Profiter de l'innovation pour mieux répondre aux défis environnementaux. C'est dans ce cadre que le GITEX Africa 2026 a accueilli plusieurs startups spécialisées dans les solutions environnementales. Objectif : permettre au Royaume de mieux répondre aux défis environnementaux. À Marrakech, la grand-messe technologique GITEX Africa 2026 a confirmé, une fois encore, l'ambition du Maroc de se positionner à la croisée des transitions numérique et écologique. Loin d'être un simple salon dédié aux startups, l'événement s'impose désormais comme une plateforme stratégique où se redessinent les réponses africaines aux défis climatiques, énergétiques et urbains. Dans un contexte marqué par un stress hydrique structurel et une volatilité climatique accrue, le recours aux technologies numériques apparaît comme un levier de plus en plus central. L'intelligence artificielle, l'Internet des objets (IoT) ou encore le big data sont désormais mobilisés pour optimiser la gestion des ressources naturelles. À Marrakech, plusieurs démonstrations ont illustré l'usage de capteurs intelligents pour suivre en temps réel les niveaux des nappes phréatiques, ou encore anticiper les besoins en irrigation dans les zones agricoles. Smart Le Maroc, confronté à une succession d'années de sécheresse, accélère ainsi son virage vers des solutions dites «smart». Le déploiement de plateformes numériques dans la gestion de l'eau s'inscrit en complément des investissements lourds, notamment dans le dessalement. Cette hybridation entre infrastructures physiques et intelligence numérique constitue l'un des marqueurs forts de la stratégie nationale d'adaptation climatique. Au-delà de l'eau, c'est l'ensemble de la matrice énergétique qui est concerné. Les discussions tenues en marge du GITEX ont mis en avant le rôle des technologies dans l'optimisation des réseaux électriques, en particulier avec l'intégration croissante des énergies renouvelables. Le Maroc, déjà engagé dans une trajectoire volontariste avec des projets solaires et éoliens d'envergure, cherche désormais à améliorer l'efficacité de ses systèmes grâce à des outils de pilotage avancés. L'objectif est double : réduire les pertes énergétiques et renforcer la résilience face aux chocs exogènes. Ecosystème La mobilité durable a également occupé une place notable dans les échanges. Startups et grands groupes ont présenté des solutions de gestion intelligente du trafic urbain, visant à réduire les émissions de CO2 dans les grandes agglomérations comme Casablanca ou Rabat. À travers l'analyse des flux en temps réel, ces outils permettent d'optimiser les trajets, de limiter les embouteillages et, in fine, de contenir l'empreinte carbone des villes. Mais au-delà des cas d'usage, le GITEX révèle surtout une évolution plus profonde : celle d'une convergence accéléréex entre politiques publiques, innovation privée et financements internationaux. L'écosystème marocain, soutenu par des institutions comme le Conseil économique, social et environnemental (CESE), tend à structurer une approche intégrée de la transition écologique, où la donnée devient un actif stratégique. Financements Cette dynamique s'inscrit également dans une logique continentale. En accueillant un événement de cette envergure, le Maroc se positionne comme un hub africain de la tech verte, capable d'exporter des solutions adaptées aux réalités du Sud. Les enjeux sont considérables : urbanisation rapide, vulnérabilité climatique, déficit d'infrastructures. Dans ce contexte, les innovations présentées à Marrakech pourraient trouver des débouchés bien au-delà des frontières nationales. Reste que cette ambition soulève plusieurs défis. L'accès au financement pour les startups vertes demeure inégal, tandis que la question de la souveraineté des données environnementales commence à émerger. Par ailleurs, l'efficacité réelle de ces technologies dépendra de leur capacité à s'intégrer dans des politiques publiques cohérentes et à produire des résultats mesurables à court et moyen terme. Innovation En filigrane, le GITEX Africa 2026 a mis en lumière une conviction de plus en plus partagée : la transition écologique au Maroc ne se fera pas sans une transformation numérique en profondeur. À l'heure où le Royaume doit arbitrer entre contraintes budgétaires, impératifs sociaux et urgences climatiques, la technologie apparaît comme un accélérateur potentiel, mais non comme une solution miracle. Marrakech aura ainsi servi de vitrine, mais aussi de laboratoire. Un espace où s'expérimente, à l'échelle africaine, une nouvelle grammaire du développement, où l'innovation technologique et la durabilité environnementale cessent d'être des trajectoires parallèles pour devenir, progressivement, indissociables. Abdellah Benahmed / Les Inspirations ECO