Créée fin 2025, AXA Afrique Atlantique assume une entrée en scène par la structuration plutôt que par l'expansion. Depuis Casablanca, la nouvelle région qui fédère le Maroc, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Gabon cherche à transformer cinq marchés en une plateforme intégrée, en misant sur une gouvernance renforcée, des fonctions mutualisées et un virage data et intelligence artificielle appelé à irriguer la tarification, le risque, les sinistres et la relation client à l'horizon 2030. Créée fin 2025 autour de cinq marchés, le Maroc, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Gabon, AXA Afrique Atlantique a consacré sa première année à la structuration. Pilotée depuis Casablanca, la région veut accélérer sur une base de gouvernance renforcée, de fonctions mutualisées et d'une transformation portée par la donnée et l'intelligence artificielle. Une région construite avant d'être accélérée La trajectoire repose sur une séquence assumée. La première année n'est pas décrite comme une phase d'expansion, mais comme une consolidation stratégique, avec un objectif explicite, poser les fondations d'un modèle régional intégré, capable d'allier ancrage local, solidité institutionnelle et standards internationaux. Dans cette logique, l'installation du pilotage régional et du Comité exécutif au Maroc positionne Casablanca comme centre stratégique. AXA Afrique Atlantique met en avant une promesse très opérationnelle, mutualiser les expertises, harmoniser les pratiques et accélérer les prises de décision, tout en respectant les spécificités de chaque marché. Gilles Fromageot, directeur général d'AXA Afrique Atlantique, affirme que «nous avons choisi de consacrer la première année à structurer la région, en posant des fondations communes et une organisation lisible, afin de pouvoir accélérer durablement sur chacun de nos marchés». Casablanca comme base industrielle et organisationnelle L'ancrage marocain n'est pas seulement un point de pilotage. Aujourd'hui, ils sont plus de 7.000 collaborateurs au Maroc, au sein d'AXA Assurance Maroc, AXA Services Maroc et AXA GBS Maroc, ce qui positionne le groupe parmi les principaux employeurs privés du secteur financier dans le pays. Cette masse critique sert un double objectif, disposer d'un socle de compétences pour porter des fonctions régionales, et rapprocher les standards internationaux d'une exécution locale. En même temps, le déploiement de Centres de services partagés couvrant plusieurs fonctions clés doit optimiser les ressources, élever le niveau d'expertise et garantir une cohérence opérationnelle entre les marchés. Cette structuration ouvre un terrain plus offensif sur le segment entreprise. AXA Afrique Atlantique indique avoir mis en place une organisation centralisée du marché de l'entreprise au bénéfice des clients panafricains et multinationaux, tout en s'appuyant sur le partage de solutions éprouvées en assurance des particuliers. La région présente ce dispositif comme une plateforme d'accélération, désormais adossée à une organisation robuste, tournée vers l'innovation et la performance durable. Gilles Fromageot assure que «notre ambition à l'horizon 2030 repose sur un équilibre entre performance économique, maîtrise des risques et innovation, avec une exigence de gouvernance plus forte pour accompagner la croissance». Gouvernance renforcée et virage piloté par la donnée L'assureur insiste sur la consolidation d'un cadre de gouvernance et de contrôle, dans un environnement réglementaire et concurrentiel plus exigeant. Les fonctions de Conformité, de Contrôle interne, de Risk Management et de Sécurité ont été structurées autour d'équipes dédiées dans chaque pays, coordonnées et supervisées au niveau régional. L'organisation centralisée doit garantir des standards homogènes, améliorer l'anticipation des risques et renforcer la protection des données à l'échelle des cinq entités, avec une idée simple, la solidité institutionnelle devient un prérequis à la croissance. L'autre pilier est technologique et opérationnel. AXA Afrique Atlantique assume une transformation vers un modèle piloté par la donnée, où la donnée et l'intelligence artificielle structurent désormais la tarification, l'analyse des risques, la gestion des sinistres et la relation client. Sur l'assurance automobile, le dossier cite le lancement d'une nouvelle plateforme de gestion des sinistres, enrichie par des solutions d'intelligence artificielle générative, présentée comme un premier résultat tangible de cette transformation. Gilles Fromageot affirme que «la donnée et l'intelligence artificielle deviennent une colonne vertébrale de nos métiers, de la tarification à la gestion des sinistres, avec l'objectif d'améliorer l'expérience client et la qualité de décision». Un référentiel mondial mobilisé à l'échelle régionale La Vision 2030 est aussi replacée dans l'échelle du groupe. Il est à rappeler qu'AXA est un leader mondial de l'assurance et de la gestion d'actifs, avec 149.000 collaborateurs au service de 95 millions de clients dans 50 pays. En 2021 le groupe a réalisé un chiffre d'affaires IFRS de 99,9 milliards d'euros, un résultat opérationnel de 6,8 milliards d'euros et 1.051 milliards d'euros d'actifs sous gestion à fin 2021. Cette profondeur industrielle et financière est présentée comme un réservoir de normes, de méthodes et de solutions qui peuvent être déployées dans les marchés d'Afrique Atlantique. Au Maroc, AXA Assurance Maroc est l'un des leaders de l'assurance dommage et de l'épargne, au service de près de 2 millions de clients via un réseau d'agents généraux et d'intermédiaires. L'assureur a enregistré un chiffre d'affaires de 6 320 millions de dirhams et 26,4 milliards de dirhams d'actifs gérés. À l'horizon 2030, AXA Afrique Atlantique cherche ainsi à transformer un choix d'organisation en avantage de marché, faire converger gouvernance, mutualisation et transformation portée par la donnée pour améliorer la cohérence opérationnelle et renforcer l'expérience client, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Sanae Raqui / Les Inspirations ECO