Les bourses européennes ont ouvert mardi sur une note prudente, tandis que les cours du pétrole reculaient légèrement. Malgré l'incertitude géopolitique, les marchés restent portés par la liquidité abondante, la résilience des résultats trimestriels et le dynamisme du secteur technologique. Mardi à 7H45 GMT, Paris (-0,08%) et Londres (+0,07%) naviguaient de part et d'autre du point d'équilibre. Francfort (+0,64%) et Milan (+0,28%) s'engageaient franchement dans le vert. Boussoles des marchés et indicateurs des risques d'inflation, les cours du pétrole pointaient en légère baisse : à 7H30 GMT, le prix du baril de Brent de mer du Nord reculait de 0,38% à 95,12 dollars, tout comme celui du WTI américain (-0,55% à 89,12 dollars). Le doute plane sur une possible reprise des pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis, les deux pays multipliant menaces et déclarations belliqueuses. Entrée en vigueur le 8 avril, dans une guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient et ébranle l'économie mondiale, la trêve doit se conclure «mercredi soir, heure américaine», a affirmé Donald Trump. L'échéance était initialement prévue dans la nuit de mardi à mercredi, heure de Téhéran. Une résistance portée par la tech et la liquidité «L'humeur du marché est optimiste mardi», estime Kathleen Brooks, de la plate-forme d'investissements en ligne XTB, même si «les Etats-Unis et l'Iran ne sont pas parvenus à un accord sur la prolongation du cessez-le-feu actuel, qui expire demain». Selon elle, «les investisseurs hésitent à intégrer le pire scénario possible pour le conflit au Moyen-Orient, et le marché reste optimiste quant à une prolongation du cessez-le-feu au-delà de mercredi». Christopher Dembik, de la banque privée Pictet, identifie plusieurs facteurs derrière cette résistance : «Abondance de la liquidité, résultats trimestriels loin d'être mauvais y compris dans les secteurs plus vulnérables à la crise, conviction que l'inflation sera temporaire et que les banques centrales ne vont pas surréagir, lassitude des investisseurs concernant les soubresauts de la guerre en Iran.» L'Asie a terminé sa journée sur une note optimiste, notamment à Séoul, où l'indice phare Kospi a grimpé de 2,72%, clôturant à un niveau record, dopé par les valeurs technologiques (Samsung Electronics +2,10%, SK Hynix +4,97%) et effaçant les pertes entraînées précédemment par le conflit au Moyen-Orient. «Les valeurs technologiques apportent une ambiance positive et pleine d'espoir sur les marchés boursiers. En revanche, l'appétit pour les entreprises de l'ancienne économie diminue en raison de la situation toujours incertaine au Moyen-Orient», résume Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets. Sur ce marché des valeurs technologiques, la nouvelle du jour est l'annonce du départ en septembre du directeur d'Apple, Tim Cook, remplacé par un cadre-maison, John Ternus. «Les investisseurs veulent savoir si Ternus va se lancer dans la course à l'IA ou s'il suivra la voie tracée par Cook», affirme Kathleen Brooks. «Parmi toutes les entreprises des Sept magnifiques, Apple est considérée comme le maillon faible en matière de capacités d'IA, surtout en comparaison d'Amazon, Meta, Google et Microsoft». Le marché des taux obligataires à l'écoute de la Fed Sur le marché de la dette souveraine, les regards se tournent plus tard dans la journée vers l'audition par le Sénat américain du candidat qui a les faveurs du président américain pour remplacer Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed), Kevin Warsh. «Warsh a soutenu que les gains de productivité liés à l'IA pourraient contribuer à compenser l'inflation, permettant potentiellement à la Fed de réduire les taux malgré une poussée temporaire des prix liée à l'énergie», analyse Ipek Ozkardeskaya, pour Swissquote. «S'il maintient cette position, les rendements à court terme pourraient se détendre davantage, soutenant ainsi les actions.» En attendant, le taux des bons du Trésor américain à 10 ans affichait un rendement de 4,25%. En Europe, la référence, le «Bund» allemand à dix ans promettait un rendement de 2,98%, comme la veille. Le taux français reculait légèrement à 3,60%, contre 3,61% la veille. «Les craintes inflationnistes liées à la hausse de l'énergie persistent et pourraient limiter les marges de manœuvre des banques centrales», souligne le gestionnaire de fonds Aurel BGC.