À Marrakech, la question de la mobilité ne se limite plus au transport : elle devient un levier stratégique de transformation économique pour tout un continent. À quelques semaines de l'ouverture de GITEX Africa Morocco, les signaux sont clairs : l'Afrique entre dans une phase d'accélération où véhicules électriques, intelligence artificielle et infrastructures intelligentes redéfinissent les équilibres industriels. Les projections donnent le ton. Le marché africain des véhicules électriques devrait atteindre 28,3 milliards de dollars d'ici 2030, en forte progression par rapport aux 17,41 milliards attendus dès 2025. Une croissance rapide, mais conditionnée à un facteur clé : la capacité des pays à structurer des écosystèmes complets autour de la mobilité durable. Dans ce contexte, GITEX Africa Morocco s'impose comme un catalyseur. L'événement, prévu du 7 au 9 avril 2026 à Marrakech, dépasse le cadre d'un simple salon technologique. Il devient un point de convergence entre gouvernements, industriels, investisseurs et startups, tous engagés dans la construction des futures infrastructures de transport du continent. Sur le terrain, les transformations sont déjà visibles. Véhicules électriques, plateformes de mobilité intelligente, logistique pilotée par l'intelligence artificielle : ces technologies ne sont plus expérimentales, elles entrent progressivement dans les usages. La présence d'acteurs majeurs comme Hyundai, Tesla ou encore BYD illustre l'intérêt croissant des leaders mondiaux pour le marché africain, désormais perçu comme un territoire d'expansion stratégique. Hyundai, partenaire officiel du transport de cette édition, met notamment en avant sa gamme IONIQ, symbole de sa stratégie tournée vers une mobilité à la fois durable et connectée. À ses côtés, une diversité d'acteurs – constructeurs, opérateurs de mobilité, startups technologiques – dévoileront des solutions couvrant toute la chaîne, de la production à l'usage. Mais derrière cette dynamique, un défi structurel se dessine : celui de l'urbanisation. D'ici 2050, la population africaine devrait atteindre 2,5 milliards d'habitants, avec une concentration massive dans les zones urbaines. Cette pression démographique impose une transformation rapide des systèmes de transport, sous peine de saturation des infrastructures existantes. Le secteur du transport pourrait ainsi croître entre 6 % et 8 % par an jusqu'en 2040, à condition de mobiliser jusqu'à 150 milliards de dollars d'investissements annuels. Une équation qui place la mobilité au cœur des priorités économiques et politiques du continent.