La différence entre ce que coûte un salarié à son employeur et ce qu'il perçoit réellement a atteint son plus haut niveau depuis 2018 dans les pays de l'OCDE. Selon le rapport «Les impôts sur les salaires 2026» dévoilé mercredi, la hausse est particulièrement marquée pour les ménages avec enfants, qui voient leur avantage fiscal se réduire pour la deuxième année consécutive. En moyenne, un travailleur célibataire rémunéré au salaire moyen perd 35,1% de son coût total en prélèvements. Les taux effectifs d'imposition des revenus du travail ont augmenté dans les pays de l'OCDE en 2025, atteignant leur plus haut niveau depuis 2018, selon le rapport «Les impôts sur les salaires 2026» dévoilé mercredi. La hausse est particulièrement marquée pour les ménages avec enfants, qui voient leur avantage fiscal se réduire pour la deuxième année consécutive. En moyenne, le coin fiscal – qui mesure la différence entre le coût total pour l'employeur et le revenu net perçu par le salarié – s'établit à 35,1% dans la zone OCDE. Un coin fiscal en hausse dans la majorité des pays Le coin fiscal sur le travail est défini comme la somme des prélèvements sur les revenus du travail acquittés par les salariés et par les employeurs, minorée des prestations en espèces perçues par les familles qui travaillent, exprimée en pourcentage des coûts de main-d'œuvre. Un coin fiscal élevé tend à réduire les incitations à travailler et à embaucher, en diminuant la rémunération nette et en augmentant les coûts pour les employeurs. En 2025, le coin fiscal pour un travailleur célibataire rémunéré au salaire moyen a augmenté dans 24 des 38 pays de l'OCDE, a diminué dans 11 autres et est resté inchangé dans trois. Les écarts entre pays restent considérables : le coin fiscal pour cette catégorie de ménage s'échelonne de 0% en Colombie à 52,5% en Belgique. La moyenne OCDE s'établit à 35,1%, soit une hausse de 0,15 point de pourcentage par rapport à 2024. Les ménages avec enfants particulièrement touchés La hausse est encore plus marquée pour les familles. Pour un ménage avec deux enfants disposant d'un seul salaire égal au salaire moyen, le coin fiscal a augmenté de 0,46 point en moyenne, pour atteindre 26,2%. Cette augmentation a concerné 22 pays. Cette évolution a une conséquence directe : l'avantage fiscal dont bénéficient les familles qui travaillent s'est réduit de 0,31 point en 2025, soit la deuxième année consécutive de baisse. Autrement dit, les dispositifs fiscaux qui allègent la charge des parents travailleurs s'érodent progressivement dans l'ensemble de la zone OCDE. Des salaires réels en hausse, malgré une fiscalité plus lourde Le rapport révèle également une bonne nouvelle : les salaires ont augmenté en termes réels dans 35 des 38 pays de l'OCDE en 2025. Mieux encore, malgré des taux d'imposition plus élevés dans de nombreux pays, le revenu après impôt d'un travailleur célibataire rémunéré au salaire moyen a augmenté dans 28 pays. Cette hausse du pouvoir d'achat, combinée à une fiscalité alourdie, dessine un paradoxe apparent. En réalité, elle s'explique par une progression des salaires bruts suffisamment soutenue pour compenser, et même dépasser, l'augmentation des prélèvements. Reste à savoir si cette tendance pourra se poursuivre dans un contexte économique incertain. Globalement, le rapport de l'OCDE met en lumière un mouvement de fond : la fiscalité du travail s'est durcie dans la plupart des pays membres, avec un impact particulier sur les familles. Si les salaires réels ont progressé, préservant le pouvoir d'achat des travailleurs, la question de l'incitation à l'emploi reste posée. Un coin fiscal élevé peut en effet freiner les embauches et réduire l'attractivité du travail. Les gouvernements devront arbitrer entre la nécessité de financer les services publics et celle de maintenir des incitations suffisantes pour l'emploi.