La modernisation de l'école s'accélère sur le terrain. Entre 2022 et 2026, le pays engage un effort massif de réhabilitation des établissements scolaires et renforce, en parallèle, les dispositifs de soutien social en faveur des élèves, avec une priorité clairement assumée pour le milieu rural. Infrastructures, accès à l'eau, chauffage, transport et bourses scolaires composent désormais une politique éducative pensée comme un levier d'équité territoriale et de lutte contre la déperdition scolaire. La transformation du système éducatif ne se joue plus uniquement sur les programmes ou les méthodes pédagogiques. Elle passe désormais par un chantier de fond sur les infrastructures et par un renforcement ciblé des mécanismes de soutien social. C'est ce double mouvement qu'a mis en lumière Mohamed Saad Berrada, ministre de l'Education nationale, du Préscolaire et des Sports, lors de sa récente intervention à la Chambre des conseillers. À travers des chiffres précis, il a dessiné les contours d'une politique éducative qui articule réhabilitation massive des établissements scolaires et accompagnement social renforcé, avec un accent particulier sur le milieu rural. Un chantier structurel de grande ampleur sur les établissements scolaires Sur la période 2022-2026, plus de 9.000 établissements scolaires ont été réhabilités ou restaurés, sur un total national estimé à 12.000. Ce volume témoigne d'un effort inédit par son ampleur et sa continuité dans le temps. Il ne s'agit pas d'interventions ponctuelles, mais d'un programme structuré visant à remettre à niveau l'ensemble du parc scolaire national. Dans le détail, ce bilan comprend 4.628 écoles primaires inscrites dans le programme des «écoles pionnières», ainsi que 786 établissements relevant de l'enseignement secondaire. Selon le ministre, l'achèvement de ce programme permettra, à terme, la réhabilitation de l'ensemble des établissements scolaires du Royaume, posant ainsi les bases d'un socle infrastructurel homogène, quel que soit le territoire. Eau, assainissement et sécurité, des priorités opérationnelles Au-delà des bâtiments eux-mêmes, l'effort s'est concentré sur des éléments essentiels au fonctionnement quotidien des écoles. Le système éducatif compte près de 13.000 écoles satellites, dont environ 4.000 n'étaient pas raccordées au réseau d'eau. Le ministère s'est engagé à assurer l'alimentation en eau de toutes ces structures au cours de l'année en cours, ou lorsque cela n'est techniquement pas possible, à recourir à des citernes afin de garantir des conditions sanitaires acceptables. Parallèlement, des installations sanitaires ont été construites dans 3.345 établissements, tandis que des murs de clôture ont été réalisés au profit de 2.063 écoles, répondant à des impératifs de sécurité et de protection des élèves. L'accessibilité pour les enfants en situation de handicap a également progressé de manière significative, avec 5.100 établissements désormais adaptés sur un total de 12.000. Autre volet emblématique de cette mise à niveau, 4.851 salles de classe préfabriquées ont été remplacées, démolies et reconstruites, principalement dans les écoles satellites, contribuant à améliorer durablement les conditions d'apprentissage. Anticiper les risques climatiques et renforcer le confort scolaire La saison hivernale, souvent synonyme de vulnérabilités dans certaines régions, a fait l'objet de mesures préventives spécifiques. Des cellules de veille ont été créées et activées au sein du ministère, appuyées par des numéros verts régionaux. La coordination avec les autorités locales et les associations de parents d'élèves, ainsi que la réactivité face aux bulletins d'alerte météorologique, constituent désormais un dispositif opérationnel structuré. Dans ce cadre, les internats scolaires ont été dotés de couvertures en quantité suffisante, et les chauffeurs des bus de transport scolaire ont été sensibilisés à une vigilance accrue en cas de perturbations climatiques. Sur le volet du chauffage, 27 directions provinciales sur 82 et 2.814 établissements scolaires en ont bénéficié, dont 2.600 situés en milieu rural, au profit de près de 444.000 élèves. Le soutien social comme levier de lutte contre la déperdition scolaire En parallèle de cet effort infrastructurel, le renforcement des programmes de soutien social s'impose comme un pilier de la politique éducative. Près de 3,4 millions d'élèves bénéficient aujourd'hui de la bourse de la rentrée scolaire, dont 1,934 million en milieu rural, soit 60 % du total. Ce chiffre marque une progression de 19% par rapport à l'année précédente, traduisant un élargissement significatif de la couverture sociale. Cette dynamique s'inscrit dans l'intégration des allocations familiales et de la bourse de la rentrée scolaire au cours de l'année 2025-2026, avec un objectif clair, renforcer l'égalité des chances et inciter les familles à maintenir leurs enfants sur les bancs de l'école, en particulier dans les zones les plus exposées à la déperdition scolaire. Transport, internats et restauration, un écosystème d'accompagnement Les dispositifs complémentaires de soutien connaissent également une montée en charge. Environ 700.000 élèves bénéficient du transport scolaire, dont près de 600.000 en milieu rural, en hausse de 4%. Les internats scolaires accueillent près de 217.000 élèves, dont 163.000 issus du monde rural, soit une progression de 8%. Les services de restauration scolaire concernent, quant à eux, 75.000 élèves, dont 69.000 en milieu rural, enregistrant une augmentation de 4%. Pris dans leur ensemble, ces chiffres dessinent une politique éducative qui ne dissocie plus l'école de son environnement social. La réhabilitation des infrastructures et le soutien direct aux élèves apparaissent comme deux leviers complémentaires d'une même ambition, réduire les inégalités territoriales et créer les conditions d'une scolarisation durable, notamment dans le milieu rural.