Le projet de Schéma Régional du Littoral (SRL) de la région de Guelmim-Oued Noun donne un avant-gout de la nouvelle approche dans la territorialisation de la politique nationale de gestion intégrée du littoral. Le ministère de la Transition énergétique appelle à accélérer la mise en œuvre de ces mécanismes tout en renforçant la coordination entre toutes les parties prenantes concernées. Le ministère de la Transition Energétique et du Développement Durable a organisé, le 25 février 2026 à Rabat, la réunion de la Commission Nationale de la Gestion Intégrée du Littoral (CNGIL), conformément aux dispositions de la loi n° 81-12 relative au littoral. La réunion a été consacrée à l'examen du projet de Schéma Régional du Littoral (SRL) de la région de Guelmim-Oued Noun, en vue d'achever sa procédure d'adoption. Déjà approuvé par la Commission Régionale de Gestion Intégrée du Littoral (CRGIL), ce projet constitue le premier Schéma Régional du Littoral soumis à la CNGIL, marquant ainsi une étape décisive dans la territorialisation de la politique nationale de gestion intégrée du littoral. L'élaboration de ce schéma s'inscrit dans le cadre de la déclinaison territoriale des orientations stratégiques et des objectifs du Plan National du Littoral, en tenant compte des potentialités spécifiques et des défis propres à la région. Il vise l'adoption d'une approche intégrée fondée sur la protection, la réhabilitation et la préservation du littoral, appuyée par un plan d'action structuré et des mécanismes de suivi et d'évaluation basés sur des indicateurs mesurables. Progrès La réunion a également examiné le projet de rapport relatif à l'état d'avancement de la mise en œuvre du Plan National du Littoral et des Schémas Régionaux du Littoral. Elaboré en collaboration avec les parties prenantes concernées, ce rapport met en exergue les progrès réalisés en matière d'opérationnalisation de la loi relative au littoral et d'exécution du PNL et des SRL, à travers la mise en œuvre coordonnée des différentes stratégies, plans et programmes sectoriels. Lors de son intervention, Leila Benali a souligné que le littoral national marocain, compte tenu de son riche potentiel naturel et économique, et en tant que levier stratégique contribuant à plus de 83 % du produit intérieur brut et accueillant plus de la moitié de la population du Royaume, nécessite l'adoption d'une approche intégrée et durable conciliant les besoins de développement et la protection des écosystèmes. À cet égard, la ministre a rappelé les hautes instructions royales contenues dans le discours du 10 octobre 2025, concernant la mise en œuvre optimale et efficace des mécanismes de développement durable pour le littoral national, y compris la loi sur le littoral et le plan national du littoral. Protection Elle a en outre noté que, malgré les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la politique nationale de gestion intégrée et durable des côtes, notamment grâce au renforcement du cadre législatif et à la mise au point d'outils de planification, il faudrait accélérer la mise en œuvre de ces mécanismes tout en renforçant la coordination entre toutes les parties prenantes concernées. Il est à rappeler que le Plan National du Littoral, élaboré pour une période de dix ans et approuvé par décret en 2022, a permis de définir les orientations stratégiques et les objectifs généraux en matière de protection, de mise en valeur et de conservation du littoral, faisant de ce dernier un levier de développement durable et de prospérité pour le Royaume. Cette réunion, présidée par la ministre Leila Benali, a vu la présence des membres de la Commission Nationale de la Gestion Intégrée du Littoral ; des représentants les ministères et institutions publiques concernés ; les conseils des régions littorales, ainsi que les instituts et organismes de recherche, en plus des instances professionnelles compétentes, ou encore la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement, et les associations actives dans le domaine de la protection du littoral. Surveillance du Littoral marocain : place aux drones ! Le Maroc déploie la technologie des drones pour surveiller son littoral et anticiper les risques d'érosion et de submersion. Le programme, piloté par la Direction des ports et du domaine public maritime, concentre ses efforts sur quatre zones stratégiques : l'Oriental, TangerTétouan Al Hoceima, RabatSaléKénitra et CasablancaSettat, où la pression urbaine et l'exposition aux tempêtes sont les plus fortes. Dotés de caméras haute résolution (6 cm par pixel), les drones produisent des cartographies 3D ultraprécises. Elles permettent de mesurer le déplacement du sable, l'érosion des falaises et l'évolution des plages, et de comparer ces données avec les relevés antérieurs. Les informations servent à planifier la construction de digues, la restauration de dunes ou la reforestation littorale, tout en sécurisant les zones habitées et touristiques. Le budget initial du projet est de 500 000 DH, et les données seront archivées pendant cinq ans, constituant un référentiel scientifique pour les décisions futures. Avec plus de 3 500 km de côtes à protéger, le recours aux drones illustre la volonté du Maroc de passer d'une gestion réactive à une approche préventive, combinant innovation technologique et développement durable. Abdellah Benahmed / Les Inspirations ECO