Entre normalisation technique et fragilités persistantes, les marchés des matières premières amorcent l'année 2026 dans un climat d'équilibre instable, marqué par l'attentisme et des arbitrages sectoriels contrastés. Après les fortes tensions observées à la fin de l'année dernière, les marchés des matières premières abordent 2026 dans une phase de normalisation progressive. Le dernier Commodity Weekly de BMCE Capital Global Research (BKGR) met en évidence des marchés globalement stabilisés, mais encore traversés par des fragilités structurelles, qu'il s'agisse des céréales, de l'énergie ou des métaux. Céréales et énergie, un équilibre précaire sous contraintes d'offre et de logistique Sur le compartiment agricole, la stabilité domine. Le soja évolue quasiment à l'équilibre, traduisant un marché soutenu par les flux exportateurs mais privé de catalyseur haussier à court terme. Le blé CBOT se distingue par une progression plus marquée, portée par un redressement du sentiment de marché et par des tensions logistiques persistantes sur certains corridors d'approvisionnement, notamment en mer Noire. À l'inverse, le maïs reste orienté à la baisse, pénalisé par l'abondance des stocks mondiaux et par des anticipations de production élevées en 2026, confirmant un excès d'offre structurel. Sur le marché de l'énergie, le pétrole prolonge un rebond mesuré. Le Brent et le WTI bénéficient d'ajustements techniques et d'une amélioration temporaire du sentiment de marché. Cette reprise demeure toutefois fragile, dans un environnement marqué par un excédent d'offre, lié à la remontée des capacités de production de l'OPEP+ et à une demande mondiale encore modérée. La détente relative des tensions géopolitiques contribue par ailleurs à réduire la prime de risque intégrée dans les prix. À l'opposé, le gaz naturel américain enregistre un net repli, reflétant un marché désormais mieux approvisionné, soutenu par la montée en puissance des capacités LNG, selon l'analyse de BKGR. Métaux, entre prises de bénéfices et attentisme sur la croissance mondiale Les métaux précieux entrent dans une phase de correction après une année 2025 exceptionnelle. L'or recule sous l'effet des prises de bénéfices, sans pour autant remettre en cause les soutiens de fond identifiés par BKGR, notamment les achats souverains, un environnement de taux réels plus favorables et un contexte géopolitique encore incertain. L'argent connaît un ajustement bien plus brutal, effaçant une partie de ses gains antérieurs dans un mouvement de normalisation technique après une période de forte tension sur l'offre. Du côté des métaux de base, la tendance est également à la consolidation. L'aluminium, le cuivre et le nickel reculent dans un contexte d'attentisme, marqué par des prises de bénéfices et par l'absence de signaux clairs sur la dynamique de la demande mondiale. Si les fondamentaux liés à l'électrification et à la transition énergétique restent porteurs à moyen terme, les marchés privilégient, à ce stade, une approche prudente. BKGR décrit un début d'année dominé par des ajustements techniques plus que par de véritables ruptures de tendance. Les marchés des commodités évoluent ainsi dans une zone d'équilibre instable, où la prudence reste de mise face aux incertitudes macroéconomiques mondiales. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO