham Bennani / Les Inspirations ECO