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Private equity : les investisseurs marocains prennent le "lead" des levées de fonds (VIDEO)
Publié dans Les ECO le 28 - 05 - 2025

Pour la première fois, les investisseurs marocains deviennent majoritaires dans les levées de fonds. Cette reprise en main accompagne l'essor de l'amorçage et du capital-risque, désormais au cœur des dynamiques d'investissement. Les fonds ciblent de plus en plus les jeunes entreprises innovantes, notamment dans la tech, la santé et l'éducation.
En matière de financement de la croissance, l'année 2024 restera comme un millésime à part. L'Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) a présenté son rapport d'activité annuel, et les chiffres parlent d'eux-mêmes, un record de 3,9 milliards de dirhams (MMDH) levés, une nette montée en puissance des investisseurs marocains, une percée significative des investissements en amorçage et capital-risque. Autant de signaux d'un écosystème qui se transforme en profondeur. Justement, l'AMIC célèbre cette année ses 25 ans d'existence.
Lors de la présentation du rapport d'activité 2024, Hassan Laaziri, président de l'Association des investisseurs en capital, n'a pas manqué de souligner que le capital-investissement au Maroc est entré dans une nouvelle phase. «Nous constatons une croissance soutenue et équilibrée sur l'ensemble du cycle, levées, investissements et désinvestissements. Cette dynamique enclenche un cercle vertueux qui donne confiance aux investisseurs et suscite de nouvelles vocations chez les entrepreneurs. Le cap des 25 ans symbolise une véritable maturité pour notre industrie», observe-t-il.
Les investisseurs marocains reprennent la main
Après une décennie marquée par la domination des capitaux transrégionaux, l'édition 2024 du rapport AMIC envoie un message clair, le capital marocain est de retour. Entre 2018 et 2024, la part des investisseurs nationaux dans les levées a bondi à 53%, contre seulement 25% sur la période 2012–2017.
Ce basculement reflète une évolution stratégique : l'émergence d'une volonté locale d'investir dans les PME marocaines et de s'inscrire dans des trajectoires de création de valeur endogène. Si les fonds transrégionaux captent encore 72% des montants levés depuis 2012, le poids relatif des fonds locaux, juridiquement marocains (OPCC ou SA), gagne du terrain dans la dernière génération de fonds. La montée des capitaux marocains redessine aussi la cartographie des acteurs.
Parmi les 25 sociétés de gestion analysées dans le rapport, on constate une plus forte implication d'acteurs institutionnels marocains, souvent liés à des caisses de retraite, compagnies d'assurance ou banques. Ces investisseurs locaux, longtemps frileux, s'engagent désormais plus activement dans des logiques de long terme.
Amorçage et capital-risque, l'accélération
Autre enseignement majeur du rapport, l'envol des investissements en capital amorçage et capital-risque. En 2024, ces deux segments représentent 42% des opérations réalisées (en nombre). Une dynamique impressionnante lorsqu'on la compare aux 26% enregistrés sur la période 2006–2011.
La période 2018–2024 affiche même un pic à 63% des actes, confirmant une tendance lourde vers le financement des entreprises en phase de démarrage.
Cette mutation ne relève pas d'un hasard conjoncturel. Elle est le fruit d'un mouvement plus profond de structuration de l'écosystème technologique, dans lequel les fonds d'investissement jouent désormais un rôle moteur. Des structures spécialisées comme Maroc Numeric Fund II, 212 Founders, UM6P Ventures ou Azur Innovation Fund déploient des véhicules conçus spécifiquement pour adresser les besoins des startups – dans la santé, l'éducation, la finance ou l'agroalimentaire.
En parallèle, la taille des tickets s'ajuste. Le montant moyen d'un investissement en amorçage/risque est de 12 millions de dirhams sur la période 2018–2024, contre 7 millions entre 2006 et 2011. Ce niveau, encore modeste par rapport aux standards internationaux, témoigne toutefois d'une volonté d'accompagnement plus ciblée et plus rapide, adaptée aux cycles courts des jeunes pousses.
Des désinvestissements structurés et des rendements solides
Du côté des sorties, 2024 enregistre 11 désinvestissements, pour un total de 1,067 MMDH, un niveau légèrement supérieur à 2023. Depuis 2000, 172 actes de désinvestissement ont été recensés, pour un total cumulé de 9,3 MMDH. Le marché secondaire s'impose comme la principale voie de sortie (44 % entre 2018–2024), devant les ventes industrielles (31%) et les IPO (22%).
Ce rééquilibrage témoigne d'un marché plus mature, capable d'absorber les rotations d'actifs sans dépendre exclusivement de la bourse. Les performances suivent, le TRI brut moyen reste stable à 12%, avec un multiple moyen de 1,9x. Les meilleurs rendements sont observés dans la santé (23%), les services (15%) et la construction (14%), confirmant le bon positionnement sectoriel des fonds.
Des perspectives de croissance inédites
Si 2024 marque un sommet en termes de levées de fonds, les projections pour les années à venir annoncent un véritable changement de dimension. Les montants attendus pour 2025 s'élèvent à près de 7,8 MMDH, soit le double du record enregistré cette année.
Une ambition portée par la maturation des sociétés de gestion, le lancement de nouveaux fonds — notamment dans l'infrastructure, le climat et l'innovation —, mais aussi par l'intérêt renouvelé des investisseurs institutionnels, locaux comme internationaux. L'enjeu désormais est d'assurer la fluidité du cycle complet de l'investissement : lever, investir, désinvestir.
Sur ce point, l'industrie montre des signes positifs avec un pipeline de sorties estimé à 19 actes pour 2025, une montée en puissance du marché secondaire.
Surtout, cette capacité accrue d'intervention permet aux fonds marocains d'élargir leur spectre : du financement de l'amorçage à la transmission, en passant par le développement, ils peuvent désormais couvrir tous les stades de maturité des entreprises. Cela ouvre des perspectives intéressantes pour répondre aux besoins de l'économie réelle, notamment dans des secteurs stratégiques comme la santé, l'éducation, l'agroalimentaire, l'énergie ou encore les infrastructures — en lien avec les grands chantiers nationaux à venir, dont la Coupe du monde 2030.
Hassan Laaziri
Président de l'AMIC
«L'industrie du capital-investissement atteint aujourd'hui une phase de maturité. J'évoque ici les trois piliers qui structurent notre métier, lever, investir, désinvestir, et, sur ces trois volets, les indicateurs sont au vert. Si l'on observe les différentes générations de fonds, construites en cycles de cinq ans, on constate que la croissance est exponentielle. Nous sommes clairement dans une phase d'expansion soutenue. Cette dynamique enclenche un cercle vertueux. Les investisseurs, rassurés par les performances, reviennent vers cette classe d'actifs. Et les entrepreneurs, eux aussi, le marché leur donne envie de se lancer, en voyant les réussites concrètes d'autres projets accompagnés par les fonds. Certes, 2024 est une année record en matière de levée de fonds. Mais, à mes yeux, le meilleur est encore à venir. Les projections pour 2025 et 2026 annoncent un doublement des montants».
Sanae Raqui / Les Inspirations ECO


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