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Hydrocarbures : un répit sans effet immédiat
Publié dans Les ECO le 10 - 04 - 2026

L'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines au Moyen-Orient, avec la réouverture du détroit d'Ormuz, a immédiatement fait retomber la tension sur les marchés pétroliers. Le Brent et le WTI ont ainsi décroché de plus de 14% dans les échanges. Mais cette détente, aussi spectaculaire soit-elle, ne signifie pas pour autant une baisse rapide des prix des carburants au Maroc, où le gazole et l'essence restent à des niveaux élevés.
Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. C'est le principal enseignement de la détente observée au Moyen-Orient. Si les marchés ont réagi comme ils le font dans toute séquence de choc géopolitique, l'impact sur l'économie réelle, lui, risque de se faire attendre.
Dans la foulée de l'annonce d'une trêve et de la réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour une part significative du brut mondial, les cours du pétrole ont brusquement reflué. Le West Texas intermediate (WTI), référence américaine, est repassé sous le seuil des 100 dollars, à 95,55 dollars, tandis que le Brent, référence internationale, cédait jusqu'à 14,4%, autour de 93 dollars le baril. Si le signal est fort, il ne doit pas être interprété trop rapidement comme le début d'un retour à la normale.
Pas de baisse à l'horizon
Car entre la détente des cours et une baisse visible dans les stations-service, le chemin est plus long qu'il n'y paraît. Les prix à la pompe ne reflètent pas instantanément les mouvements du brut. Le consommateur voit le Brent reculer et s'attend à un ajustement mécanique à la pompe. Or, la formation du prix final dépend d'un enchaînement plus lent. Ainsi, les quinze prochains jours devraient encore refléter des approvisionnements négociés pendant la phase la plus tendue du conflit. Dans ces conditions, l'hypothèse la plus crédible n'est pas celle d'un recul net, mais plutôt d'une stabilisation à un niveau élevé.
C'est ce qu'affirme Mostafa Labrak, directeur général d'Energysium consulting et expert en énergie. «La détente observée sur les cours reste fragile. Elle traduit une respiration du marché, non une disparition du risque. Les fondamentaux, eux, demeurent dégradés : incertitude sur l'offre, vulnérabilité persistante des routes maritimes, lente normalisation des flux et maintien d'une prime de risque géopolitique. En d'autres termes, le marché a salué un apaisement, mais il continue de douter de sa solidité. Un cessez-le-feu de quinze jours peut faire reculer la panique, mais il ne suffit pas, à lui seul, à restaurer un équilibre durable sur le pétrole», insiste-t-il.
Toutefois, la première conséquence concrète de l'accord pourrait être le déblocage progressif des navires restés coincés au moment des frappes dans la zone du détroit d'Ormuz. Les flux de brut sont généralement les premiers à repartir, surtout lorsque les infrastructures lourdes ont été relativement épargnées. Mais repartir ne veut pas dire retrouver immédiatement le niveau d'avant-crise. Plusieurs producteurs de la région ont fortement ralenti, voire suspendu une partie de leur production, faute de débouchés logistiques ou de capacités de stockage suffisantes.
Une flambée qui ravive la pression sociale
Pour le Maroc, cette nuance est décisive. Le pays subit déjà les effets de deux hausses successives à la pompe. Le gazole dépasse désormais 14,50 dirhams le litre, tandis que l'essence a franchi les 15,50 DH. À ces niveaux, la question ne concerne plus seulement les automobilistes. Elle touche directement le coût du transport, celui de la distribution, la logistique des entreprises, l'activité de nombreux secteurs productifs et, in fine, le pouvoir d'achat. C'est dans ce contexte que les syndicats montent au créneau.
La hausse des carburants concentre les revendications. Ils appellent à des mesures plus offensives pour soutenir le pouvoir d'achat, quitte à adopter une loi de finances rectificative. Leurs demandes portent également sur un allégement progressif de la TVA sur les produits essentiels, sur une baisse de la taxe intérieure de consommation, ainsi que sur l'adoption d'un mécanisme de plafonnement des prix et d'un encadrement des marges.
L'UMT réclame aussi un renforcement de la lutte contre les pratiques spéculatives et une mobilisation accrue du Conseil de la concurrence. En filigrane, une idée s'impose : lorsque le pétrole s'emballe, la question énergétique se transforme rapidement en question sociale. Ces pistes, cependant, ouvrent elles-mêmes un débat économique. Réduire la fiscalité sur les carburants peut alléger la pression à court terme, mais au prix d'un manque à gagner budgétaire dans un contexte où les équilibres publics restent contraints. Encadrer les marges ou plafonner les prix peut répondre à l'urgence sociale, mais suppose, pour être efficace, une grande transparence sur la formation des prix et un contrôle crédible des acteurs du marché.
Autrement dit, l'épisode actuel ravive un vieux débat : comment protéger les ménages sans créer de déséquilibres supplémentaires ni substituer au choc pétrolier un autre coût, budgétaire celui-là ? Un autre impératif s'impose également : diversifier les sources d'énergie, accélérer les capacités nationales dans les renouvelables et réduire, à terme, la sensibilité de l'activité domestique aux soubresauts des marchés fossiles. La baisse récente du Brent ne doit donc pas être lue comme une bonne nouvelle en soi, mais comme un répit sous conditions. Tant que la stabilité géopolitique restera précaire et que les flux régionaux ne retrouveront pas un rythme normal, l'espoir d'une détente franche à la pompe restera limité.
Mostafa Labrak
Directeur général d'Energysium consulting et expert en énergie
«La détente observée sur les cours reste fragile. Elle traduit une respiration du marché, non une disparition du risque. Les fondamentaux, eux, demeurent dégradés : incertitude sur l'offre, vulnérabilité persistante des routes maritimes, lente normalisation des flux et maintien d'une prime de risque géopolitique. En d'autres termes, le marché a salué un apaisement, mais il continue de douter de sa solidité. Un cessez-le-feu de quinze jours peut faire reculer la panique, mais il ne suffit pas, à lui seul, à restaurer un équilibre durable sur le pétrole.»
Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO


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