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Trois nouvelles installations à découvrir au MACAAL
Publié dans La Vie éco le 03 - 02 - 2026

Le Musée d'Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) a l'honneur de présenter, le 8 février 2026, trois nouvelles installations ainsi qu'une nouvelle sélection d'œuvres issues de sa collection dans le cadre de son parcours permanent.
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Seven Contours, One Collection, inauguré en février 2025, réunit une centaine d'œuvres de la collection du MACAAL et explore sept grandes thématiques, telles que la décolonisation, la spiritualité, les enjeux écologiques et les mouvements afro-diasporiques. À travers une diversité de médiums, parmi lesquels la peinture, la sculpture, la photographie, la vidéo, le textile et l'installation, Seven Contours, One Collection met en dialogue des artistes modernes et contemporains tels que Josèfa Ntjam, Sammy Baloji et Chaïbia Talal, affirmant l'engagement du MACAAL à rendre l'art contemporain africain accessible au public.
Dans son parcours permanent, le MACAAL réserve trois espaces à des installations temporaires en résonance avec les thématiques du musée. L'Atrium accueille Statues Also Breathe, un projet sculptural collaboratif de l'artiste Prune Nourry, accompagné d'un documentaire retraçant sa réalisation. L'escalier du musée investi par Crazy Lines, une installation in situ signée Yassine Balbzioui. L'Artist Room accueillera Ila Turab, une œuvre immersive et éphémère de Fatiha Zemmouri.
Statues also breathe : Une œuvre de mémoire et de résilience collective
Le MACAAL présente Statues Also Breathe, un projet sculptural majeur qui célèbre la puissance du collectif. Soutenue par la Catharsis Arts Foundation, cette installation nait d'une collaboration entre le Département des beaux- arts et arts appliqués de l'Université Obafemi-Awolowo à Ile-Ife (Nigeria), des étudiants venus de tout le Nigeria, des artisanes potières, les familles des filles de Chibok, alors lycéennes, portées disparues à la suite des enlèvements de Boko Haram en 2014, et l'artiste Prune Nourry.
Ancré à Ile-Ife, berceau historique de la civilisation Yoruba, ce projet réactive la tradition ancestrale du travail de la terre cuite appliqué à la figure humaine, notamment à travers la représentation de têtes sculptées. L'œuvre, pensée comme un ensemble indivisible, se compose de 108 sculptures réalisées en argile locale, inspirées de huit portraits initiaux et modelées par une multitude de mains. Elle invite à se recueillir face à la force silencieuse de l'armée d'argile portée par Prune Nourry, offrant au visiteur un moment de contemplation et de réflexion.
Au-delà de l'esthétique, Statues Also Breathe porte une mission pédagogique et sociale affirmée. D'une part, la collaboration transnationale place l'université nigériane au cœur du processus créatif, assurant une transmission durable des savoirs. D'autre part, l'œuvre agit comme un acte de mémoire : l'ensemble des sculptures rend hommage aux lycéennes de Chibok et s'inscrit dans une lutte globale pour l'éducation des filles et le refus de l'oubli. L'installation se prolonge avec un film documentaire donnant voix aux mères, aux survivantes et aux participants, faisant du récit une composante essentielle de l'œuvre. La Catharsis Arts Foundation accompagne ce projet pour qu'il demeure un outil pérenne de dialogue et de réparation à travers le monde. Après ses présentations à Lagos et à l'international, le projet poursuit son parcours à Marrakech, réaffirmant l'engagement du musée envers un dialogue artistique à la fois poétique et socialement conscient.
Crazy lines : Une cosmologie visuelle par Yassine Balbzioui
Conçue spécifiquement pour le MACAAL, Crazy Lines dépasse le cadre de l'installation classique pour s'imposer comme une intégration artistique au cœur de l'architecture. Yassine Balbzioui investit l'escalier du musée, lieu de passage, pour y déployer une œuvre immersive pensée comme un espace de transition, invitant le visiteur à traverser son univers, où le regard se pose autant qu'il circule. Produite entre décembre 2025 et janvier 2026, cette intervention témoigne de la maîtrise de l'artiste et de la densité de sa cosmologie personnelle, fruit d'un travail préparatoire mené lors de sa résidence au MACAAL.
L'installation combine fresque murale, peintures à l'huile et encadrement sculptural, dans une composition dense évoquant l'idée de décor et de mise en scène. La peinture déborde des cadres pour investir l'espace, prolongeant le récit et plaçant le visiteur dans une position proche de celle du spectateur de théâtre. Le masque, motif récurrent dans la pratique de l'artiste, devient ici une constante visuelle plus qu'un signe à interpréter, renvoyant à une humanité jouée, parfois caricaturale, où les personnages semblent enfermés dans leurs propres rôles.
Chaque élément de cette œuvre fonctionne de manière autonome tout en s'articulant avec l'ensemble, constituant un ensemble cohérent. La diversité des matériaux et la précision du dispositif traduisent une démarche rigoureuse, où Crazy Lines s'inscrit avec aisance dans l'architecture du MACAAL, accompagnant le déplacement naturel du visiteur et transformant le passage en un espace habité qui invite à l'arrêt et à l'observation.
Ila turab : Une écriture au sol entre terre et traversée
Présentée à l'Artist Room par Fatiha Zemmouri, Ila turab est une intervention au sol composée d'une écriture en terre réalisée en calligraphie arabe diwani.
L'installation met en relation deux fragments de phrase dont les tracés se croisent et se superposent dans l'espace : min turāb (« issu de la terre ») et ila turab (« à la terre »).
Réalisée in situ, l'œuvre se présente comme une invitation au silence, un accompagnement méditatif au fil d'un déplacement circulaire. À partir d'une zone de terre dense, l'écriture se superpose fortement et devient partiellement illisible. En avançant dans l'espace, cette densité diminue progressivement : les signes se dégagent et la phrase ila turab apparaît de manière de plus en plus lisible, structurant la progression vers un point central.
Ici, l'écriture quitte le signe pour devenir matière et dépôt. Le langage se fait terre, ramené au sol par une forme de gravité. La lecture se vit par la marche et par le corps, à travers les variations de densité. L'œuvre ouvre une expérience sensible du retour à la terre, sans assignation religieuse, liée à l'enfouissement, à la mémoire silencieuse et à la transmission par le geste.
La terre, utilisée comme matériau unique, conserve sa texture et sa fragilité. Une partie provient de la région de Tahanaout, et une autre de l'œuvre. Dans les bras de la terre de Salima Naji, exposée l'an dernier dans l'atrium du MACAAL. Conçue comme une « maison » accueillante, cette œuvre symbolisait la Terre mère, origine commune de tous les êtres humains. Ilā turāb s'inscrit alors comme un geste d'hommage, prolongeant une matière issue d'une œuvre antérieure dans un autre contexte, à travers une autre écriture.


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