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Reporting durable au Maroc : de la contrainte réglementaire au levier de performance
Publié dans Les ECO le 19 - 01 - 2026

Expert-comptable (CPA Australia), professeur universitaire à l'ENCG Meknès
Le Maroc est aujourd'hui confronté à une transformation profonde de son paysage économique et institutionnel, dans laquelle le reporting durable – une notion plus large que le reporting ESG pour autant qu'elle englobe les besoins de toutes les parties prenantes au lieu de se concentrer uniquement sur les besoins des investisseurs – occupe une place centrale.
Longtemps circonscrit à certaines entreprises cotées, ce type de reporting est en train de devenir une attente généralisée des marchés, des régulateurs, des investisseurs et de la société civile. L'enjeu n'est plus seulement de communiquer, mais d'intégrer la durabilité au cœur de la stratégie et de la gouvernance.
Obligations actuelles et étendue du reporting durable au Maroc
Au Maroc, l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a introduit, dès 2019, une obligation réglementaire pour les émetteurs faisant appel public à l'épargne, ces sociétés doivent désormais intégrer un reporting ESG dans leurs rapports financiers annuels, incluant des informations sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance. Les pratiques récentes montrent que cette obligation produit une large adoption parmi les entreprises cotées, avec un taux de publication de rapports ESG de 97% parmi les émetteurs assujettis.
Si cette obligation n'existe pas encore pour toutes les entreprises non cotées, y compris certaines grandes sociétés et PME, des initiatives comme le Label PME Responsable lancé par la CGEM en 2025 encouragent l'intégration de principes de responsabilité sociétale, y compris des indicateurs pertinents pour structurer un reporting durable, même hors du cadre réglementaire strict.
Pourquoi le reporting durable est stratégique pour toutes les entreprises
Pour les entreprises cotées, l'adoption sérieuse d'un reporting durable dépasse le strict respect d'une obligation réglementaire : elle devient un facteur de confiance pour les investisseurs, un atout pour l'accès au financement responsable et un moyen de renforcer la transparence du marché.
Les investisseurs institutionnels et les marchés internationaux exigent des indicateurs fiables et comparables en matière d'ESG, condition essentielle pour évaluer les risques liés au climat et aux questions sociales dans leurs décisions d'investissement.
Pour les entreprises non cotées, même en l'absence d'une obligation réglementaire, l'anticipation du reporting durable permet de structurer des processus internes, d'identifier les risques ESG précocement et de renforcer la crédibilité auprès de clients, fournisseurs et partenaires financiers.
Des études de terrain récentes au Maroc indiquent que plus de 40% des grandes entreprises adoptent désormais une démarche ESG structurée, une hausse significative par rapport à quelques années auparavant, signe que le reporting durable devient un levier de compétitivité au-delà des seules obligations légales.
L'importance d'un cadre légal fort pour la qualité du reporting
La recherche internationale et les premières évaluations marocaines convergent vers une conclusion importante : un cadre légal bien conçu et détaillé améliore substantiellement la qualité du reporting durable, tandis que la simple adoption volontaire de normes tend à produire des informations moins complètes et moins comparables. Les entreprises répondent plus efficacement à des exigences claires lorsqu'elles savent précisément quoi, comment et quand rendre compte, ce qui réduit les asymétries d'information entre émetteurs et utilisateurs des rapports ESG.
Ce constat est en ligne avec notre propre étude récente (publiée en 2025) sur la préparation des entreprises marocaines à adopter les normes IFRS S1 et S2 du Conseil international des normes de durabilité (ISSB).
Cette étude, menée auprès de professionnels marocains, a identifié que la perception du cadre réglementaire et la compétence organisationnelle constituent des facteurs déterminants de l'intention d'adopter des normes internationales de reporting durable. Un cadre légal robuste permettrait de réduire les incertitudes et d'accélérer l'adoption effective de standards alignés sur les meilleures pratiques internationales.
Le reporting durable comme levier de gestion, pas seulement de conformité
Au-delà des obligations, un reporting durable rigoureux incite les entreprises à mesurer et piloter leurs impacts réels, à formaliser des stratégies de réduction des risques climatiques, à intégrer la dimension sociale dans leur gestion des talents, et à renforcer la transparence de leurs pratiques de gouvernance.
Ce pilotage est indispensable pour répondre aux défis économiques de long terme, notamment face à l'évolution des régulations internationales (comme la directive CSRD en Europe, qui étend largement le périmètre de reporting, notion de double matérialité) et aux attentes croissantes des parties prenantes en matière de transparence ESG.
Le Maroc a fait des progrès notables dans la mise en œuvre du reporting durable, d'abord pour les entreprises cotées, mais de plus en plus pour toutes les organisations qui reconnaissent aujourd'hui que la durabilité n'est pas une option stratégique, mais une condition de résilience et de compétitivité. Un cadre légal fort, clair et détaillé, associé à des initiatives volontaires structurées, est essentiel pour garantir que le reporting durable devienne une source de valeur pour toutes les parties prenantes – actionnaires, employés, communautés et marchés financiers.
La qualité, la fiabilité et la comparabilité de l'information durable doivent devenir une priorité, non seulement pour répondre aux normes internationales, mais aussi pour renforcer la performance interne et la gouvernance des entreprises marocaines, cotées et non cotées.


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