Le retour des fortes précipitations va permettre au Royaume de sécuriser pour au moins un à deux ans de production hydroélectrique. Une bonne nouvelle pour renforcer la production d'énergies propres, dans un contexte de menaces sur les importations énergétiques. Selon la H2Global Foundation, le Maroc fait partie des pays africains les plus en mesure de développer une économie nationale de l'« hydrogène vert», aux côtés de l'Egypte, de la Namibie ou encore de l'Afrique du Sud. Le Maroc confirme son statut de leader africain de l'hydrogène vert. Selon la H2Global Foundation, le royaume figure parmi les pays « front runners », les plus avancés dans le développement de cette filière stratégique, grâce à ses ressources solaires et éoliennes abondantes, ses infrastructures industrielles et sa vision politique ambitieuse. Le potentiel est colossal. Les vastes zones désertiques du sud offrent un ensoleillement annuel moyen supérieur à 3 000 heures, tandis que le littoral atlantique et saharien bénéficie de vents constants, propices à l'énergie éolienne. Selon les projections du rapport H2Global, ces ressources pourraient permettre au Maroc de produire plus de 1,2 million de tonnes d'hydrogène vert par an d'ici 2030, soit l'équivalent énergétique de plusieurs centrales thermiques traditionnelles. Emplois Côté investissements, le royaume ne laisse rien au hasard. 300 000 hectares de terrains publics ont été réservés à des consortiums nationaux et internationaux pour le développement de plateformes intégrées d'hydrogène, d'ammoniac vert et de carburants synthétiques. Les projets incluent des montants de l'ordre de 13 milliards de dollars pour des initiatives industrielles à grande échelle, dont celles de l'OCP Group, visant la production d'un million de tonnes d'ammoniac vert d'ici 2027. La dimension sociale est également prise en compte. Ces projets devraient générer plus de 10 000 emplois directs et plusieurs dizaines de milliers d'emplois indirects, principalement dans l'ingénierie, la maintenance industrielle et la logistique. Des programmes de formation spécialisés sont déjà en cours pour préparer une main-d'œuvre qualifiée capable de soutenir cette filière naissante. Approche intégrée Sur le plan logistique, le Maroc exploite ses infrastructures portuaires stratégiques. Les ports de Nador West Med et Dakhla Atlantic sont adaptés à l'exportation de l'ammoniac et l'hydrogène, assurant un pont énergétique vers l'Europe, premier marché cible. Cette stratégie pourrait faire du royaume un hub régional capable de rivaliser avec les acteurs européens et moyen-orientaux. Le rapport H2Global souligne que cette avancée repose sur une approche intégrée et pragmatique : alliances public-privé, sécurité de la demande grâce aux grands consommateurs locaux et positionnement sur des corridors d'exportation. Cette combinaison rend le Maroc particulièrement attractif pour les investisseurs internationaux, en réduisant les risques liés à la filière et en offrant un cadre stable pour la croissance du secteur. Le développement de l'hydrogène vert au Maroc se concrétise progressivement à travers une série de projets industriels portés par des consortiums internationaux et des acteurs nationaux. Au cœur de cette stratégie figure l'initiative gouvernementale baptisée « Offre Maroc », destinée à attirer les investisseurs et à organiser la future filière industrielle de l'hydrogène. Ces projets qui structurent l'offre nationale Plusieurs projets pilotes sont aujourd'hui à l'étude dans les régions du sud du pays, notamment dans les zones disposant d'un fort potentiel solaire et éolien. L'un des programmes les plus avancés prévoit l'installation d'un électrolyseur d'environ 100 MW alimenté par des centrales renouvelables hybrides, avec une production estimée à près de 10 000 tonnes d'hydrogène vert par an. Cette production serait principalement transformée en ammoniac vert destiné à l'exportation. Au total, les projets identifiés dans le cadre de la stratégie nationale pourraient mobiliser à long terme plus de 300 milliards de dirhams d'investissements. L'objectif est de créer de véritables pôles industriels intégrant production d'électricité renouvelable, électrolyse de l'eau et transformation chimique. À terme, ces plateformes énergétiques pourraient positionner le Maroc comme l'un des principaux fournisseurs d'hydrogène vert pour l'Europe, tout en alimentant une nouvelle industrie locale liée à la transition énergétique. Abdellah Benahmed / Les Inspirations ECO