Maroc Telecom s'apprête à renouveler son programme de rachat d'actions dans un format plus ambitieux, avec une capacité d'intervention portée à 255 millions de dirhams. Présenté comme un mécanisme destiné à soutenir la liquidité du titre, ce dispositif prend place dans un contexte de double cotation où Casablanca concentre l'essentiel des échanges. Maroc Telecom s'apprête à soumettre à son assemblée générale ordinaire du 26 mars 2026 un nouveau programme de rachat de ses propres actions, destiné à favoriser la liquidité du titre, en remplacement de celui autorisé en 2025. La notice d'information a été visée par l'AMMC. Un cadre plus large pour accompagner les échanges Le nouveau dispositif prévoit la possibilité pour Maroc Telecom de détenir jusqu'à 1,5 million d'actions, soit 0,17% du capital, avec un montant maximal d'intervention de 255 millions de dirhams (MDH). L'autorisation porterait sur 18 mois, du 10 avril 2026 au 9 octobre 2027. La fourchette d'intervention retenue fixe un prix maximum d'achat à 170 dirhams et un prix minimum de vente à 78 dirhams. Le financement sera assuré par la trésorerie disponible de la société, qui dépassait 341 MDH à fin décembre 2025. Si ce programme revêt une telle importance, c'est aussi parce que le titre IAM évolue sur deux places, Casablanca et Paris, avec des niveaux de profondeur très différents. Entre le 2 janvier 2025 et le 31 janvier 2026, plus de 69 millions d'actions ont été échangées à Casablanca, contre un peu plus de 726.000 à Paris. La moyenne quotidienne ressort ainsi à 258.805 actions sur la place casablancaise, contre seulement 2.642 à Paris. Cette asymétrie a nourri, par moments, un décalage de valorisation entre les deux marchés. En janvier 2025, l'écart moyen entre les deux cours a atteint 10,77 dirhams avant de se resserrer progressivement, pour revenir en fin d'année à des niveaux généralement inférieurs à 5%. Un mécanisme de liquidité L'objectif affiché est d'améliorer la fluidité des échanges. Un contrat de liquidité adossé au programme pourra porter sur 300.000 actions, soit 20% du total autorisé, dans un compte distinct. Son exécution devra répondre à des règles strictes d'indépendance, de présence sur le marché et d'encadrement du spread. Le calibrage retenu traduit aussi l'évolution récente du titre. À Casablanca, l'action a évolué entre 82,90 et 126,90 dirhams en clôture sur la période d'observation retenue pour fixer les bornes. Sur un an, elle a progressé de 29,1% à Casablanca et de 23,5% à Paris. IAM précise d'ailleurs que le prix plafond de 170 dirhams et le prix plancher de 78 dirhams ont été déterminés à partir d'un référentiel de six mois, sur la base des cours observés à Casablanca. Ce futur programme s'inscrit enfin dans une continuité : Maroc Telecom en est à son 19e dispositif de rachat depuis 2007. Au 31 janvier 2026, le groupe détenait déjà 159.795 actions propres. Reste qu'un tel mécanisme n'est pas neutre sur le plan comptable. Dans l'hypothèse extrême d'un achat au plafond de 170 dirhams et d'une revente au plancher de 78 dirhams sur le volume maximal autorisé, la moins-value potentielle pourrait atteindre 138 MDH. C'est dire qu'au-delà de son apparente technicité, ce programme relève d'un arbitrage précis entre animation boursière, discipline financière et qualité de marché.