En marge du SIAM 2026, le Maroc a réaffirmé sa volonté de faire de la coopération agricole Sud-Sud un levier stratégique au service de la souveraineté alimentaire, de la résilience climatique et de la modernisation des filières. Des échanges menés avec plusieurs partenaires africains, arabes et caribéens ont mis en lumière une convergence croissante autour d'enjeux agricoles communs. Le SIAM 2026 n'a pas seulement servi de vitrine aux enjeux agricoles du moment. En marge du salon, le Maroc a surtout mis en scène une ligne d'action de plus en plus lisible, celle d'une coopération agricole Sud-Sud articulée autour de la souveraineté alimentaire, de la résilience climatique et de la modernisation des filières. En recevant plusieurs ministres et responsables venus d'Afrique, du monde arabe et de la Caraïbe, Ahmed El Bouari a réaffirmé la volonté du Royaume d'inscrire ces partenariats dans une logique de transformation concrète et de bénéfice mutuel. Une convergence autour des priorités agricoles Lors de ces rencontres bilatérales organisées en marge de la 18e édition du Salon international de l'agriculture, le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a mis en avant plusieurs priorités communes avec les partenaires du Royaume. Il s'agit, notamment, de la sécurité alimentaire, du développement de l'élevage, de la modernisation des chaînes de valeur agricoles et de l'adaptation aux changements climatiques. Dans cette approche, Rabat défend une coopération fondée sur le partage d'expertises, le renforcement des capacités et la mise en place de partenariats opérationnels capables d'accompagner les transformations structurelles du secteur agricole à l'échelle du continent. Des partenariats tournés vers des besoins concrets Les échanges tenus à Meknès montrent aussi que cette coopération se construit sur des besoins techniques très identifiés. Le Mali, par la voix de son ministre de l'Elevage et de la Pêche, Youba Bah, a ainsi souligné la qualité des relations avec le Maroc et évoqué de nouvelles perspectives, notamment dans l'insémination artificielle des bovins et des équins. Bamako entend également avancer sur une feuille de route commune couvrant la période 2026-2028 afin de renforcer sa souveraineté alimentaire et nutritionnelle. La Côte d'Ivoire, de son côté, a exprimé sa volonté de s'inspirer de l'expérience marocaine dans plusieurs domaines agricoles. Même dynamique du côté de Sao Tomé-et-Principe, dont le ministre de l'Agriculture, des Pêches et du Développement rural a mis en avant l'intérêt de son pays pour l'expertise marocaine en matière de formation, de recherche, de gestion des ressources hydriques et de développement des filières agricoles et halieutiques. L'Ouganda a également salué l'esprit de solidarité qui sous-tend cette démarche marocaine de partage d'expériences avec les pays africains. Un ancrage africain, arabe et caribéen Au-delà du continent africain, le Maroc cherche aussi à élargir ce maillage de coopération. Les discussions avec le directeur général de l'Organisation arabe pour le développement agricole ont porté sur la mutualisation des efforts pour renforcer la souveraineté alimentaire régionale et promouvoir des systèmes agricoles durables et productifs. L'organisation a d'ailleurs relevé la convergence entre ses initiatives et les orientations de la stratégie Génération Green, présentée comme un cadre structurant du développement agricole. Des représentants de l'Organisation des Etats de la Caraïbe orientale ont, eux aussi, exprimé leur intérêt pour des partenariats techniques avec le Maroc, notamment sur la résilience agricole face au changement climatique.