Ils sont industriels, patrons de fédérations, hauts responsables ou porteurs d'initiatives. Tous ont vécu 2025 de l'intérieur. Leurs témoignages composent le récit d'un Maroc qui change de cap : plus productif, plus stratégique, plus souverain. Les Inspirations ECO croise leurs regards pour éclairer les défis et les priorités d'une année 2026 à fort enjeu. Pour Kamal Aberkani, expert en sciences de l'agriculture à l'Université Mohammed Ier de Nador, l'année 2025 représente une période de transition positive pour le secteur agricole marocain. L'année 2025 s'inscrit comme une période de transition positive pour le secteur agricole marocain, affichant des indicateurs globaux supérieurs à ceux de l'exercice précédent. Après un démarrage tardif de la campagne actuelle en raison d'un déficit pluviométrique automnal, les précipitations enregistrées durant le premier trimestre ont permis d'atteindre un taux de remplissage moyen des barrages de 38% au niveau national. Sur le plan institutionnel, cet exercice a été marqué par une accélération des investissements dans les infrastructures d'irrigation, soutenue par les dispositions de la Loi de finances 2025 et les directives royales visant à porter la sécurité hydrique à 80% d'ici 2030. Parallèlement, le secteur a consolidé sa position sur le marché international, notamment grâce à la reconnaissance par l'Union européenne du statut préférentiel des produits issus du Sahara marocain et à une gestion proactive des stocks céréaliers permettant de stabiliser les prix domestiques. Concernant les perspectives à l'horizon 2026, la stratégie nationale s'oriente vers une approche préventive et résiliente destinée à s'adapter à l'imprévisibilité climatique. L'Etat prévoit différents scénarios de remplissage des barrages, misant sur des projets structurants tels que l'interconnexion des bassins hydrauliques pour relier les zones excédentaires du Nord aux régions déficitaires, notamment l'Oum Er-Rbia, l'Oriental et le Souss-Massa. Cette planification intègre également une gestion rigoureuse du cheptel via un recensement national exhaustif, visant à stabiliser l'offre en viandes et à optimiser les politiques d'importation. Enfin, le déploiement des stations de dessalement de l'eau de mer est érigé en système de secours pérenne à même de garantir l'approvisionnement dans les zones les plus exposées au stress hydrique, tout en favorisant une irrigation intelligente destinée à préserver le patrimoine arboricole national.