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Virage serré pour Benkirane
Publié dans Les ECO le 08 - 06 - 2012

Un président du gouvernement qui demande un entretien sur les ondes cathodiques publiques, c'est que l'heure est grave. Pour Abdelilah Benkirane, pourtant, la sortie médiatique sur Al Aoula, 2M et la chaîne régionale de Laâyoune, était tout à fait normale. Il s'agissait, mercredi soir, de passer un message important «aux Marocains». La période transitoire, en l'absence de la loi organique du gouvernement, se dresse encore une fois pour jeter du flou sur les motifs légaux qui ont permis à Benkirane de donner une interview qui avait toutes les apparences d'un débat à sens unique. Le principe de l'indépendance de médias publics qui demeurent ouverts à toutes les tendances politiques impose en effet que les distances soient bien gardées entre les médias et les besoins politiques urgents du gouvernement. L'invité spécial des trois chaînes marocaines a dû chercher tous les arguments pour convaincre les Marocains de la plus importante hausse des prix des hydrocarbures durant les 30 dernières années.
Cette décision «douloureuse», selon le président du gouvernement a épargné les couches défavorisées qui restent la principale préoccupation de la Caisse de compensation. Ayant réussi à ne pas sombrer dans la pure démagogie, le leader du PJD a voulu montrer que son équipe fonctionne selon une logique solidaire implacable. Les modalités de la réforme de la Caisse de compensation qui concernent directement les ministères de Baraka, Boulif et El Azami El Idrissi semblaient être bien assimilées par Benkirane qui avait sur lui plusieurs statistiques et prévisions concernant l'effet cascade de la hausse des prix du transport des marchandises. Sur ce point le chef de l'Exécutif a promis la fermeté, ouvrant par là un nouveau front dans la guerre que son gouvernement mène contre l'économie de rente et la corruption. Sans indiquer les moyens qui vont permettre de contourner les effets néfastes de la décision prise par le gouvernement sur le pouvoir d'achat des ménages, les chiffres rapportés par le président du gouvernement tournaient tantôt sur le RAMED, tantôt sur les 12 MMDH consacrés par l'Etat à la subvention du gaz butane. L'identification des couches devant bénéficier de la Caisse de compensation «ne sera pas aisée, mais elle n'est pas impossible.
D'ici la fin du mandat du gouvernement les aides directes seront versées à condition que les personnes ciblées disposent d'un compte bancaire ou postal», a révélé Benkirane. Même si le sujet central de l'émission était relatif à la réforme de la Caisse de compensation, le président du gouvernement a trouvé des astuces pour basculer vers d'autres sujets qui sont l'objet de désaccords entre les formations politiques de la majorité et celles de l'opposition, une divergence qui a éclaté au grand jour au sein de la Chambre des conseillers, laquelle a été pratiquement paralysée à cause de l'absence d'un calendrier précis pour son renouvellement. «Je demande aux communes de retrouver la cadence normale de leur travail», a-t-il dit pour tenter de mettre fin à l'attentisme nuisible qui prévaut au sein des instances locales élues. «Les conclusions de la commission Consultative régionale ne me sont pas obligatoires. On doit se mettre d'accord sur le nombre des futures régions», a mentionné le président du gouvernement.
«Laissez-moi parler !»
Par sophia akhmisse
«Attendez ! Laissez-moi finir d'abord ! Il faut que j'explique aux Marocains, les Marocains doivent comprendre...». Les traits tirés, mordant sur ses lèvres, c'est un Abdelilah Benkirane tendu qui s'est adressé, mercredi soir, aux Marocains.. Taillé en costume cravate aux couleurs plutôt austères, le chef de gouvernement se balance sur sa chaise de gauche à droite, un mouchoir blanc froissé dans son poing gauche, histoire de dégager le stress. On commence à s'habituer à certains de ces «tics», mais on remarquera ce soir là, du moins au début de l'entretien, le regard baissé de «l'Invité spécial». Face à lui, Fatima Baroudi et Jamaa Goulahssen, respectivement journalistes de la SNRT et de 2M. D'emblée, les journalistes plantent le décor : «plus de trois mois après la nomination du nouveau gouvernement avec à sa tête Abdelilah Benkirane, plusieurs décisions ont été prises. Certaines ont été applaudies, d'autres nourrissent encore la polémique. De l'autre côté, des citoyens qui attendent des explications et des éclairages quant à ces décisions, ainsi que d'autres qu'on leur avait promises». Le ton de Baroudi est ferme, l'heure est grave, serions-nous tentés de dire. Benkirane, lui, entre directement en matière. Des propos clairs et précis, une cadence lente et des gestes anguleux sans être agressifs pour accompagner la parole voire carrément la soutenir. À mesure que le chef de l'Exécutif déroule ses arguments, son front se déride et ses traits se détendent face à des journalistes qui tendent attentivement l'oreille. Mais, «le cours de Caisse de compensation» est interrompu lorsque Goulahssen tente d'intervenir. «Laissez-moi finir !», renchérit Benkirane. «Mon rôle est de mettre en place les réformes nécessaires, quoi qu'il en coûte à notre popularité». Néanmoins, les propos qui suivront démontreront qu'être populaire lorsqu'on est Abdelilah Benkirane n'est pas très compliqué. Le chef du gouvernement axe l'essentiel de son discours sur les pauvres, les démunis, les veuves, les étudiants, les chômeurs, les femmes divorcées et les malades, et bien qu'à mesure qu'il déroule ces chiffres, bloquant la plupart des interventions des journalistes, Abdelilah Benkirane s'éloigne de cette population, parlant d'investissements, de positionnement du Maroc à l'international, de classement mondial, il lui suffira de retourner sa fiche, évoquant les (non) changements des prix des fruits et légumes, pour qu'il redevienne le «Benkirane des bois». Lunettes au bout du nez, l'invité spécial échange tour à tour sa casquette de chef de gouvernement pour celle de chef de famille. «Nous sommes comme dans une famille, si le père ne sait pas gérer les dépenses, il perd son indépendance et c'est le tribunal qui intervient» schématise-t-il. En fin de compte et après 56 minutes de (quelques) questions et beaucoup de réponses, le Benkirane tendu du début a échangé son siège avec un Abdelilah qui plaisante volontiers sur sa vie privée «rien n'a vraiment changé dans ma vie après les 100 jours, à part la cravate à laquelle je me suis d'ailleurs habituée», conclut-il calé au fond de son fauteuil, le visage satisfait de sa mission, avec à la main gauche son mouchoir blanc humide, sa paire de lunettes et ses fiches en papier, roulées en tube. Mission accomplie ?
Ses nouveaux calculs...
Après la sortie médiatique du chef de l'Exécutif pour annoncer que le dossier de la réforme de la Caisse de compensation est désormais entre ses mains, de nouvelles perspectives s'ouvrent pour ce chantier qui semble vouloir dépasser cette étape de mécontentement à la fois populaire des syndicats et des professionnels. Dans sa démonstration arithmétique devant les médias publics, Benkirane a voulu donner les indicateurs qui ne trompent pas sur sa parfaite maîtrise technique et budgétaire de ce chantier, qui a toujours été esquivé depuis l'alternance, en plus de la responsabilité politique que le chef de la majorité gouvernementale a voulu engager durant cette étape. «En l'absence d'une telle décision le déficit budgétaire atteindrait les 7,5%», a argumenté le président du gouvernement, qui ne pouvait pas tolérer la détérioration d'un indicateur très sensible de la loi des finances 2013, dont la nouvelle lettre de cadrage est actuellement en préparation. Le timing de la hausse est donc réfléchi selon la logique du gouvernement. «La hausse des prix des carburants est une décision à portée limitée étant donné qu'elle ne se répercutera pas sur les prix du transport des personnes et des marchandises. Le gouvernement s'engage à assurer sa mission de contrôle pour lutter contre toutes formes de spéculation», a proposé le chef de l'Exécutif afin de protéger les consommateurs. La baisse attendue des prix du baril du pétrole donne encore des ailes aux estimations optimistes du gouvernement afin de récupérer d'autres reliquats pour soutenir l'effort financier de la caisse durant les 6 derniers mois de cette année 2012. La campagne agricole peu clémente cette année, avec un repli de -6% de la valeur ajoutée agricole, devrait peser sur les perspectives de croissance du PIB.
19 milliards d'arriérés
La nouvelle décision de répercuter sur les consommateurs les frais d'ajustement des dépenses de la caisse n'élimine pas pour autant toutes les inquiétudes du gouvernement. La somme des arriérés s'élève en effet à 19 MMDH à fin avril 2012, alors qu'ils étaient de l'ordre de 14 MMDH à fin 2011, lesquels n'ont pas été soulevés durant cette étape, au moment où le gouvernement a dit opter pour des démarches concertées avec les professionnels pour le paiement de ses créances. À fin avril 2012, les dépenses de la caisse ont totalisé un montant de 16,5 MMDH, soit un taux de réalisation de 52%. Les arriérés réclamés par le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), quant à eux, s'élève à 19 MMDH à fin avril 2012. Selon les estimations de l'Exécutif et en plus de l'économie de 5 MMDH générée par la récente augmentation des prix à la pompe, le rythme d'évolution mensuel moyen devrait s'étioler pour s'établir à 3,5 MMDH, soit un montant de 42 MMDH en 2012, sans compter les arriérés.
Ses promesses...
Compensation et couches défavorisées
«Je pense que les couches ciblées par la Caisse de compensation pourront bénéficier de leurs aides avant la fin de ce mandat. Je rappelle que l'Etat paiera des pensions aux femmes divorcées dès cette année avec une dotation de 150 MDH».
Dialogue social et investissement public
«Nous avions le choix soit de ne pas mettre en application les accords du 30 avril 2011 soit de réduire les dépenses d'équipement. Les deux solutions étaient impossibles, car cela devrait se faire au détriment des projets d'infrastructures de base».
Climat des affaires
«Je veux faciliter la vie à l'entreprise et marquer un retour de la confiance. Durant toutes mes rencontres avec les dirigeants de la CGEM, j'ai tenu à transmettre ce message».
Elections régionales et locales
«Les préparatifs pour les prochaines élections nous renvoient, d'après les estimations de Laenser, vers l'horizon de juin 2013. Je ne peux pas encore avancer de date. Il faudra savoir que la loi organique sur la régionalisation et d'autres lois demandent des solutions concertées. Je ne pouvais pas prendre l'initiative de rédiger ces lois de manière unilatérale».
Créances de l'Etat
«Il y a 30 MMDH d'arriérés de paiement, et nous avons pu récupérer durant cette année près de 900 MDH. Les modes amiables du recouvrement des créances publiques seront favorisés».
Les élections en ligne de mire
Les objectifs, pour l'instant tempérés, de Benkirane en l'absence d'un agenda politique laissent entendre que le parti de la lampe est prêt à «se sacrifier», pour le reste de sa majorité. Le conseil national du PJD qui se réunit en session extraordinaire le 15 juin sera une occasion en or pour Benkirane de déceler les échos de sa première décision impopulaire auprès des militants. Le comité des élections du parti est parvenu pour sa part à tracer sa feuille de route pour les prochaines élections, qui tient compte surtout de l'alliance gouvernementale. La charte de la majorité sera à nouveau à l'épreuve. Le département de Laenser donne l'impression qu'il détient «en exclusivité» l'estimation du temps nécessaire pour baliser le terrain juridique de la future Chambre des conseillers qui est le principal foyer de l'opposition parlementaire. La prochaine session interviendra parallèlement au congrès de l'Istiqlal, ce qui n'exclut pas une action concertée entre les deux partis qui détiennent à deux les postes ministériels clés au sein du gouvernement.


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