Sous l'effet d'un dollar redevenu valeur refuge et d'anticipations d'une politique monétaire américaine toujours restrictive, le dirham a cédé du terrain face au billet vert sur la semaine, malgré une détente graduelle de la liquidité sur le marché domestique. Dans un environnement jugé plus volatil, Attijari Global Research privilégie une couverture des opérations à court horizon et maintient ses niveaux cibles à 1, 2 et 3 mois. Le marché des changes a refermé la semaine du 16 au 20 février sur un signal clair. Le dollar reprend de l'ascendant face au dirham, moins par un mouvement propre au marché local que par un choc venu de l'international, dans un climat où la géopolitique réactive les réflexes de valeur refuge et où les banques centrales entretiennent l'incertitude. Un dirham bousculé par l'effet panier La paire USD/MAD s'est appréciée de +0,31% pour s'établir à 9,1729. Dans le même temps, le dirham a plutôt gagné du terrain face à plusieurs devises du panier de référence, avec un EUR/MAD en repli de -0,50% à 10,7926, un JPY/MAD de -0,97% à 5,9027, un GBP/MAD de -0,78% à 12,3570 et un CHF/MAD de -0,50% à 11,8260. Le CAD/MAD recule aussi légèrement de -0,23% à 6,7019. Autrement dit, la pression observée sur le billet vert ne dit pas tout d'un mouvement généralisé contre le dirham, elle reflète surtout la dynamique du dollar cette semaine. Dollar refuge, données solides et risque géopolitique Le moteur principal se lit dans l'évolution de l'EUR/USD, en baisse de -0,71% à 1,1784. Dans l'analyse d'Attijari Global Research, le dollar a profité d'un faisceau de signaux favorables, à commencer par des statistiques américaines jugées solides, avec des nouvelles demandes d'allocations chômage à 206.000 contre 229.000 une semaine plus tôt. À cela s'ajoute une toile de fond plus nerveuse, marquée par la persistance des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, qui renforce l'attrait du billet vert en période d'aversion au risque. Ce contexte réoriente aussi les anticipations de politique monétaire. Le document souligne que les minutes du FOMC confortent l'idée d'une posture restrictive en 2026, tandis que le marché continue de n'intégrer que deux baisses de 25 points de base, désormais davantage attendues en juillet puis en octobre, selon l'outil CME FedWatch mentionné dans la note. Liquidité, détente progressive mais insuffisante Sur le marché domestique, l'évolution de l'USD/MAD s'explique par deux forces. L'effet panier pèse à hauteur de +0,51% contre le dirham, tiré par l'appréciation du dollar sur le marché international. En face, l'effet liquidité ressort à -0,20%, ce qui traduit un allégement progressif des conditions de liquidité sur le marché interbancaire des changes, sans réussir à inverser la tendance. Dans cette logique, les spreads de liquidité se détendent de 19,3 points de base pour s'établir à 2,84% sur la semaine. Trois mois, un horizon de prudence Dans un environnement qualifié de plus volatil, la recommandation d'AGR est explicite, couvrir les opérations sur des horizons de 1 à 3 mois. Les niveaux cibles annoncés pour l'USD/MAD sont maintenus à 9,25 à un mois, 9,26 à deux mois et 9,31 à trois mois, pour un spot à 9,17. Pour l'EUR/MAD, les cibles ressortent à 10,80, 10,82 et 10,88 contre un spot à 10,79. Le scénario central repose sur une légère appréciation de l'euro face au dollar à l'horizon trois mois, combinée à un resserrement graduel des spreads de liquidité du dirham. Entre Francfort et Washington, un marché en équilibre instable Côté zone euro, la note rappelle que les incertitudes autour de la présidence de la BCE entretiennent le débat sur la trajectoire future, dans un paysage d'indicateurs contrastés. Le PMI manufacturier de février repasse au-dessus de 50 à 50,8, tandis que l'indice ZEW recule à 39,4, signe d'un sentiment plus fragile. Résultat, le dirham évolue au croisement de deux lignes de force, la solidité du dollar alimentée par le risque et les données, et la normalisation progressive de la liquidité locale. Tant que la géopolitique impose sa prime, la couverture redevient une discipline, pas une option.