Fès mobilise 175 MDH pour la construction d'une nouvelle gare routière. L'infrastructure quitte le site saturé de Bab Mahrouq, à proximité de l'ancienne médina, pour s'implanter sur cinq hectares au sud-ouest de la ville, à trois kilomètres de l'autoroute A2. Le chantier vise à doter la métropole d'une plateforme logistique moderne connectée au réseau autoroutier. La métropole de Fès s'apprête à redéfinir son paysage logistique et urbain. L'actuelle gare routière de Bab Mahrouq, opérationnelle depuis plus de trois décennies, ne parvient plus à contenir efficacement la densité des flux de voyageurs et le volume croissant du transport interurbain. L'anarchie organisationnelle et la vétusté des installations existantes contrastent avec les ambitions de développement de la région. Face à ce constat, la région a engagé une rupture stratégique en délocalisant l'activité vers une nouvelle zone d'extension urbaine. Le transfert de cette infrastructure névralgique vers la périphérie sud-ouest, à proximité de l'axe autoroutier, marque la volonté des pouvoirs publics de moderniser les services de mobilité tout en assainissant le tissu urbain historique des nuisances liées au trafic des autocars. Un investissement global de 175 MDH La réalisation de cette plateforme multimodale mobilise une enveloppe financière conséquente évaluée à 175 MDH hors taxes. Le budget alloué englobe la construction des bâtiments, les aménagements extérieurs ainsi que l'ensemble des équipements techniques nécessaires au fonctionnement du site. L'assiette foncière dédiée au projet couvre une superficie d'environ cinq hectares. La Société Fès Région Aménagements (SFRA) pilote ce chantier avec l'objectif de livrer une infrastructure durable et économe en énergie. L'approche architecturale exigée privilégie l'intégration de solutions bioclimatiques et l'utilisation de matériaux pérennes. La nouvelle gare ambitionne de devenir un levier de développement économique local en générant des revenus locatifs et en créant des emplois directs et indirects au sein de la zone d'implantation. Une capacité logistique de 40 quais d'embarquement Le dimensionnement technique du futur complexe anticipe une augmentation significative de la fréquentation par rapport au trafic actuel estimé à 1,5 million de passagers annuels. Le plan de masse prévoit l'aménagement de 40 quais distincts (29 dans l'ancienne gare) pour les opérations d'embarquement et de débarquement. La configuration spatiale impose une séparation stricte des circuits afin d'éviter tout croisement entre les piétons et les véhicules lourds. Les zones de stationnement pour la régulation et la maintenance des autocars sont positionnées à l'écart des espaces publics pour garantir la fluidité des manœuvres. La modernisation du parcours client passe par la mise en place de dispositifs numériques avancés incluant une billetterie automatisée et des panneaux d'information dynamique. La surface utile programmée dépasse les 11.000 mètres carrés pour assurer un confort optimal aux usagers. Un complexe hôtelier intégré de 40 chambres Le programme fonctionnel dépasse le cadre du simple transit routier pour proposer un véritable pôle de services intégré. L'infrastructure comprend la construction d'un établissement hôtelier in situ doté d'une capacité de 40 chambres pour répondre à la demande des voyageurs en transit ou des professionnels. L'offre commerciale se structure autour d'une zone de restauration diversifiée incluant un food-court et des enseignes de fast-food. Les usagers auront accès à des boutiques, un mini-marché et des services de messagerie organisés pour dynamiser l'activité du site. La gestion administrative bénéficiera de bureaux modernes destinés aux transporteurs et à la direction de la gare. Le volet sécuritaire intègre un poste de police complet disposant de systèmes de surveillance centralisés et de locaux de détention conformes aux normes en vigueur. Une connexion autoroutière à moins de trois kilomètres Le choix du site d'implantation sur la route d'Aïn-Chkef répond à une logique d'optimisation des temps de parcours et de connectivité régionale. La proximité immédiate de l'échangeur de l'autoroute A2 place la gare à moins de trois kilomètres des grands axes nationaux reliant Fès à Meknès ou Rabat. Cette localisation permet aux autocars d'accéder directement aux quais sans encombrer les artères intermédiaires de la ville. Le positionnement en périphérie favorise une meilleure régularité des dessertes et réduit l'empreinte carbone liée aux embouteillages urbains. L'aménagement des abords prévoit une articulation cohérente avec les réseaux de transport urbain existants et futurs pour assurer une continuité fluide du déplacement pour les passagers dès leur arrivée dans l'agglomération. Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO