Le nouveau film de Mohamed Âahd Bensouda fait partie des 14 heureux longs métrages participant à la 11e édition du Festival national du film à Tanger, qui se tiendra du 23 au 30 janvier. Premier long métrage du cinéaste, «Moussem lamchaoucha» part d'une intrigue classique pour rendre hommage à une pratique sportive traditionnelle mal connue. C'est l'histoire de Slimane, charpentier de son état, et de Saâdia, fille d'un riche marchand fassi, Haj Lamfadel. Eperdument amoureux l'un de l'autre, ils ne voient pas venir le vilain Taboukh, puissant marchand de bétail et grand champion de lamchaoucha. Ce dernier redouble de malice pour piéger Haj Lamfadel et l'obliger à lui donner sa fille chérie en mariage. Les événements s'ensuivent et l'affrontement fatal a lieu chez le père: les deux prétendants en arrivent à s'affronter en duel... lors du moussem des Lamchaoucha, la grand-messe des lutteurs marocains traditionnels. Cette manifestation exceptionnelle avait lieu chaque année lors du Moussem de Moulay Driss à Fès. Et c'est là l'un des points forts de ce film: son côté nostalgique, qui permet aux spectateurs de découvrir l'univers mal connu de ces champions de lutte purement marocaine. Abdallah Ferkous, très à l'aise dans le costume de Taboukh, paraît dans son élément avec ce nouveau rôle. Convaincant, paradoxalement comique, il a su incarner le mal à sa façon ! Son charmant rival Slimane, joué par Hicham Bahloul, essaye tant bien que mal à donner la réplique à ce personnage fort. Mais la prestation de Bahloul, manquant de piquant contrairement à son habitude, le laisse un peu sur sa faim ! On se demande d'ailleurs ce qui a pu altérer la verve de cet acteur talentueux. Les beaux costumes, les décors réussis, la justesse du jeu de Ferkous, d'Amidou (Haj Lamfadel) et de Rim Chmaôu, surtout vers la fin du film, les beaux plans de Mohamed Âahed Bensouda constituent autant de raisons pour aller voir ce film.