Cinq zones industrielles stratégiques, de Kénitra à Nador en passant par Jorf Lasfar, ont été sélectionnées pour bénéficier d'un programme d'accompagnement de trois ans. Objectif : accélérer la mutation du tissu industriel vers l'économie circulaire et renforcer sa résilience face aux défis climatiques. Le Maroc industrialise sa transition écologique. Le ministère de l'Industrie et du Commerce, le Secrétariat d'Etat suisse à l'économie (SECO) et l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) ont officialisé, le 16 mars 2026 à Rabat, le lancement de la deuxième phase du Programme mondial pour les parcs éco-industriels (GEIPP II). Doté d'un budget de trois millions de francs suisses pour la période 2026-2028, ce nouvel accord ancre un peu plus le Maroc dans le cercle des pays engagés dans une refonte durable de leurs écosystèmes industriels. Cinq laboratoires de la décarbonation Loin d'une démarche de vitrine, le programme mise sur l'expérimentation à grande échelle. À l'issue d'un appel à manifestation d'intérêt rigoureux, cinq zones industrielles ont été retenues pour incarner cette nouvelle génération de parcs éco-industriels. La Zone franche de l'Atlantique de Kénitra, la zone industrielle de Jorf Lasfar, les zones Tassila I et II d'Agadir, le parc d'Aïn Johra à Khémisset et la zone de Selouane à Nador bénéficieront d'un accompagnement sur mesure pour trois ans. Le choix de ces sites n'est pas anodin. Il couvre à la fois les grands hubs industriels émergents, les zones d'activité historique et les territoires en reconversion, traduisant la volonté des pouvoirs publics d'embrasser l'ensemble du tissu productif national. Concrètement, le programme vise à déployer les principes de l'économie circulaire au cœur des process industriels : optimisation de l'utilisation des ressources, développement de synergies inter-entreprises (mutualisation des déchets, des énergies, des flux logistiques) et réduction de l'empreinte carbone. L'enjeu est double : environnemental, bien sûr, mais aussi économique, avec une amélioration attendue de la compétitivité des entreprises grâce à une maîtrise accrue de leurs consommations. Un partenariat stratégique consolidé Le GEIPP II ne naît pas ex nihilo. Il vient capitaliser sur les acquis du Programme de partenariat pays signé entre l'ONUDI et le ministère de l'Industrie, ainsi que sur les enseignements de la phase pilote «EIP light touch» menée au Maroc. L'expérience accumulée dans les autres pays du programme (Colombie, Pérou, Ukraine, Vietnam, Afrique du Sud) nourrira également le déploiement marocain. Au-delà de l'accompagnement technique des cinq zones pilotes, l'ambition est de structurer un véritable écosystème national des parcs éco-industriels. Le programme travaillera en synergie avec les politiques publiques existantes et s'articulera avec les initiatives d'autres partenaires techniques et financiers actifs au Maroc, notamment la Banque mondiale et la GIZ allemande. La dimension sociale du développement est également intégrée, avec une attention particulière portée aux besoins des territoires d'accueil. Un atout compétitif dans la compétition mondiale Derrière les objectifs affichés de réduction de l'empreinte climatique et de renforcement de la résilience face au changement climatique, c'est bien un enjeu de positionnement stratégique qui se joue. Alors que les chaînes de valeur mondiales – et particulièrement européennes – intègrent des exigences environnementales de plus en plus strictes, la capacité du Maroc à offrir des zones industrielles décarbonées et éco-efficientes devient un argument différenciant majeur pour capter les investissements internationaux. La signature de cet accord intervient dans un contexte où la compétitivité industrielle ne se joue plus seulement sur les coûts, mais aussi sur la durabilité des modèles de production. En s'engageant résolument dans la voie des parcs éco-industriels, le Maroc montre clairement son engagement à conjuguer performance économique et responsabilité environnementale. La cérémonie du 16 mars, qui a réuni l'ensemble des parties prenantes, marque ainsi le coup d'envoi d'un chantier qui, sur trois ans, devrait contribuer à façonner l'industrie nationale de demain. Les cinq zones pilotes du GEIPP II Zone franche de l'Atlantique (Kénitra) Zone industrielle de Jorf Lasfar (El-Jadida) Zones industrielles Tassila I et II (Agadir) Parc d'Aïn Johra (Khémisset) Zone industrielle de Selouane (Nador)