L'INRA et l'AMAC ont signé, au SIAM 2026, à Meknès, une convention-cadre stratégique pour promouvoir l'agriculture de conservation au Maroc, dans un contexte marqué par la dégradation des sols, la rareté de l'eau et les effets du changement climatique. Au SIAM 2026, la question agricole ne se résume plus à produire davantage. Elle se joue désormais sur un autre terrain, celui de la préservation des sols, de la maîtrise de l'eau et de l'adaptation au changement climatique. C'est dans cette perspective que l'Institut national de la recherche agronomique et l'Association marocaine de l'agriculture de conservation ont officialisé, à Meknès, une convention cadre stratégique destinée à promouvoir l'agriculture de conservation au Maroc. Signé en marge de la 18e édition du Salon international de l'agriculture au Maroc, ce partenariat entend structurer la collaboration entre les deux parties pour renforcer la promotion, l'adoption et la diffusion de ces pratiques à l'échelle nationale. L'enjeu est de taille dans un contexte marqué par la dégradation des sols, la rareté de l'eau et les effets croissants du changement climatique, qui imposent désormais des réponses durables et concertées. L'agriculture de conservation comme réponse Au cœur de cette démarche, l'agriculture de conservation apparaît comme une voie de transformation progressive des systèmes de culture. Elle repose sur trois principes mis en avant par les signataires, à savoir la réduction du travail du sol, la couverture végétale permanente et la rotation des cultures. L'objectif est clair. Il s'agit d'améliorer la fertilité des sols, de limiter l'érosion, d'optimiser l'utilisation de l'eau et de renforcer la productivité agricole dans un cadre plus résilient. Dans le contexte marocain, ce choix n'a rien d'anecdotique. Il traduit la recherche de solutions capables de concilier rendement, préservation des ressources naturelles et adaptation à des contraintes climatiques de plus en plus fortes. La convention s'inscrit ainsi dans une logique de transition progressive vers des pratiques jugées plus durables pour l'avenir des territoires agricoles. Des parcelles pilotes à la formation des agriculteurs La convention prévoit plusieurs axes de travail communs. Les deux partenaires veulent promouvoir activement les pratiques de l'agriculture de conservation, mettre en place des parcelles pilotes dans différentes zones agro-écologiques du pays, renforcer les capacités des agriculteurs et des techniciens grâce à la formation et à la sensibilisation, faciliter les partenariats et projets de coopération, et concevoir ensemble des projets scientifiques et techniques au service des stratégies nationales d'agriculture durable. Cette feuille de route donne une place importante à l'expérimentation de terrain et à la diffusion des bonnes pratiques. Elle vise non seulement à tester des approches adaptées aux réalités locales, mais aussi à créer les conditions d'une montée en puissance progressive de l'agriculture de conservation au sein des exploitations et des coopératives. Dans cette architecture, l'AMAC est appelée à jouer un rôle central de relais de terrain. L'association mettra à contribution son réseau d'agriculteurs, son expertise technique et ses moyens logistiques afin d'accompagner les plateformes de recherche-développement conduites par l'INRA. De son côté, l'institut apportera son savoir-faire scientifique, ses études, ses analyses et la mobilisation de ses équipes de recherche pour assurer le suivi et l'évaluation des actions engagées.