Au terme d'une session de la dernière chance, le Conseil communal de Fès a validé son budget, après un premier rejet. Cette adoption met fin à une période d'incertitude et écarte la menace d'un blocage administratif, assurant ainsi la continuité des services municipaux pour l'année à venir. Le Conseil communal de Fès a finalement adopté son projet de budget pour l'année à venir, et ce, au terme d'une session extraordinaire convoquée pour une seconde, et décisive, lecture. Cette validation met fin à une période d'incertitude née d'un premier rejet du projet. En rassemblant la majorité nécessaire, le conseil a écarté le risque d'un blocage administratif qui aurait pu paralyser le fonctionnement de la ville, sécurisant ainsi la feuille de route financière indispensable à la gestion municipale. La séance, bien que conclusive, a été marquée par des débats approfondis et des critiques pointues de la part de l'opposition. Une délibération pour un budget de 802 MDH Le contexte de cette session était particulièrement tendu, car un second échec à adopter le budget aurait pu entraîner, conformément à la loi, l'intervention du ministère de l'Intérieur pour arbitrer et établir le document final. L'enjeu était donc de préserver l'autonomie de décision du conseil. La séance a pu se tenir légalement après que le quorum a été atteint avec 48 membres présents. Le projet soumis au vote prévoit des recettes de fonctionnement de 802 MDH pour 2026, en légère augmentation par rapport aux 789 MDH de 2025. L'adoption de ce cadre budgétaire est fondamentale, car elle fournit la base légale et financière pour l'engagement des dépenses, la paie des fonctionnaires et la poursuite des programmes d'investissement prévus en 2026. Crédibilité des prévisions et gestion des ressources au cœur des critiques Avant de procéder au vote, la séance a été rythmée par plusieurs interventions de conseillers de l'opposition, qui ont soulevé des questions de fond sur la stratégie budgétaire. Un représentant du Parti socialiste unifié a affirmé que les amendements apportés depuis la première lecture étaient «cosmétiques» et ne répondaient pas aux problèmes structurels. Il a mis en doute le réalisme des prévisions de recettes, se référant à une gestion qu'il juge «perfectible» des actifs communaux tels que les marchés et la gare routière. Il a également regretté que le Plan d'action communal, un document stratégique, ne trouve pas une traduction concrète et ambitieuse dans le budget. Une autre intervention a mis en perspective la situation de Fès par une comparaison chiffrée avec la ville de Marrakech, soulignant un écart de croissance budgétaire significatif entre 2021 et 2024. Selon le conseiller Ali Lgsab, la modeste augmentation du budget de Fès serait principalement due au transfert de la part de la TVA par l'Etat, et non à une meilleure mobilisation des ressources propres. Pour étayer son propos, il a développé une comparaison chiffrée avec la Ville ocre, visant à illustrer ce qu'il a qualifié de «laisser-aller» dans la gestion des ressources. Il a ainsi mis en exergue l'écart entre le budget total de Marrakech, s'élevant à 1,83 milliard de dirhams, et celui de Fès (790 MDH). L'analyse a également porté sur la dynamique de croissance sur la période 2021-2024, durant laquelle le budget de Marrakech a connu une progression de 32%, face à une stagnation pour celui de Fès. Enfin, une critique d'ordre technique a été formulée par une conseillère du PJD, qui a relevé une augmentation inexpliquée de 15 MDH dans les dépenses de fonctionnement entre le premier et le second projet, qualifiant le budget d' «illusoire» et questionnant sa cohérence. Malgré la virulence des critiques, la phase de vote a démontré la solidité de la coalition majoritaire. 46 conseillers ont ainsi voté en faveur du budget, 3 ont voté contre, 18 autres se sont abstenus. Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO