Les marchés des matières premières entament le mois de février sur des trajectoires divergentes, entre un regain d'élan sur les produits agricoles et une fragilisation persistante du complexe énergétique. La première semaine de février confirme un paysage des matières premières plus nuancé qu'il n'y paraît. Derrière des mouvements de prix parfois marqués, les marchés mondiaux semblent entrer dans une phase de normalisation progressive, où les fondamentaux reprennent le dessus sur les excès spéculatifs. C'est la lecture qui se dégage de la dernière Commodity Weekly publiée par BMCE Capital Global Research (BKGR). Du côté des commodités agricoles, la tendance s'oriente clairement à la hausse, portée par un regain de demande et un repositionnement des opérateurs. Le soja enregistre une progression notable, soutenue par une demande asiatique plus active et une meilleure visibilité sur les flux d'exportation brésiliens. Après plusieurs semaines d'hésitation, le marché retrouve une dynamique plus constructive, alimentée également par un retour de l'intérêt spéculatif. Le maïs évolue dans le même sens, avec une hausse modérée, traduisant l'absorption progressive de l'excédent d'offre anticipé pour 2026. Les opérateurs restent toutefois prudents, dans un contexte de stocks mondiaux encore confortables. À l'inverse, le blé coté à Chicago marque un léger repli, pénalisé par la compétitivité accrue de l'offre russe sur les marchés internationaux, malgré des tensions logistiques persistantes en mer Noire. Un marché de l'énergie fragilisé par une offre abondante Sur le front des énergies, la dynamique est plus fragile. Le marché pétrolier s'inscrit en repli, dans un environnement dominé par des prises de bénéfices et une offre toujours excédentaire. Le Brent comme le WTI reculent, reflétant à la fois le maintien de niveaux de production élevés au sein de l'OPEP+ et des perspectives de demande jugées modérées. Les signaux d'accalmie sur certains fronts géopolitiques contribuent également à réduire la prime de risque intégrée dans les prix. Le mouvement le plus marqué concerne le gaz naturel américain, dont la forte correction traduit un marché mieux approvisionné, soutenu par la montée en puissance des capacités de liquéfaction et par des conditions climatiques plus clémentes que prévu. Métaux précieux : une correction technique sans remise en cause des fondamentaux Les métaux précieux connaissent pour leur part une phase de correction après un rallye exceptionnel en fin d'année. L'or recule légèrement, dans un contexte de prises de bénéfices, sans que ses soutiens structurels ne soient remis en cause. La demande souveraine, les tensions géopolitiques persistantes et des taux réels durablement faibles continuent de constituer un socle solide pour le métal jaune. L'argent affiche un repli plus marqué, effaçant une partie de ses gains récents. Ce mouvement s'inscrit dans une logique de normalisation, après une période caractérisée par un déficit d'offre et une demande industrielle soutenue, notamment dans les segments du solaire et de l'électronique. Enfin, les métaux de base évoluent dans un environnement plus prudent. Le repli observé sur le plomb, le nickel ou encore le cuivre reflète une demande industrielle encore modérée et une attitude attentiste des investisseurs. L'aluminium reste sous pression, affecté par les restrictions de production en Chine et par la persistance de coûts énergétiques élevés en Europe. Le cobalt fait figure d'exception, affichant une relative stabilité. Cette évolution traduit un équilibre fragile entre la demande liée aux batteries et des approvisionnements africains irréguliers. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO