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Cosumar : humain, performance et confiance, le triptyque de Imad Ghammad
Publié dans Les ECO le 13 - 11 - 2025

Ingénieur de formation et pur produit de la maison Cosumar, Imad Ghammad prend les commandes du groupe avec une vision claire, celle de conjuguer performance industrielle, souveraineté alimentaire et durabilité. Fort d'un parcours de près de vingt ans au sein de l'entreprise, il incarne une relève ancrée dans la continuité, mais résolument tournée vers l'innovation et l'ouverture internationale.
C'est un visage familier du groupe Cosumar qui en prend les rênes. Imad Ghammad, nommé directeur général le 23 septembre 2025 par le conseil d'administration, incarne une relève naturelle autant qu'un tournant stratégique. Arrivé dans l'entreprise en 2006, cet ingénieur de formation, diplômé de l'ISP Galilée et de l'ESICA à Paris, est également titulaire d'un master spécialisé en audit et contrôle de l'INSEEC.
Il a gravi un à un les échelons d'un groupe qu'il connaît dans ses moindres rouages. Son parcours, presque entièrement construit au sein de Cosumar, témoigne d'une compréhension fine de l'entreprise, de sa culture et de ses ambitions. C'est en tant que Risk manager qu'il fait ses premiers pas dans la maison sucrière, alors sous la houlette du groupe ONA (Actuel Al Mada).
«Ce poste m'a permis de balayer l'ensemble des fonctions au sein de l'entreprise et d'en identifier les actifs stratégiques, physiques comme immatériels», explique-t-il.
Ce regard transversal, fondé sur la maîtrise des risques stratégiques et la gouvernance, sera la matrice de son style de management, à la fois analytique, structuré et centré sur la création de valeur durable. De la consolidation IFRS aux achats, en passant par la supply chain et le trading international, chaque étape de sa carrière a contribué à enrichir une vision globale de la chaîne de valeur, aujourd'hui essentielle à sa fonction de dirigeant.
L'architecte d'une transformation industrielle et commerciale
En près de deux décennies, Ghammad aura été l'un des artisans silencieux des grandes métamorphoses de Cosumar. D'abord aux achats, où il a défendu une approche responsable et partenariale : «L'objectif n'a jamais été de tirer avantage de notre position, mais de construire avec nos partenaires des relations durables, fondées sur la transparence et la confiance mutuelle».
Ce positionnement éthique a contribué à asseoir la réputation du groupe, à la fois exigeant et loyal envers son écosystème. Sa marque de fabrique s'exprime pleinement lorsqu'il prend en charge la supply chain et le commerce international. C'est lui qui, en 2013, participe au grand virage exportateur du groupe, sachant qu'auparavant, Cosumar n'était pas présent sur le marché mondial ; aujourd'hui, le groupe exporte vers plus de 90 pays et fournit même le World Food Programme des Nations Unies.
«Exporter, c'est créer de la valeur pour Cosumar, mais aussi pour le Maroc», aime-t-il rappeler.
En un peu plus de dix ans, plus de cinq millions de tonnes de sucre Made in Morocco ont été expédiées, faisant du pays un acteur reconnu du commerce sucrier mondial. Ce parcours l'a également conduit à piloter des projets structurants comme la raffinerie de Sidi Bennour, aujourd'hui l'une des plus grandes d'Afrique, dont il est l'un des concepteurs. Transformée en 2024 en sucrerie-raffinerie pour pallier les effets de la sécheresse, cette unité confirme son approche pragmatique, celle d'adapter le modèle industriel aux réalités du terrain tout en préservant l'emploi et la dynamique locale.
Une vision à long terme, entre performance et souveraineté
En tant que directeur général du groupe, Ghammad se fixe trois axes prioritaires majeurs : consolider le business model existant, renforcer la culture d'excellence et d'efficience, et ouvrir de nouveaux leviers de croissance. Sa priorité immédiate est de garantir la souveraineté alimentaire du pays, tout en maintenant la compétitivité du sucre marocain sur les marchés mondiaux.
«Notre ambition est claire : il s'agit de permettre aux agriculteurs d'améliorer leurs revenus et de sécuriser leurs exploitations, tout en donnant au groupe les moyens de rayonner à l'international», confie-t-il.
Cosumar, dont la capacité industrielle atteint aujourd'hui 2,5 millions de tonnes par an, vise une production locale de 600.000 tonnes de sucre d'ici 2026. La filière, qui regroupe des dizaines de milliers d'agriculteurs partenaires, repose sur un modèle d'agrégation que le DG qualifie de «plus grand atout», un lien direct entre performance industrielle et réussite agricole. La réussite des planteurs est perçue comme la condition première de la durabilité du groupe.
Dans un contexte marqué par la sécheresse, la priorité est d'assurer la relance de la production nationale et la réussite de la campagne 2025-2026. Cosumar mise sur la mobilisation collective et sur la technologie : irrigation optimisée, Smart Blender, agriculture de précision, et nouvelle version de la plateforme Attaissir, enrichie d'un module R&D. L'innovation, pour Ghammad, n'est pas un slogan, mais un levier concret de souveraineté et de résilience : «L'avenir de notre filière passe par l'innovation, aussi bien dans nos usines que dans l'amont agricole», confirme-t-il.
Une dynamique exportatrice au service du pays
Sous son impulsion, l'activité export s'impose comme un pilier stratégique du groupe. Cosumar dessert aujourd'hui l'Europe du Sud, le Moyen-Orient, la Turquie et l'Afrique de l'Ouest, tout en consolidant ses positions sur des marchés exigeants.
Cette montée en puissance s'appuie sur une logistique optimisée, avec une flotte de 1.500 camions, 950.000 tonnes de capacité de stockage et un port sec pouvant traiter 30.000 conteneurs par an. L'objectif est désormais de franchir le cap du million de tonnes exportées en 2026, un jalon symbolique pour le groupe et pour le Royaume.
Au-delà des chiffres, il s'agit de renforcer la marque «sucre Made in Morocco», devenue une référence internationale. «À l'étranger, on parle de sucre Made in Morocco avant même de parler de sucre Cosumar», rappelle-t-il avec une fierté toute patriotique.
L'humain et la durabilité comme boussoles
Si l'efficacité industrielle demeure au cœur de sa démarche, Ghammad place le facteur humain au centre de son action. Il veut consolider «la culture d'excellence» et renforcer la mobilisation du capital humain autour de la performance collective. La promotion interne, la formation continue et la responsabilisation sont, selon lui, les clés pour préparer l'avenir d'une entreprise qui emploie directement et indirectement plusieurs milliers de personnes.
Côté environnement, le nouveau DG entend accélérer la stratégie de durabilité engagée depuis 2016. Cosumar poursuit ses efforts pour réduire la consommation d'eau et d'énergie dans ses usines comme dans les exploitations agricoles. La biomasse issue de la canne à sucre (bagasse) alimente déjà plusieurs chaudières, tandis que le groupe explore de nouvelles sources d'énergie renouvelable.
«Nous devons produire du sucre en consommant moins d'eau et en réduisant nos émissions ; c'est ainsi que nous allierons performance industrielle, respect des ressources et valeur pour les agriculteurs et les clients», affirme-t-il.
Cap sur 2026, innovation, export et ancrage territorial
Cosumar entre dans une phase d'intensification stratégique : accélération des exportations, montée en puissance industrielle, digitalisation accrue, renforcement des liens avec les agriculteurs et ancrage territorial plus marqué. Les ambitions sont claires : il s'agit de franchir le cap du million de tonnes exportées, de porter la production locale à 600.000 tonnes et d'inscrire la filière sucrière marocaine dans une logique de durabilité et de compétitivité mondiale.
Un leadership ancré dans la confiance et la continuité
À 47 ans, Imad Ghammad incarne une génération de dirigeants qui allient rigueur analytique et ancrage opérationnel. Son style tranche par sa proximité avec le terrain et par sa conviction que la réussite du groupe repose sur la confiance : «Cosumar avance grâce à la confiance partagée avec ses agriculteurs, ses collaborateurs et ses partenaires».
Ce credo s'est confirmé pendant la crise du Covid, lorsque Cosumar a maintenu l'approvisionnement du pays sans rupture, disposant de six mois de stock alors que de nombreux produits stratégiques connaissaient des tensions d'approvisionnement.
Cette continuité managériale, fondée sur la connaissance du métier et la maîtrise des cycles agricoles et industriels, confère au groupe une stabilité précieuse dans un environnement incertain. «Notre modèle repose sur l'agilité et la résilience. Quel que soit le contexte, une partie de notre activité excelle : si l'amont est en difficulté, nos capacités de raffinage prennent le relais», résume-t-il.
Sanae Raqui / Les Inspirations ECO


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