Portée par une dynamique diplomatique et technique affirmée, la 18e édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) s'impose comme un carrefour stratégique de la coopération agricole Sud-Sud. À Meknès, le ministre de l'Agriculture, Ahmed El Bouari, a multiplié les rencontres bilatérales avec plusieurs homologues africains, arabes et caribéens, consolidant ainsi la place du Royaume comme acteur pivot d'une agriculture solidaire, innovante et tournée vers l'avenir. Ces échanges ont permis d'aligner les visions autour de priorités communes : sécurité alimentaire, modernisation des chaînes de valeur, développement de l'élevage et adaptation aux changements climatiques. Inscrite dans la vision stratégique de SM le Roi Mohammed VI, cette approche repose sur le partage d'expertises, le renforcement des capacités et la mise en œuvre de partenariats opérationnels, au service d'un développement agricole inclusif à l'échelle du continent. Au-delà de ces acquis, Bamako affiche des ambitions structurantes. « Nourrir le Mali et l'Afrique » constitue désormais un objectif central, adossé à un programme de 12 agropoles visant à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le ministre malien a également insisté sur les priorités à l'horizon 2030 : amélioration génétique, gestion des ressources hydriques, formation des acteurs et développement de l'alimentation du bétail, avec en ligne de mire l'autosuffisance alimentaire sur la prochaine décennie. Dans cette même logique, les discussions ont ouvert la voie à une nouvelle phase de coopération bilatérale, incluant un élargissement des programmes d'insémination aux bovins et aux équins, afin de soutenir également le développement de la filière chevaline au Mali. Une évolution qui témoigne de la maturité d'un partenariat appelé à se renforcer dans des secteurs à forte valeur ajoutée. Au-delà du Mali, le SIAM a servi de plateforme d'échanges élargie, de la Côte d'Ivoire à l'Ouganda, en passant par Sao Tomé-et-Principe et l'Organisation arabe pour le développement agricole. Tous ont exprimé leur volonté de s'inspirer de l'expérience marocaine, notamment en matière de stratégie agricole, de gestion des ressources et d'innovation. L'intérêt manifesté par les Etats de la Caraïbe orientale confirme, par ailleurs, l'extension de cette dynamique à une coopération multilatérale plus large. Dans un contexte mondial marqué par les tensions alimentaires et climatiques, le Maroc affirme ainsi une ligne claire : bâtir, avec ses partenaires, un modèle agricole résilient, durable et souverain. Une ambition qui dépasse les cadres bilatéraux pour s'inscrire dans une véritable diplomatie agricole, où l'expertise devient un levier d'influence et de co-développement.